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boulversé noir Comme quoi, un petit combat contre les goules et tout le monde est choqué ! Quelle bande de petites natures Donc un moment de repos après les galères ! Maintenant, on va revenir sur le commandant vu que l'armée ne bougera pas tant qu'il ne sera pas réveillé. Peut etre que le capitaine va prendre les choses en main, on ne sait pas ! Bon bah vivement qu'il rajeunisse @+ -= Inxi =-
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Apres des partiels, des interros, uen entorse, mon disque de dur qui a cassé ( ) J'ai enfin tout réinstaller dont word ! J'ai récupéré tout mon texte (heureusement qu'il y a le fofo ) Et j'ai écrit la suite parce que vous le valez bien Chapitre 20 -Foutez-moi la paix ! Cria Gerheim en se réveillant. Comme la dernière fois, il avait toujours cette même capuche sur la tête. En plus de la poussière, elle sentait maintenant le sang. Il comprit rapidement que c’était le sien et qu’ils n’avaient pas diversifié leurs outils de torture. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Pensa-t-il. Il se débattit mais ne fit que bouger la chaise sur laquelle il avait été fixé. Les liens frottaient contre ses poignets qui étaient maintenant à vifs. Il soupira. Quand viendrait le premier coup ? En bougeant chacune des parties de son anatomie, il se rendit vite compte que personne ne l’avait torturé pendant son inconscience. Gerheim retrouva son calme : pour l’instant, il ne semblait y avoir personne et il devrait en profiter pour essayer de s’échapper. Il tâta le tour de sa chaise avec ses pieds pour voir si quelque chose ne pourrait pas l’aider. Il entendit une sorte de murmure étouffé. Il cessa son geste. Se pouvait-il qu’ils soient autour de lui à l’espionner ? Commençant par le désespérer moralement avant de le torturer physiquement ? Il arrêta instantanément de bouger pour tenter de voir s’il avait raison. Il finit par s’écrier : -Je sais qu’il y a quelqu’un ! Aie le courage de dire que tu me regardes ! Un silence plus profond n’aurait pas été si silencieux que la réponse qui suivit. Gerheim se remit à tâtonner du pied, tant pis si on le regardait. Il ne trouva rien. -Vraiment pitoyable… Dit une voix derrière lui. Gerheim savait très bien qui c’était. Toujours aussi lâche pour l’attaquer dans le dos ou à tricher, comme lors du jeu près de la rivière. Comme d’habitude, le kidnappé se tut et ne répondit pas. Cela sembla agacé l’autre qui ne parla pas non plus. -Mes amis vont bientôt revenir, dit-il, avec de nouveaux objets à te faire découvrir… Malgré son ton cruel, Gerheim détecta une petite nuance : il y avait de la peur. Ses amis étaient sûrement en retard et cela l’inquiétait. Il n’eut pas le temps de plus y penser que l’autre se remit à parler. -Quelle bande d’incapables ! Je reviens tout de suite… Avec une pointe d’ironie, il dit : -Ne bouge pas ! Il passa très près de son captif et Gerheim entendit des pas accélérés et des bruits de froissements de vêtement puis son avancée fut de plus en plus distante et bizarrement, confiante. Gerheim soupira et se remit à tâtonner du pied. Il toucha quelque chose de liquide dont il était sûr que cela ne se trouvait pas là avant. Il le retira vivement en essayant d’imaginer ce qu’ils pouvaient mijoter avec cette flaque. Il réfléchit aux pires tortures mais ne comprit pas le pourquoi de cette petite mare. Il retira vivement ses pieds et les étira pour faire craquer son genou, séquelle temporaire de la dernière séance… Sa chaussure se posa alors sur un outil encore indéterminé. En le touchant du bout du pied, il put sentir que celui-ci n’était pas plus grand que sa main. Gerheim le tira vers lui ce qui le fit grincer sur le sol. La première chose qu’il pensa, fut qu’il espérait que le bruit n’avait alerté personne. La seconde était que ce son n’était qu’autre que le bruit d’un couteau frottant sur la pierre. Pourquoi cette arme se tenait ainsi à sa portée ? Il amena la lame jusqu’à lui et écouta. Personne ne venait la récupérer… Comment était-ce possible ? Il ne chercha pas à s’attarder sur les raisons de cette aubaine qu’il saisit maladroitement l’arme avec ses pieds et l’envoya sur ses genoux. Il se demandait bien comment l’attraper avec ses mains liées dans son dos. Il n’aurait sûrement qu’un essai avant que les autres reviennent et découvrent sa tentative de fuite. C’était hors de question. Encore une séance comme il avait fait et il mourrait cette fois-ci. Son corps ne supporterait pas plus de douleur. Il imagina un instant tomber par terre puis bouger avec sa chaise pour essayer d’attraper le couteau. Cela aurait été plus facile s’il n’avait pas eu cette capuche sur la tête. Il essaya de bouger violement pour la faire tomber mais quelques blessures latentes décidèrent de se réveiller. Il cessa sa tentative désespérée et abandonna l’idée de se faire tomber de crainte qu’il n’atterrisse sur l’arme et ne se perfore lui-même. Il cherchait une nouvelle solution quand le couteau disparut de ses jambes. Il eut beau les resserrer par réflexe qu’il ne réussit même pas à toucher celui qui lui avait pris. Gerheim soupira mais se refusa toujours à exprimer le moindre sentiment qui aurait pu ravir ses opposants. Il s’attendait à tout moment à sentir la pointe de la lame venir chatouiller une partie quelconque de son corps mais l’autre semblait prendre plaisir à imaginer le prisonnier attendre qu’on le torture. Et c’était le cas… l’attente était insoutenable. Gerheim souffla doucement : ne pas crier… Un moment se passa, il eut l’impression d’une éternité mais il savait que ce n’était lié qu’à l’approche d’une mort imminente. Gerheim en vint presque à souhaiter une mort rapide : pourvu qu’il tape dans le cœur, pensa-t-il. Mais toujours rien ne vint et il releva sa tête précédemment affaissée. Toujours ce silence, ce même silence oppressant. Cette absence de son qui, il le savait, cachait quelque chose mais il ne savait pas où et pourquoi. Ce manque de bruit encore plus effrayant que s’il savait tout ce qu’il se passait. Il eut envie de crier pour faire vivre l’endroit mais se retint, conscient que c’était stupide. Il s’affaissa de nouveau en attendant sa sentence. Pourquoi ne le tuaient-ils pas alors qu’on l’avait surpris avec une arme ? Il arrêta ses pensées en remarquant que ses liens n’étaient plus. Ils nouaient toujours ses poignets mais ils avaient été coupés le libérant ainsi. Gerheim attendit, craignant un piège. Mais l’excitation prenant le pas sur la prudence, il enleva rapidement sa cagoule et se leva sans qu’on ne l’en empêche. Il n’y avait pas beaucoup de lumière et en quelques battements de cils, il retrouva la vue. Il toucha son crâne où la pierre l’avait heurté et sentit une grosse bosse encore douloureuse. La grange semblait vide, il n’était jamais allé dans celle-ci et se demanda dans quelle partie du village il pouvait bien être. Des cris l’alertèrent et Gerheim se cambra sur ses jambes, craignant qu’ils fussent pour lui. Quand il se rendit compte que ce n’était que de la paranoïa, il avança d’un pas et mit le pied dans la flaque. En baissant les yeux, il vit avec inquiétude que c’était du sang. Il était forcement arrivé quelque chose de grave, déduisit-il. Il ne comprit pas quand c’était arrivé : avant, mais de qui était-il ? Pendant qu’il gigotait mais comment était-ce arrivé sans qu’il ne l’entende ? Il retira son pied et trempa le bout de ses doigts. Il était encore chaud et en le suivant des yeux, il put voir que la flaque continuait en de petites traces. Quelqu’un avait été tiré jusqu’à une partie de la grange cachée par la cloison qui se situait juste à sa droite. Gerheim se surprit d’un tel sang froid. Il avança dans cette direction après avoir ramassé la dague qui se situait juste à ses pieds. C’était une bien maigre défense mais cela le rassurait. Plus il avançait plus il paniquait à l’idée que la chose qui avait provoqué tant de sang fusse encore là. Il passa devant l’entrée de la grange et eut une furieuse envie de s’enfuir. Au loin, il vit ce qui provoquait tous ces cris. Il y avait le feu. Pour l’instant, il ne brûlait que dans l’autre partie du village. Gerheim imaginait un grand brasier, la fumée rougeoyante qui s’élevait dans la nuit le lui laissait présager. Tous les habitants devaient être en train de se relayer de la rivière jusqu’aux édifices afin d’éteindre le feu. Cela était néanmoins inutile et c’est pour ça qu’ils devaient sûrement surtout éviter que le brasier ne s’étende. L’ancien prisonnier remarqua que le feu se situait plus ou moins dans la région de sa maison. Elle ne pouvait pas être en train de brûler car il en apercevait le toit et il semblait intact. Il se demandait qu’est-ce qui avait bien pu provoquer ces incendies. Un seul pouvait être un accident mais deux, c’était volontaire. Plus signifiait une attaque même si dans l’histoire du village, cela ne c’était jamais produit. Il se souvint des traces de sang et son cœur se remit à accélérer. Il les suivit jusqu’à arriver dans une partie similaire à celle où il avait été attaché. Mais il n’y avait pas une personne ligotée mais bien cinq ainsi qu’un corps à leurs pieds. Gerheim vit que le corps était celui d’un ami de son rival, c’était le plus grand et le plus fort de la bande. Ses yeux étaient révulsés et du sang s’écoulait de la commissure de ses lèvres ainsi que d’une large balafre dans son dos. Il ne ressentit même pas de peine pour celui qui était mort. Il l’avait mérité… La pitié était un sentiment pour les faibles et il le réprima rapidement. Les cinq autres étaient vêtus de capuches similaires à celle qu’il venait de quitter. Situation ironique, pensa-t-il en découvrant ses tortionnaires dans la position dans laquelle il avait été. Il sourit et les examina. Ils gémissaient tous doucement et certains étaient tâchés de sang ce qui laissait présager que la personne qui les avait mis là, les y avait mis de force. Gerheim regarda, une pointe de peur étreignant son cœur, s’il était bien seul et qu’on ne lui tendait pas une embuscade. Mais la grange était bel et bien vide… L’un d’eux bougea encore avec beaucoup d’énergie et la vieille chaise de bois semblait vouloir se rompre à tout moment. Gerheim s’approcha de celui-ci et le frappa à la tête. Pas question que l’un d’eux ne bouge tant qu’il n’avait pas décidé ce qu’il allait en faire. L’autre gémit et pleurnicha. Son nez avait craqué et il devait être brisé. Comme pour confirmation, du sang glissa le long de son cou. Gerheim se sentit mieux, une partie de sa frustration commençait à disparaître. Comprenant que quelqu’un était dans la pièce, les garçons qui purent parler, dont son rival, commencèrent à implorer leur liberté. Comme à son habitude, le bourreau ne parla pas et les écouta se plaindre. Il planta une torche dans le sol et s’accroupit en faisant reposer dans la flamme un petit morceau de ferraille aussi large qu’une épingle de couture comme il en avait vue chez lui. Comprenant que le nouveau ravisseur, qu’ils prenaient pour celui qui leur était tombé dessus, avait un cœur plus dur que la pierre. Ils tentèrent de crier, ne se doutant pas de ce qu’il se passait dans le village. Ils ne comprirent pas que personne ne viendrait à leur secours. Tant pis, sourit Gerheim en haussant les épaules, la séance n’en serait que plus agréable. Ces cris l’emplissaient d’une joie nouvelle. Il n’allait pas les tuer, oh ça non, mais ils allaient souffrir comme ils l’avaient fait souffrir. Gerheim planta la première aiguille sous un ongle du premier de la liste qui hurla de douleur. Les autres se crispèrent et faillirent perdre la raison tant la douleur et la peur étaient contagieuses. Alors que le bourreau prenait lentement son temps, une forme cachée dans les ombres regardait son nouveau protégé à l’œuvre. L’heure du changement était arrivée, il lui fallait quitter ce village et oublier tout ce qu’il y avait rencontré. Mais c’était pour ça qu’il était là, lui et ses amis… Gerheim avait besoin qu’on le guide sur la bonne voie. L’éclaireur écouta un instant la douce mélodie des torturés avant de rejoindre ses amis, Gerheim pouvait se débrouiller tout seul. @+ -= Inxi, ça bouge ! =-
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Dans deux chapitres, soit un total de 7 pour Gerheim, il sera à un point équivalent à là où Loriol a mit 9 chapitre. Sachant qu'il en restera encore après au moins 5 ou 6 avec Gerheim et... j'allais annoncer un truc mais je me retiens Pour une fois que tu arrives pas à deviner ce qu'il se passe Pourquoi pas ! J'ai prévu mieux Ouais, je sais En fait deux raisons principales m'ont poussé à pas le faire. La première, honte sur moi, est que j'avais la flemme... Et en fait, comme il est pas vraiment prisonnier et qu'il sait qu'il peut sortir par ses propres moyens, il déprime pas franchement vu qu'il sait qu'il va sortir. C'est pas vraiment des excuses mais ca fait quelques explciations. Comme pour Neldirage, je reviendrai surement dessus à la fin du texte Chapitre 19 Gerheim se débattit mais rien n’y fit. Les assaillants ne lâchaient pas prise. Il parvenait à se débarrasser des mains qui l’entravaient mais à chaque fois qu’il en écartait une paire, une autre venait immédiatement la remplacer. Il se débattit mais les agresseurs étaient plus lourds, à tel point que le manque d’oxygène et leur force réduirent les tentatives de Gerheim à néant. Il n’arriva plus à reprendre son souffle et sombra à moitié dans l’évanouissement. Ses tortionnaires le portèrent manu militari vers une zone, semblait-il, assez précise du village. Qui pouvaient être ses agresseurs, parvint-il à penser. Il ne savait pas. Cela avait peut-être un rapport avec l’étranger qu’il avait vu. Il était dans une position des plus inconfortables qui soit, désormais, quelqu’un l’avait pris en bandoulière sur son épaule. La poussière tapissant le fond du sac et les tresses d’osiers lui irritaient l’odorat et le visage. Son calvaire prit fin après dix minutes. Personne n’avait parlé sur le trajet, il lui était impossible de savoir qui ils pouvaient être. Il tenta de bouger mais celui qui le portait le remit en place sur son épaule de façon si brusque que cela lui coupa à nouveau le souffle. Il se laissa porter et essaya de trouver une façon de fuir. Une corde avait été serrée autour de son cou et tenait ainsi le sac. Il ne pouvait pas s’enfuir sans la détacher. Il aurait été trop dangereux de courir sans rien voir alors que ses adversaires avaient champ libre. De plus, il ne serait jamais assez rapide pour l’enlever seul : elle semblait très fortement nouée. Gerheim ne sentit plus le vent bouger sa tunique et il déduisit qu’ils étaient entrés dans un bâtiment. Cela lui fut confirmé par un léger écho. Le seul édifice qui rassemblait toutes ces conditions était la fabrique. Cela répondit à une de ses questions : qui l’avaient enlevé. C’était forcement des habitants car seuls eux auraient pu se déplacer avec une telle assurance. On le remit sur ses pieds et deux mains lui attrapèrent les bras l’empêchant une fois de plus d’être maître de ses mouvements. On l’assit sur une chaise et on lui ligota les mains. Gerheim avait retrouvé son souffle mais on ne lui avait pas ôté sa capuche. On se mit à lui parler. Une seule personne, ce qui l’empêchait de savoir combien ils étaient en réalité. La voix semblait étouffée par un mouchoir ou tout autre textile. -Il est temps que tu te mettes à comprendre que tu as intérêt de rester loin de nous… Tu n’as pas ta place dans le village. -Va te faire ! Répondit Gerheim dans une position de faiblesse. Je ferai ce que je veux ! Il n’entendit pas le coup partir mais sa joue, elle, comprit ce qu’il venait de se passer. -C’est donc l’heure de la leçon… continua le, ou les, geôlier. Gerheim ne sut jamais avec quel instrument ils le frappèrent. Il y en avait des durs comme des plus mous. Mais ils avaient tous une chose en commun : ils faisaient mal. Le coup qui tomba ensuite le tapa derrière le crâne. La douleur s’était propagée le long de la colonne vertébrale et à la différence des autres coups, celui-là faisait profiter chaque nerf de son corps. Le suivant le frappa sur la cuisse. C’étaient plus des piqûres qui le brûlaient maintenant d’où la supposition que quelqu’un l’avait fouetté. Il sentait quelque chose couler le long de sa jambe et il était pratiquement sûr que c’était son propre sang. Gerheim se surprit à ne pas encore avoir crié. Il étendit sa jambe pour essayer de faire passer la douleur mais se doutant que ses adversaires allaient en profiter il tenta de la replier une seconde trop tard. Le coup, sûrement un bâton vu qu’il l’entendit se briser et rouler sur le sol, l’avait touché en plein genou pour essayer de lui casser l’articulation. Pourtant de constitution fragile, il s’étonna de ne pas entendre céder son os. Il serra les dents de plus belle mais ne pouvait plus bouger sa jambe gauche. On le frappa ensuite au ventre avec un classique coup de poing qui lui coupa le souffle. Toujours pas de cri. Gerheim grimaçait mais personne ne pouvait le voir, il haleta le plus doucement possible. Il arrivait à peine à respirer que de nouveaux coups de poing le frappèrent simultanément de la gauche et la droite ce qui prouvait bien qu’ils étaient au moins deux. Gerheim aurait parié sur quatre. Rapidement du sang chaud lui emplit la bouche et il dut l’ouvrir légèrement afin de le laisser s’échapper. Sa langue passa sur ses dents et il eut, heureusement, le plaisir de sentir toutes ses dents. Ce détail semblait futile alors qu’il ne savait même pas s’il allait survivre à cette correction. Un nouveau coup l’atteint en pleine tête, juste au niveau de l’œil. Se trouvant déjà dans le noir, il ne sut pas s’il avait été touché gravement ou pas. Par contre, cela le piquait et il ne put retenir quelques plaintes discrètes qui lui échappèrent des lèvres. Il sentit encore quelqu’un l’attaquer sur le haut du crâne. Le coup fut donné assez fort pour le faire vaciller de sa chaise et l’envoyer pratiquement dans le coma. La suite fut confuse et désordonnée. Il n’avait plus conscience du temps qui passait et des douleurs de son corps. Avant, son genou et sa cuisse lui brûlaient, sa tête bourdonnait et ses yeux et sa mâchoire criaient douleur. Maintenant, tête penchée en avant, il ne sentait plus rien. Les coups tombaient, ça il en était sûr, mais il ne les ressentait que comme s’ils appuyaient sur une partie de son corps avec leurs doigts. Mais il fut sûr que lorsqu’il reprendrait conscience, il sentirait la douleur. Il s’évanouit, son corps n’en supportant pas plus. Il eut néanmoins le temps de penser qu’il serait peut-être bon pour lui de mourir. On retrouverait son corps et le village chercherait un responsable. N’étant pas grand, ils trouveraient vite et les agresseurs devraient payer… et cher. L’inconvénient, malgré la punition exemplaire qu’ils auraient, aurait été sa propre mort. En plus, il aurait été plus probable qu’ils cachent son corps en forêt et qu’il fasse passer sur le compte d’une bête sauvage. Pour sa future vengeance, Gerheim devrait vivre. Ce fut sur ces derniers mots qu’il perdit connaissance. On le battit encore pendant cinq minutes. Tout était bon pour qu’il passe le pire instant de sa vie. Ils ne retenaient qu’à moitié leurs coups, comme cela leur avait été demandé. Une flaque de sang commença lentement à se former. Gerheim avait des plaies ouvertes sur la cuisse, le bras, la poitrine, l’arcade ainsi que le nez. Sur une tentative de le frapper à l’aide d’un manche de râteau d’un de ses ravisseurs, un pied de chaise sauta et Gerheim s’effondra sur le sol où ils le terminèrent à coup de pied. Dans un coin de la pièce, un personnage s’était fait discret pendant toute la scène. Ses yeux verts avaient enregistré chaque moment et la volonté de fer de son congénère qui n’avait pas crié ni pleuré durant tout le passage à tabac. Les cinq visages de ceux qui lui avaient tapé dessus ainsi que celui du sixième arrivé en cours qui avait regardé avec un petit sourire narquois Gerheim sombrer lentement dans l’inconscience. Une fois leur instinct le plus primaire rassasié, ils le laissèrent tel quel, baignant dans son sang, accompagné par quelques épars morceaux de bois. Une fois que les six furent partis et après qu’ils s’eurent échangé quelques mots, la silhouette habillée par les ténèbres quitta sa cachette et s’approcha du jeune qui gisait là. Il retira la capuche et constata tristement les dégâts : ils n’étaient pas irréversibles mais s’ils ne s’arrêtaient pas, ils pourraient causer la mort de Gerheim. D’une petite sacoche pendue à sa ceinture, l’éclaireur sortit une petite potion de couleur verte et lui ouvrit les lèvres pour lui faire avaler le liquide. Les effets étaient presque immédiats. Les plaies s’arrêtèrent donc rapidement de saigner. Sa besogne accomplie, il retourna au campement laissant les habitants du village découvrirent plus tard Gerheim mutilé. Gerheim se réveilla le lendemain. Il était dans son lit et bizarrement, il allait bien. Enfin c’était l’impression qu’il eut avant qu’il n’essaye de bouger. Et ce, quelque soit la partie de son corps. Il avait mal partout, et ce n’était pas qu’une expression. Il fit rapidement un état des lieux pour se rendre compte qu’il n’était pratiquement pas capable de se mettre debout. Il enleva la couverture de ses jambes et leva péniblement la tête. Sa nuque le tirait et il lui était pratiquement impossible de tourner d’un sens ou de l’autre. Sa jambe gauche était maculée d’un gros hématome, la cuisse la surplombant étant striée par les marques de fouet. L’autre craquait à chaque fois qu’il la pliait et de la peau avait été arrachée sur le pied. Trois bleus coloriaient son ventre et ses abdominaux le tiraient. Ses bras étaient en miette mais il réussit néanmoins à sortir un miroir fendu d’un de ses meubles tout proche. Un de ses yeux verts avaient tourné au rouge sang, une arcade avait été fendue dans le sens de la hauteur. Un cocard ornait ce même œil-ci et ses lèvres étaient fêlées à plusieurs endroits. Son front était enflé et coupé sur une dizaine de centimètres. Son nez était cassé et c’était sans compter toutes les blessures qui le tiraillaient. Il décida qu’il était plus sage pour quelques temps de faire le mort, même si son état en était quand même assez proche. Il réfléchit rapidement pour se rendre compte qu’il n’y avait pas des dizaines de personnes capables d’avoir commandité ce qui lui était arrivé. C’était forcement son rival qui avait envoyé ses amis faire le sale boulot. Gerheim toussota et se rallongea dans un soupir de satisfaction. Il ferma les yeux et s’endormit rapidement. Le lendemain fut quand même plus facile bien que tout aussi douloureux, trouva Gerheim qui réussit à s’asseoir sur le bord de son lit. Il avait mal mais c’était tout à fait supportable. Il réussit même à enfiler des habits tant et si mal qu’il finit debout et en plaçant ses cheveux d’une certaine manière, il réussit à paraître normal. Enfin tant qu’il restait de loin, qu’il ne marchait pas et qu’il restait de dos. Ce qui en soi, ne devrait pas être difficile vu qu’il n’avait que rarement des contacts, excepté pour manger. Ce qui allait quand même poser quelques problèmes. De toute manière, s’il se trouvait dans sa chambre, c’était parce que des gens l’y avaient amené. Par cette occasion, les habitants du village devaient forcement être au courant. Gerheim descendit les escaliers en titubant. Il fit plus de bruit qu’à l’accoutumée et l’amie de la maison vint à sa rencontre. -Que la Terre soit louée, fit cette dernière, tu as repris connaissance ! Te souviens-tu de ce qu’il s’est passé ? Gerheim mentit en répondant par la négative. Ses membres commençaient à reprendre des forces et la douleur semblait plus lointaine bien qu’encore trop présente. Il marcha avec plus d’assurance et tenta de se diriger vers l’autre escalier pour sortir de la maison. -Tu ne vas pas sortir dans cet état ! S’inquiéta la gardienne. Tes parents seront là dans à peine une semaine ! En plus, il va bientôt faire nuit… Tu sais que la fille des Vertin est passée tout à l’heure ? Elle venait te voir. Cette fille n’était autre que la blonde qu’il convoitait. Son cœur bondit dans sa poitrine ce qui lui fit presque mal. Il toussa et réfléchit. Si elle était venue le voir, c’était forcement par compassion ce qui prouvait sûrement que la brève intimité qu’ils avaient eue avait peut-être déclenché des sentiments chez celle-ci. Il devait aller la voir avant que son rival ne repasse à l’action. Gerheim savait pourtant que cela avait sûrement été déjà fait et qu’il partait avec une longueur de retard mais l’autre n’avait peut-être pas réussi à lui faire passer le point de non-retour. Même si dans ce cas, Gerheim avait une solution de secours. Il sortit de la maison en clopinant et les quelques adultes présents à sa sortie lui jetèrent un regard intrigué. En aucun cas on ne pouvait lire dans leurs yeux de la compassion, ils étaient méfiants. Lui avait été blessé mais on aurait dit que c’était de sa faute. Ils devaient penser qu’après avoir été soi-disant sauvé des flots par son rival, la nature avait réessayé de mettre fin à ses jours… Gerheim renifla bruyamment et cracha ce qui leur fit détourner le regard. Le soleil tombait doucement, effectivement, il allait faire nuit. Au coin d’une maison, le jeune blessé sentit un regard sur lui. Quand il allait démasquer celui qui l’espionnait, celui-ci partit en courant dans le sens inverse. Désormais, tout le village allait savoir qu’il était réveillé. Gerheim se dépêcha mais avec ses membres engourdis, il n’avançait pas vite. De plus, la maison de la blonde se trouvant à l’autre bout du village, il allait mettre plus de temps à y arriver. Il y parvint alors que le bleu s’était effacé du ciel et que quelques nuages cachaient les derniers rayons solaires. Il cria le prénom de son aimée et attendit une réponse qui ne vint pas. Il y avait de la lumière dans la maison ce qui poussa Gerheim à persévérer. Il grimpa maladroitement à la façade, comme une certaine personne l’avait déjà fait. Chaque muscle lui faisait mal mais ses pieds et ses mains avaient été relativement épargnées ce qui pour le coup, lui arrangeait les choses. Seul l’effort dans ses cuisses lui faisait atrocement mal mais il continua, sueur au front. Il arriva sur la terrasse et reprit son souffle. La blonde était sortie ayant entendu les bruits du lierre que Gerheim avait maltraité durant sa montée. -Que fais-tu là ? Dit-elle surprise et découvrant l’état du blessé. Tu aurais pu te tuer définitivement ! Il faut que tu partes, s’il apprend que tu es là, ça va très mal se passer. Gerheim était toujours assis sur le balcon quand il entendit plusieurs voix s’approcher. On avait appris qu’il était ici et effectivement, si son rival voyait qu’il était là, il allait lui en remettre une couche sans que son état lui permette de se défendre. Maudits soient-ils, pensa Gerheim, même pas eu le temps d’ouvrir la bouche. Il s’approcha d’elle pour lui arracher un baiser avant de s’enfuir et quelqu’un hurla le prénom de Gerheim. Un instant plus tard, quelque chose de dur le frappa à la tête et il vacilla sur la terrasse avant de tomber en contrebas où sa chute fut amortie par un tapis de mousse : Sans quoi il aurait succombé au coup de fronde et à la hauteur du balcon. Il cligna rapidement des paupières et se rendit compte qu’il n’avait pas spécialement mal à de nouveaux endroits, juste ce point qui lui comprimait l’arrière du crâne. D’ailleurs, Gerheim ne bougeait plus, il n’avait plus la force même s’il l’avait voulu. Trois silhouettes se penchèrent au-dessus de lui et il put voir son rival et deux de ses amis. -Très bien, il vit encore ! Emmenez-le ! Ordonna ce dernier. Une nouvelle capuche enveloppa Gerheim qui sombra dans l’inconscience en pensant : « pas encore… » @+ -= Inxi =-
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goûté succombé Cette faute est vraiment abusée !!! Bon un vent de rebellion et un inquisiteur parano ! Ca fait pas bien bon ménage. Après ca fait bizarre de le voir tout gentil, ca fait un peu skizo comme comportement. Bien, on apprend aussi que le chef élu est pas loin d'être un incapable, au moins aux yeux des soldats Suite @+ -= Inxi =-
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Voilà une suite ! Ca sera sûrement plus court que pour Loriol ! Je pense que d'ici 3 chapitres, cela va se rejoindre. Enfin plus ou moins Chapitre 18 Gerheim s’introduisit dans le bâtiment de la mise en condition des tonneaux. C’était le bâtiment le plus complexe du village. Plusieurs étages, disposés à des hauteurs différentes. Des passerelles, des pièces de stockages, des trous d’aération pour l’odeur, c’était un vrai labyrinthe dans lequel on pouvait se perdre. Normalement, peu avaient l’accès à ce centre mais il était vite devenu évident qu’il ne pouvait pas y avoir de fuite d’informations car elles n’avaient nulle part où aller. On pouvait s’introduire dans le bâtiment sans guère de difficulté. Par précaution, il passait toujours par la porte de derrière. A l’aide d’un arbre et après s’être assuré qu’il n’y avait personne, il grimpa sur le toit de l’édifice. Heureusement, celui-ci était toujours aussi solide. Il n’aurait pas aimé passer au travers. Il rejoignit rapidement les bouches d’aération. L’odeur d’alcool était vraiment très forte et il sentait déjà sa tête lui tourner. Les mains plaquées sur une cheminée de pierre, il descendit au fur et à mesure dans un conduit bien abîmé. Il aurait pu signaler les imperfections mais cela aurait été s’exposer à des questions inutiles et ruiner sa porte d’entrée. Arrivé à fleur de plafond, il se laissa tomber sur une paire de barils. Gerheim se frotta les mains, essuya les quelques poussières qui tachaient son uniforme et se mit en route. A force de déambuler dans le bâtiment, il commençait à le connaître par cœur. Il n’était pas bien loin de là où il allait se poster. Des rires l’intriguèrent sur sa gauche. Il resta dans l’ombre du croisement et les deux jeunes femmes passèrent non loin de lui sans le remarquer. Gerheim continua sa route, suivant leurs pas. Avant d’arriver dans une salle toute en longueur dans laquelle des tonneaux roulaient à l’aider d’un tapis fait de rondin de bois, il s’arrêta et observa. Les fûts arrivaient d’une autre pièce, souvent portés par les garçons et les femmes s’occupaient à les fermer et les trier. Sa blonde était au bout d’une rangée, de son côté de la pièce. Il s’avança dans celle-ci et se glissa, comme à l’accoutumé, derrière les armoires et les planches qui servaient à la découpe et au stockage du matériel de fermeture. Il avait une vision hachée de la salle mais en cas de problème, il pouvait toujours se décaler dans les rangées ou même se dissimuler dans les amas de planches. Le travail put alors commencer et tous se mirent au travail n’ayant plus une seconde à perdre. A la grande surprise de Gerheim, son adversaire ne vint pas. L’espion se demandait bien ce qu’il pouvait être en train de faire. Il se surprit à l’imaginer en train de préparer une revanche. Il sourit à cette pensée absurde et mit tout ça de côté afin de se concentrer sur la fille qui hantait trop ses pensées. Une pause lui fut accordée au bout d’une heure que Gerheim pensait quelques secondes. Il siffla doucement afin d’attirer son attention et ainsi tenter sa chance. Elle le remarqua et sa surprise se transforma rapidement en curiosité. Elle avança néanmoins avec méfiance et regardant autour d’elle. Personne ne semblait se soucier de son avancée vers les armoires. -Que fais-tu là ? Demanda-t-elle les sourcils froncés. -Je suis venu te voir, répondit-il avec un rictus plutôt chaleureux. Elle répondit de même par un sourire qui lui fit briller les yeux. Elle afficha de nouveau un visage sérieux. -Je sais ce qu’il s’est passé… Vraiment… Ajouta-t-elle avant de créer un quiproquo. Gerheim soupira et se froissa. Elle lui expliqua ce qu’elle savait et il eut un petit rire ironique. Effectivement, il avait bien dit la vérité en omettant seulement le fait qu’il avait commencé en le mettant à terre à l’aide d’une petite montagne de roche. Il rectifia la donnée erronée et elle tiqua avant de reprendre un visage jovial. -Qu’attends-tu de moi ? Demanda-t-elle alors qu’ils avaient repris une conversation normale. Gerheim baissa les yeux. Il n’était pas lui-même capable de répondre à cette question. Il remit rapidement ses idées en place et décida de jouer sa carte de l’honnêteté. Enfin plus ou moins. -Rien de spécial, juste qu’on puisse parler de temps en temps. Elle se retourna, se pinça les lèvres et répondit. -Pourquoi pas ! Maintenant tu dois partir. Tu n’as rien à faire ici. Il tourna pour regarder sa sortie et sentit quelque chose de chaud sur sa joue. Elle lui avait déposé un baiser avant de s’éclipser afin qu’on ne pose pas de question sur son absence injustifiée. Gerheim, quant à lui, ne parvenait pas à croire ce qu’il venait de se passer. Il resta un instant interdit avant de sortir rapidement. De l’autre côté de la salle, un visage renfrogné regarda sortir la fille avec qui il formait pratiquement un couple déclaré. Pas question de la laisser filer. Elle émergea, seule, des armoires à sa plus grande joie. Il se demanda néanmoins ce qu’elle était aller faire. Sa curiosité prenant le dessus sur sa confiance, il sortit de la fabrique et vit Gerheim fuir loin de l’entrepôt. Il imagina alors les pires scénarios sur ce qu’elle avait bien pu faire. Il retourna à l’intérieur en imaginant des milliers de façon de se venger. Gerheim ne pensa pas être vu et déambula dans le village comme il avait l’habitude de le faire. Il s’assit sur une marche d’une maison, pratiquement au centre du village. On l’appelait ainsi uniquement parce que la plupart des routes se recoupaient ici. Mais l’endroit était sur une des extrémités de leur ville. Plusieurs chariots avaient été sortis et les fûts étaient montés puis attachés les uns aux autres à l’arrière. Des câbles étaient tendus afin de maintenir les trois étages de tonneaux en place. Il était en train de s’endormir sur sa marche quand un bruissement, à peine plus léger qu’un murmure le fit se redresser, tel un animal sortant prudemment de sa tanière. Il leva la tête, à l’affût de ce bruit insolite. Ce qui était étrange, ce fut qu’il n’aurait jamais porté attention à ce son, pourtant, là, quelque chose était bizarre : c’était dans l’air et son instinct lui disait d‘y faire attention. Gerheim se concentra et essaya de voir ce qui n’allait pas. Son cœur ralentit. Il tourna lentement la tête de gauche à droite. Quand il découvrit ce qui avait provoqué cette sensation, son cœur s’arrêta de battre pendant quelques secondes. Il y avait un étranger qui ne le semblait pas tant que ça. Vêtu d’une longue cape écailleuse bleue avec quelques reflets verts. Il scrutait le village d’un œil averti. Il avait un visage en grande partie dissimulé par une capuche terminant une cape enfilée sous celle écailleuse. Ce ne fut pas la présence de cet homme qui choqua néanmoins le plus Gerheim. Ce fut ses mains. Plus sombres que les siennes certes mais d’une couleur vaguement similaire. Fusse-t-il possible que cette personne eût aussi de longues oreilles ? Se demanda notre ami. Il ne pouvait en avoir le cœur net avec cette capuche lui masquant le visage. Venait-on le chercher ? Il se leva et commença à s’avancer vers l’individu qui remarqua tout de suite sa présence. En un éclair, il mit la main à sa ceinture mais ses yeux se plissèrent. Comme s’il ne s’était pas attendu à une telle rencontre. Il dégagea sa main et sembla sonder Gerheim de haut en bas. Il présentait ces mêmes yeux verts que son vis-à-vis. L’autre décida qu’il était trop resté et fit demi-tour, troublé. Gerheim balbutia quelques mots mais ne parvint à aligner une phrase cohérente. Il se mit à courir pour rattraper celui qui s’enfuyait. Il voulait des réponses à ses questions, savoir d’où il venait. L’autre se retourna, vit Gerheim, sortit une petite arbalète et fit feu. Le poursuivant ne sut pas s’il l’avait fait exprès mais il tira vers ses jambes. Il put l’esquiver facilement d’un preste bond. Le poursuivi regarda en arrière et Gerheim crut un petit sourire à la vue que l’autre ne lâchait pas prise. Ils entrèrent dans les bois, Gerheim n’ayant qu’une dizaine de mètres de retard. L’espion, dont la cape ne semblait pas entraver ses mouvements, prit à droite derrière un grand tronc. Il le suivit immédiatement et alors qu’il allait lorgner la piste, un coup derrière la nuque l’envoya au sol. Il ne sombra pas tout de suite dans l’inconscience, juste assez tard pour se maudire d’avoir été si stupide : l’autre n’avait eu qu’à faire le tour du tronc et le prendre à revers. Il se réveilla des feuilles plein la bouche et des questions plein la tête. Mais au moins, le goût du feuillage partirait, lui. Gerheim se releva et enleva les quelques détails de sa chute pouvant encore s’enlever. Il regarda inutilement autour de lui pour voir si son agresseur était toujours là puis soupira en faisant demi-tour. Derrière lui, il ne vit pas la paire d’yeux émeraudes qui le fixait. Il était en train de penser qu’il avait eu de la chance qu’aucun sanglier volant, soi-disant et d’après lui, une véritable aberration de la nature, n’est profité de son inconscience afin de faire de lui son petit déjeuner. Il faisait nuit. La gardienne devait commencer à s’inquiéter du fait qu’il n’était pas repasser par la maison depuis le début de la matinée. La lune n’était pas bien haute mais elle était suffisante afin de pouvoir permettre de se diriger sans guère de problème. Il ne faisait pas bien chaud ce soir là, Gerheim ne traîna pas. Le village était calme, peut-être un peu trop. Il baissait la tête en ressassant les principales nouvelles de la journée. Jamais tant de choses ne s’étaient passées en si peu de temps dans sa vie. Et ses parents qui ne rentreraient probablement que dans deux semaines… Premièrement, la blonde l’avait embrassé… Lui, alors qu’il ne savait même pas qu’il existait à ses yeux. Soit, cela avait été très distant et formel mais c’était assez pour lui redonner espoir. De plus, le fait que son rival ne soit pas revenu voir la petite blonde prouvait peut-être qu’il s’était trompé et qu’il ne les avait pas vus se donner la main. Cela ne le convainquit pas tout a fait. En plus, elle avait accepté qu’ils se revoient. Cela voulait tout dire… L’autre était la présence de cet inconnu qui semblait avoir les mêmes origines que lui. Les mystères mêmes de son existence et de son essence. Beaucoup de réponses qui lui avaient échappées. Pourquoi était-il comme ça ? D’où venait-il ? Et donc par la même occasion : qui était-il ? Etaient-ils les seuls représentants sur terre ? Qu’avaient-ils de différent ? Pourquoi être venu au village ? Que voulait-il ? Il ne devait sûrement pas s’intéresser à la bière. Trop de questions et pas une seule réponse. Cela commençait à être une habitude. Par rituel, il passa devant la maison de sa conquise, pensant avoir entendu du bruit : comme à chaque fois. Quelle fut alors sa stupeur de découvrir que cette fois-ci, c’était bien vrai ! Il se cacha derrière un buisson en prenant garde à ne pas se planter quelques maudites épines. A la fenêtre du balcon, son rival avait escaladé la façade afin d’aller à la rencontre de sa convoitise. Gerheim comprit alors qu’il ne s’était peut-être pas trompé et que son isolement lui avait été fatal. Chose qui avait sûrement joué à sa défaveur. Sans plus attendre un spectacle qui le forcerait sûrement à faire un acte déraisonné, il voulut rentrer chez lui. Il traversa plusieurs rues, se glissa dans moult petites allées, contourna bon nombre d’édifices. Il n’y avait aucun signe d’activités en cette heure si tardive. Gerheim se demanda s’il ne devait pas prévenir son village d’une menace représentée par cet étranger qu’il avait vu. Mais après tout, qui le croirait ? Il n’allait que s’isoler encore plus et on le prendrait pour fou. Il ne pouvait pas non plus dire qu’il avait les mêmes caractéristiques que lui sans trop se mouiller. Gerheim était condamné à attendre, surtout maintenant. Il verrait au retour de ses parents s’il pouvait agir. Alors qu’il était à une rue de chez lui, il plongea dans le noir et se débattit : un sac avait recouvert sa tête. @+ -= Inxi =-
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Elles ? Ils plutôt. occupaient ( arrête d'écrire comme tu parles On dirait un gars du sud ) dès dirigez Bon ben pas mal, petit passage de transition. On prend des nouvelles des deux héros blessés ainsi que du reste de l'armée ! On voit aussi que d'autres hommes sont capables de diriger et que l'armée n'est pas si démunie que ça ! Suiteuh ! @+ -= Inxi =-
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Exemple ( quoi c'est pas un exemple, c'est la réalité ? ) : un elfe peut avoir trente ans et être un enfant. Il est donc plus vieux que les humais mais est un gamin mentalement Et la suite ! Bon finalement, j'ai pas réussi à écrire un chapitre bonus donc celui-ci sera surement le dernier avant la semaine prochaine ! J'en suis désolé Chapitre 17 Sa première sensation fut le froid et une perte temporaire de ses repères. Naturellement, il arrêta de respirer et attendit que le flot de bulles se tarisse. Celles-ci voletèrent un instant et Gerheim refit fasse à son rival. Il nagea rapidement dans sa direction alors que l’autre semblait perdu. Les longs doigts fins de l’ancien porteur du ballon s’enroulèrent autour du cou de l’autre garçon. Autour d’eux, des petits nuages rouges se dissipaient dans le courant. Cela venait sûrement de la blessure qu’il venait de se faire. Au dessus, des petites silhouettes noires apparurent, formes incertaines s’inquiétant du sort des deux joueurs. Gerheim vit les yeux de son adversaire complètement paniqué, ils étaient dans un trou d’eau et il ne semblait pas savoir nager. Il peinait même à se défendre de l’étreinte meurtrière de Gerheim. Pourtant, l’eau permit à l’autre de se libérer et prenant appui sur un rocher tout proche, il rejoignit la surface où le courant l’éloigna de l’homme aux longues oreilles. Gerheim se lança à sa poursuite et remonta à la surface pour prendre sa respiration. Son rival était à un mètre de lui, battant des bras furieusement pour ne pas couler. Gerheim se maintenait sans peine à la surface et regardait l’autre qui n’allait pas tarder à se noyer. Notre ami aurait pu le sauver mais il ne le fit pas, le courant semblait plus fort et il n’en avait pas envie. Les premiers adultes se précipitaient déjà au secours des deux enfants. Gerheim nagea en direction du bord de la rivière au lieu de se lancer à la poursuite de son rival qui était de plus en plus entraîné par le courant. Il se redressa sur la berge tandis qu’on lui posait des questions sur son état de santé. Gerheim n’écoutait que d’une oreille distraite. Il repensait beaucoup à la scène qui s’était jouée sous l’eau, il avait failli tuer. Mais cela ne le choquait pas, il s’était même senti à sa place : Comme si sa vie se résumait à ça. Il sourit et frissonna. Les premiers adultes avaient atteint le jeune homme et tendaient déjà des branches qu’il saisit facilement. Il était sauf. Gerheim ne perdit pas le moral, il venait de passer un cap… intéressant. S’il le fallait, il pourrait se débarrasser de l’autre. Gerheim attrapa les plis de la couverture qu’on avait mis sur ses épaules et se souvint du plaisir qu’il avait ressenti quand ses doigts se resserraient de plus en plus. Il avait senti son cœur s’accélérer, ses membres se renforcer sous cette puissante adrénaline qui lui donnait envie de tuer encore et encore. Son ventre s’était serré quand il avait vu l’autre haleter sous le manque d’oxygène mais il avait réussi à s’échapper. Il n’en avait cure, cela lui servirait de leçon pour longtemps, espérait-il. Gerheim ne l’imaginait pas revenir de si tôt ou alors, il aurait perdu sa santé mentale. -Qui a commencé ? Demanda le père du rival visiblement très remonté. Gerheim hocha les épaules et se retourna pour partir. Le père l’attrapa par l’épaule et le força à lui faire face. Gerheim se dégagea brutalement et dit d’une froideur extrême : -C’était un accident… Le père ne chercha plus à savoir ce qui c’était passé. Tout le monde avait cette impression, quand Gerheim parlait, une sensation froide vous parcourait le corps. C’était aussi une des raisons de son isolement, il était chaleur avec personne. Il prit la direction de sa maison afin de se changer. Ses habits étaient couverts de terre, déchirés et trempés. Chez lui, l’amie de ses parents, qui servait surtout de gardienne, ne l’entendit même pas entrer. Sa chambre se situait juste sous le toit, au troisième et dernier étage de la maison. Il regarda par l’œil-de-bœuf et vit que la plupart du village était en train de s’inquiéter de l’état de santé du fils du chef du village. Gerheim soupira et s’appuya sur le bord de la lucarne, tête posée sur ses bras. Il regarda sa couleur de peau, virant vers le noir. Il passa sa main sous ses cheveux comme pour vérifier que ses longues oreilles n’étaient pas inventées d’un mauvais rêve. Il se détourna du groupe et ouvrit un gros coffre au pied de son lit. Il enfila une tenue noire où étaient dessinées de petites vagues bleu-marine. Il sortit de la maison, toujours aussi discrètement qu’il était entré. Il était probable que la gardienne n’entende jamais parlé de cette mésaventure. Gerheim l’aimait bien mais sans plus, ils n’étaient jamais devenus complices malgré le fait qu’elle s’occupe constamment de lui. Il rejoignit le chapiteau. Il y avait dix tables, comme à l’accoutumée. Gerheim s’assit au bout de l’une d’entre elle qui était la plus éloignée de celle que choisirait probablement les autres garçons. Il prit un couteau, et le fit tourner sur la table. Deux femmes et un homme arrivèrent les bras chargés d’assiettes qu’ils disposèrent en commençant par les tables du fond. La sienne arriva néanmoins plutôt vite. C’était un morceau de terre cuite sur lequel avait été rajouté une sorte de pierre très lisse afin que la nourriture ne touche pas les fondations de l’assiette. Des habitants vinrent au fur et à mesure pour manger. Par groupe de trois ou quatre, bavardant de choses et d’autres mais surtout du dernier accident en date. Les tables se remplissaient peu à peu, un grondement sourd montait accompagné des bruits des bancs en bois qu’on tirait sur le sol. Gerheim regarda rapidement derrière lui en direction de la forêt puis passa ses jambes sous la table. Trois brasseurs l’entourèrent et commencèrent à parler. -Bien mauvaise histoire qui t’est tombée dessus, gamin ! Dit le premier. Gerheim hocha la tête et les trois autres portèrent un toast. -Il nous a raconté comment ça s’était passé… Gerheim n’avait pas entendu de nom mais il se doutait bien de qui ça devait être. Il fut quand même intéressé de savoir ce qu’il avait dit. Pas la tentative de meurtre en tout cas sinon, il aurait eu des ennuis depuis longtemps. -Heureusement qu’il a plongé à ton secours sinon tu aurais pu te noyer. C’est un brave gars, prêt à se sacrifier pour les aut’ ! Rajouta le deuxième. Gerheim ouvrit de grands yeux mais ce fut le seul signe visible que la nouvelle provoqua. Il avait envie de tout raconter… Son rival avait encore mis la situation à son avantage pour se faire briller. Il décida quand même qu’il était plus sûr pour lui de se taire pour le moment. Gerheim chercha son adversaire du regard et le vit au milieu des autres jeunes gens riant à sûrement à une blague. Il soupira discrètement avant qu’une cuisinière pose une grosse marmite sur la table. Et celle-ci et les gens proches sursautèrent à cette intrusion. Les assiettes circulèrent rapidement et tous eurent un plat chaud sous le nez. Gerheim repensa à l’altercation. Comment se terminerait la prochaine ? Il songea aussi à cette petite blonde dont il avait réussi à capter l’attention lors de ce match. Il se permit un sourire qui aurait pu surprendre ceux qui l’auraient vu. Tous parlaient plus ou moins du programme de l’après-midi. Lui, il n’aurait rien à faire. C’était l’avantage, et l’inconvénient, d’être le fils du marchand. Il était censé apprendre les rudiments du commerce avec ses parents mais ne venant jamais avec eux, il avait un peu de mal. Il occupait son temps comme il le pouvait : généralement en espionnant cette fameuse fille. Il se leva de table après avoir expédié son repas. Les autres mangeraient au moins pendant encore trente minutes. Il avait le temps de faire son activité favorite : la chasse. L’ancien soldat avait un arc et des flèches dans sa maison. Gerheim se doutait que celui-ci était au courant mais les flèches étaient sans cesse renouvelées alors ça ne devait pas le déranger. Il empruntait son arc discrètement à la fin du repas et le rapportait avant que le soldat ne rentre le soir de sa mission. Gerheim alla chercher l’arc et une dizaine de flèches. L’arme était un simple bout de bois en arc de cercle tendu par une corde. Il y avait une sorte de poignée entourée de ficelle et une petite encoche pour tenir le trait. Il sortit du village avant quelqu’un ne le remarque. Ce n’était pas qu’on l’aurait empêché de faire ça mais il ne tenait pas à savoir. Il restait près de l’orée, à l’abri. Gerheim chassait plutôt comme une occupation plutôt que dans le but de ramener un animal. Il traquait rarement un gibier. Le village avait été construit au centre d’une plaine rectangulaire. D’un côté les habitants finissaient de manger et de l’autre Gerheim allait chasser. Il y avait donc beaucoup de place. De mouvements agiles, il rejoignit la cime d’un arbre d’où il avait une bonne vue sur une partie de la région. Il posa ses flèches à côté de lui et son arc sur ses genoux. Il laissa son regard vagabonder sur cet océan de vert et ce liseré bleu à l’horizon. La mer. Son père lui en avait quelques fois parlé. C’était quand il regardait ça qu’il avait l’impression que son passé allait resurgir. En tout cas, c’était là-bas qu’il était. Des mouvements attirèrent son attention à l’entrée de la forêt de l’autre côté de la plaine. Une famille de sangliers allait tenter la traversée. Gerheim n’avait encore jamais mis un tel animal à son tableau de chasse. Ca ne devait pas être très compliqué à tuer. Ils étaient à cent mètres de là. Impossible à toucher pour lui pour l’instant. Il attendit que le petit troupeau ait traversé une bonne partie de la plaine. Il visa le plus gros de la bande. Il banda son arc, visa soigneusement et relâcha la pression. La flèche partit en ligne droite, Gerheim n’ayant pas pris soin de faire partir son tir en cloche. Le trait réussit à toucher la bête dans la partie arrière de son corps. Elle s’énerva et poussa des cris effroyables. Gerheim rit. La bête allait maintenant s’affaiblir et se vider de son sang. Pourtant, il eut un subtil doute qui lui fit empenner un nouveau trait. Il lâcha un nouveau projectile qui rata sa cible de très peu. L’animal le localisa. Sa famille était en cercle et semblait sur ses gardes. Ils quittèrent la plaine après un grognement du mâle qui semblait courir vers l’arbre de Gerheim. Il ne s’en inquiéta pas, la bête ne pouvait pas monter jusqu’à lui. Il regarda quand même vers le bas. Il y avait ces affreux cris qui semblaient se rapprocher. L’arbre se mit alors à trembler. Gerheim ne comprenait pas ce qui arrivait. Il décocha rapidement une flèche vers le bas. Mais l’arbre continuait de trembler de plus en plus et ça se rapprochait. Sur sa mince branche formant la cime, il ne voyait pas ce qui le précédait à cause d’un épais feuillage. Il fit un petit bond en arrière alors que les tremblements atteignaient leur paroxysme. Le sanglier passa à la verticale à un pouce de son visage. Gerheim fut déséquilibré et tomba de sa branche qu’il rattrapa avec ses mains. Pendu dans le vide, il vit le sanglier dans les airs, deux ailes semblables à celle d’un papillon lui permettre de planer. Il n’eut pas le temps de s’étonner de cette découverte qu’il le chargeait à nouveau, serres dehors. Il comprit comment il avait réussi à grimper. Gerheim se laissa glisser sur la branche suivante et l’oiseau-mammifère lui passa juste au-dessus. Pendant que l’autre faisait demi-tour, il chercha son arme. Il remarqua bien vite qu’elle avait dû tomber lors de la première charge. Gerheim comprit pourquoi personne n’entreprenait le voyage seul en forêt. Il fit le tour du tronc afin d’éviter un choc des plus violents. Les flèches plantées dans son corps ne semblaient l’avoir qu’énervé. Gerheim vit son arc pendu à une branche à quelques pas de lui à la fois de hauteur et de longueur. Il sauta rapidement sur le promontoire suivant et tendit le bras pour attraper son salut. L’animal choisit cet instant pour faire une piquée et la branche se décida à casser. Gerheim tomba à l’étage du dessous et atterrit sur la branche avec son estomac. Le souffle coupé, il hoqueta. Il n’avait plus d’arc et il était descendu à la moitié de l’arbre. Le problème était qu’il ne voyait plus la créature au travers de cette dense végétation. Normalement, ce qui était vrai pour l’un devait sûrement l’être pour l’autre et Gerheim espérait que la créature ne le voyait parmi ce feuillage. Et pourquoi, diable, cette créature restait maintenant muette ? Se demanda le jeune garçon. Il se tenait sur un bout d’arbre vraiment très fin, ses pieds étaient l’un derrière l’autre et sa main droite se tenait à la branche du dessus. Soudain, il entendit les feuilles bouger devant lui et il agrippa la branche supérieure afin de se tracter dessus. Le phacochère vola à l’exact endroit où il était auparavant mais ne put freiner sa course. Il heurta l’arbre en manquant de faire tomber Gerheim une fois de plus. Il dut se briser la nuque car il tomba le corps sans vie. Par précaution, notre ami descendit afin de s’assurer qu’elle était bien morte et cela sembla être le cas. Ses flèches avaient été arrêtées par un rameau de feuilles dans l’arbre et il se maudit de ne l’avoir vu que maintenant. Il ramassa l’arc et grimpa de nouveau. A mi-parcours, il fut alerté par des bruits venant de la plaine. Il plissa les yeux et put voir quelques intrépides au milieu de celle-ci, sûrement alertés par les bruits qu’avait poussés le sanglier au départ. Gerheim vit également que le reste de la famille avait sûrement fui le plus loin possible. De drôles de créatures vivaient dans les parages, remarqua-t-il. Il allait descendre avant d’en remarquer des nouvelles qu’il vit une chose insolite. Dans la masse de gens qui s’étaient déplacée pour voir quel était cet affreux bruit, il pouvait apercevoir sa jolie blonde avec son rival. Ils semblaient en pleine discussion ce qui n’avait de cesse de l’inquiéter. La foule se dispersa et Gerheim eut l’impression de les voir se donner la main. Il regarda les yeux plissés mais à cette distance, il ne voyait pas bien les détails. Il grogna et faillit pousser un cri de rage. Mais il ne tenait pas à donner des explications sur le fait qu’il était perché en haut d’un arbre et ainsi armé. En pensant à ça, il regarda sa flèche d’un œil différent. Il ne devait pas être à plus de soixante mètres… Il banda son arc et maintint en joue son adversaire. C’était le moment d’en finir. Il stoppa sa respiration et désempenna. Ce n’était pas la peine de risquer ainsi la vie de la fille qu’il chérissait. De plus, il était possible qu’il ait mal vu. Il lui fallait donc en avoir le cœur net. Il descendit rapidement et se dirigea vers le village tout en longeant la lisière du bois. S’il sortait de nulle part, il aurait le même problème que si on l’avait vu en haut de l’arbre. Sa chasse avait quand même tourné court… Mais au moins, il y avait plus d’action que les fois précédentes. D’habitude, il ne chassait que les oiseaux, bien plus difficiles à toucher que les cibles terrestres car utilisant les trois dimensions. Généralement couché et regardant le ciel, il n’avait jamais cru que ça serait un jour lui la proie. Il entra rapidement dans la maison du soldat et reposa tout le matériel. Il garda les deux flèches pleines de sang qu’il avait retirées du cadavre du sanglier volant. Il faudrait les nettoyer, il les rapporterait plus tard. Au final, il n’en avait perdu une ce qui était un bon rendement au final. D’habitude, quand il touchait un oiseau, ceux-ci s’écrasaient dans les arbres et impossible de remettre la main dessus. Il glissa les deux flèches à sa ceinture et quitta la maison par la fenêtre. Comme elle était construite face aux autres, personne ne le verrait. Gerheim réfléchit. Le repas venait de s’achever, les gens allaient se mettre en tenue afin d’aller travailler. Sa blonde allait prendre son tour sur la mise en tonneau tandis que son rival serait sûrement exempté de travaux grâce à sa bonne action de la journée. S’ils étaient ensemble, il le verrait obligatoirement. Il en vint à se demander ce qu’il ferait si cela était vraiment le cas. Saurait-il se contrôler ? Il s’interrogea même sur ses deux tentatives d’abattre son ennemi. Etait-ce ça son passé ? Les gens de son espèce étaient-ils des tueurs ? Gerheim en doutait, des gens différents des hommes ne pouvaient pas être mauvais. Sa couleur de peau virant vers le noir laiteux en était pour lui la preuve. Oubliant ces pensées-ci et décidant de les remettre à plus tard, il chercha sa promise. @+ -= Inxi =-
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Héhé... Machiavelique.... Chapitre 16 Gerheim avait été recueilli vingt-deux ans plus tôt par un couple de roturiers dans une sombre forêt à une dizaine de kilomètres de la ville côtière la plus proche. Le père était un homme plutôt petit et brun. La mère avait les mêmes cheveux que son mari et le dépassait d’une bonne tête. C’était plutôt elle qui dirigeait le couple que son homme. Situation plutôt particulière dans le village dans lequel il vivait. Gerheim n’avait jamais eu une vie comme tout le monde. Il était vieux, bien plus vieux que la majorité des humains. Il le savait mais personne n’aurait pu le lui expliquer. Pourquoi il avait de si longues oreilles et pourquoi sa peau tirait vers le sombre. Il ne se rappelait plus comment il était avant sa découverte, ses seuls souvenirs remontaient à sa pseudo adoption. Il avait été recueilli alors qu’il n’était pas plus grand qu’un adolescent humain. Ses longs cheveux corbeaux l’avaient protégé des questions pendant un certain temps. Ses parents n’avaient pas réussi à abandonner ce petit être caché entre les racines d’un gros chêne. Les différences n’étaient pas bien vues mais les siennes n’étant pas flagrantes, ils prirent le risque. Sa peau noirâtre n’étant visibles que si on se concentrait vraiment dessus. Ses parents n’étaient pas non plus à même de lui dire qui il était. Personne ne s’était manifesté à la recherche d’un fils disparu et l’enfant ne portait rien d’autre que des vêtements usés. Gerheim avait été un enfant solitaire, plus expérimenté que les plus vieux adultes mais aussi matures que les garçons de son âge. Ses parents vivaient dans des conditions plutôt moyennes, le père était un marchand ayant son atelier dans le centre d’une petite ville et sa mère s’occupait d’un lavoir tout proche. Le père de Gerheim tirait sa force de son courage, ou de sa folie disaient certains… Même à quelques kilomètres de la ville, les lieux étaient si dangereux que peu de gens risquaient de faire le voyage. Le père se servait d’un convoi qui faisait l’aller-retour entre la ville et le village, un convoi mis en place une fois par mois. Il revenait généralement le mois d’après avec un convoi similaire. Sa mère prenait souvent part au voyage abandonnant Gerheim au soin d’une amie de la famille. C’était un enfant très silencieux, il ne parlait que froidement, toujours avec une pointe de cruauté au coin des lèvres. Pourtant, au fur et à mesure des années, il commença à devenir plus humain. Son passé, enfoui inconsciemment par sa mémoire sûrement pour une bonne raison, l’handicapait de moins en moins et il avait pratiquement appris à faire confiance. Il reçut aussi une éducation, avec les autres enfants, du seul prêtre du village. Gerheim s’était toujours demandé comment il avait atterri ici. Quelqu’un de sa condition aurait dû avoir plus qu’un simple village de roturiers. On y mangeait assez et la vie n’était pas trop désagréable mais il y avait forcement mieux ailleurs. Leur village, d’environ cinq cents habitants, était réputé pour un brassage très particulier de la bière. Ainsi, tout le village vivait directement ou indirectement de cette production. Sur la base d’un troc, les habitants échangeaient cette bière contre d’autres matières premières. Ainsi le village avait décidé de ne travailler que les après-midi se laissant le reste du temps à leurs loisirs… assez restreints, il est vrai. Gerheim en avait donc profité pour apprendre à lire, à écrire et prendre quelques cours d’escrime avec un soldat retraité. C’était vraiment l’activité qui lui plaisait le plus et à entraînement égal, il était meilleur que n’importe qui. Sa haute taille compensée par sa mince silhouette ajoutée à sa rapidité faisait de lui bien des jaloux. Gerheim était assez beau, d’une beauté étrange et attirante. Son long visage sans défaut et ses yeux profonds avaient déjà conquis plus d’une demoiselle dans le village. Mais cette perfection, seulement due au fait qu’il n’était pas humain, n’était pas acceptée par tous. Plus d’un le raillaient dans son dos sur ses origines mystérieuses. D’autres l’exclurent à cause de sa fragilité apparente tandis que les autres ne s’en souciaient même pas. La force de Gerheim était une patience sans borne et un caractère froid comme la pierre. Malgré cela, il se prit d’affection pour une fille de son village. Une belle blonde aux courbes gracieuses. Gerheim la trouvait jolie pour une humaine. Il n’était pas le seul de son village… Un autre groupe de garçons, qui régnait un peu en maîtres de leur âge sur la région, s’était épris du groupe de filles auquel appartenait cette jeune demoiselle. Evidemment, le garçon qui dirigeait ce groupe, aussi autoritaire que son père qui dirigeait ce village, faisait la cour à cette jolie blonde. Depuis la découverte de ce point commun, la rivalité entre les deux jeunes hommes n’avait eu de cesse d’augmenter. Gerheim partait avec un désavantage, il était seul et isolé, d’autant plus quand ses parents n’étaient pas là. Depuis, il y avait une sorte de guerre cachée entre eux où chacun répondait à l’autre par une attaque plus méchante que celle qui venait d’être faite. Sans le savoir, Gerheim s’isolait de plus en plus car l’autre ne se gênait pas pour raconter les histoires à sa façon et mettre les gens dans sa poche. La dernière confrontation en date avait été que l’autre avait empoisonné sa nourriture avec de puissants laxatifs la veille d’une chasse importante. Gerheim avait passé la journée dans un buisson. En retour, il avait badigeonné son lit avec un résidu de plantes extrêmement urticantes. Il avait subi les méandres de leur effet pendant près de deux jours. Mais à chaque fois que l’un accusait l’autre, il se trouvait qu’ils avaient toujours des alibis parfaits. Gerheim craignait néanmoins que cette petite guerre ne finisse par le démasquer et que tout le monde apprenne sa différence. Il était constamment sur ses gardes et pour l’instant, cela passait inaperçu. Sa différence ne passant que pour de la perfection, aussi bien physique que martiale que mentale. Ses parents repartirent ensemble pour cette grande ville où Gerheim n’avait jamais été invité à aller. Cela se passa six mois avant que Loriol ne soit mordu. C’était un jour comme un autre de la semaine, on mangerait d’ici deux heures et Gerheim était assis sur un rocher qui surplombait la rivière. D’une main il grattait la pierre avec un bâton trouvé par là tandis que l’autre maintenait sa tête. De l’autre côté de la rivière, les autres garçons jouaient avec une sorte de balle faite d’osier. Celui qui la portait devait traverser le terrain tandis que les autres devaient l’en empêcher par tous les moyens. Un peu plus loin, sous un groupe de larges hêtres, les filles parlaient en regardant d’un œil distrait les garçons jouer. Ils devaient en être à leur cinquième partie et cela devenait plus violent et confus. En tant que fiers représentants de leur village, à chaque pause, ils ne buvaient pas que de l’eau… Ils étaient tous torse nu, complètement éméchés et se jetant sur le porteur avec de grands rires et mouvements désordonnés. Gerheim soupira, ils étaient vraiment stupides. Intérieurement, il était jaloux d’eux qui attirait le regard de ces demoiselles tous les matins... Il pouvait voir les adultes au loin monter les tables sous un grand chapiteau ouvert sur les bords. Le village était à une centaine de mètres de là, il pouvait rester sans surveillance. Rares étaient les étrangers : Même inexistants. Soudain une passe, ratée à première vue s’envola vers Gerheim. S’il n’avait pas levé les bras, il aurait pu la prendre dans la tête. Il la fit tourner dans ses mains en se demandant quoi en faire. Sa première pulsion fut de vérifier si cette balle flottait et qui savait nager pour aller la chercher. Il n’eut pas le temps de mettre son idée en pratique qu’on lui lança : -Viens jouer, l’asticot ! C’était la première fois qu’on lui proposait de venir jouer. Mais il se doutait que ce n’était pas par sympathie qu’on lui demandait de venir. Sa frêle constitution était un véritable handicap pour ce jeu et une fois qu’il serait mis à terre, ils n’hésiteraient pas à le réduire en bouillie. Gerheim allait renvoyer la balle et exprimer son refus quand il vit au loin que tout le groupe de filles s’était tourné vers lui et attendait sa réaction. Sentant son cœur s’accélérer et sachant qu’il faisait une erreur, il accepta le défi sous les sourires des uns et des autres. Heureusement qu’il n’avait pas que des ennemis parmi les joueurs. Gerheim sauta prestement de son rocher et traversa la rivière à l’aide des cailloux qui dépassaient de l’eau. En majorité, la rivière n’était pas très profonde, juste assez pour recouvrir un enfant d’une douzaine d’années. Gerheim avait l’eau à hauteur de poitrine. Mais pas la peine de se mouiller, il s’était assis près d’un gué. Il rejoignit maladroitement les autres joueurs sous le regard de plus en plus intéressé des autres filles qui n’avaient jamais vu ce garçon-ci à l’œuvre. -Tu ne te mets pas à l’aise ? Demanda un des adolescents que Gerheim savait sous-fifre de son adversaire. Celui-ci était en pleine conversation avec trois autres de ses amis. Gerheim regarda sa tenue. Il portait un ample pantalon blanc qui n’allait sûrement pas le rester. Son haut était tout aussi large et était fait d’un tissu bleu. Ses cheveux étaient maintenus à sa tête par deux ficelles discrètes. Cela lui avait toujours garanti une certaine protection. Gerheim reçut le ballon. Encore une fois, ça avait été dans le but de le blesser mais il l’avait vu venir. Il s’écarta à l’autre bout du terrain pendant que les autres joueurs se mettaient en place. Les neuf autres joueurs se disposèrent en demi-cercle au centre même du terrain. Il occupait autant d’espace qu’il en laissait entre eux et les deux bords. Il y avait donc de la place et Gerheim comptait passer par là. -Un aller et un retour ! Ca sera les seules règles ! Cria quelqu’un que ne vit pas Gerheim. Gerheim se mit en position. La partie devrait être assez simple. Il était plus vif qu’eux, surtout maintenant qu’ils étaient saouls. Le seul problème fut qu’il devait les passer une première fois puis revenir. Aussi bien il pourrait les avoir par ses feintes la première autant le retour allait être plus difficile. Il s’élança ses habits bruissants à chacun de ses pas. Gerheim décida de passer sur le centre de la formation. Voulant à tout prix ne pas perdre, son adversaire se mit derrière l’arc de cercle et leur ordonna de se rapprocher. Gerheim en profita pour s’échapper à gauche. La plupart ne purent pas suivre. Seuls deux d’entre eux pouvaient encore attraper Gerheim qui se rapprochait du côté en courant. Le plus proche se jeta et tenta de faucher Gerheim aux genoux mais d’un bond astucieux celui-ci l’évita et l’autre roula en boule pour éviter de se faire mal. Le dernier attendit Gerheim à l’arrivée de son saut Mais ce dernier tomba au sol et avec l’élan, passa sous les jambes de son adversaire direct qui n’esquissa pas un mouvement. Il se retourna pour vérifier que c’était vraiment arrivé et ne vit que Gerheim s’enfuir vers la première partie de son objectif. Un cri de rage fut poussé par quelqu’un qui n’était qu’autre que son rival. Cela fit sourire notre champion qui atteignit le point de retour et faisait à nouveau face à ses adversaires. Ce coup-ci, ils s’étaient étalés sur toute la largeur du terrain. Cette tactique était simple, Gerheim allait prendre une direction et ceux qui en étaient éloignés passeraient derrière lui afin de l’encercler. Derrière lui, le porteur du ballon entendit des applaudissements. Les filles étaient charmées du spectacle qu’elles voyaient et de l’agilité du nouveau joueur. Cela énerva le rival de Gerheim qui se pencha pour faire quelque chose qu’il ne vit pas. En tout cas, cela remonta le moral du chassé, car tel était le nom de celui qui avait la balle. Gerheim réfléchit un instant et estima qu’il aurait plus de chance du côté de la rivière. S’il la longeait assez rapidement, personne n’essayerait de plonger de crainte de finir au fond de l’eau. Les joueurs adverses approchèrent. Gerheim s’élança et courut le plus rapidement possible en direction de la rivière. Les autres suivirent son exemple, et refusant de perdre, suivirent son rythme effréné. Il était encerclé mais il avait encore le temps de passer dans un trou de souris, entre l’eau et le fils du vendeur de chevaux. Gerheim donna un coup de rein et accéléra. C’était juste mais il passait, il était à plus d’une longueur de bras de son adversaire direct. Juste derrière, son rival avait les traits déformés par l’effort et la colère de se faire ridiculiser. Gerheim reporta son attention sur sa course et regarda le terrain libre qui s’étendait devant lui. Soudain, une douleur lui vrilla les tympans. Il chuta au sol ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait. Il avait mal du côté gauche du visage et en ouvrant les yeux, il pouvait voir à quelques pas de lui, un caillou gros comme un poing. Gerheim ne mit pas longtemps à comprendre comment il avait été arrêté. Rapidement il se tint la joue qui le lancinait tout en ne pouvant pas retenir quelques gémissements. Juste au-dessus de lui, un visage habillé de son plus cruel sourire apparu. Sans hésiter, Gerheim frappa la tête de celui-ci d’un coup de pied bien placé. Son bourreau tomba au sol mais se releva bien vite. Les deux combattants se firent face et l’autre lui fonça dessus profitant de muscles dont ne pouvait pas se vanter Gerheim. Les deux protagonistes tombèrent dans l’eau. @+ -= Inxi, à partir de samedi, retour à un rythme hebdomadaire =-
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Ah mais 'uais !!!! Toi, tu écris dans une période de haut-moyen âge Alors que moi, quand je pense warha, j'imagine plutôt.... 11ème siècle utilisait reçut sur le me ? Bon, pas mal de fautes pour un si petit passage Pas trop gênant mais si je suis étonné des fautes que j'ai vu ! Je m'attarde pas trop sur les mots d'habitude. Enfin on s'en moque un peu de ce que je balance L'histoire... Un nouveau personnage pour une nouvelle partie, ça me rappelle quelque chose, je fais la même chose au même moment Même si la suite sera demain en milieu d'aprem ! Donc, une fille comme nouvelle héroine : un des personnages de la première partie vu en flashback peut etre ? Ou alors vraiment un nouveau qui viendra Dieu seul sait comment dans l'intrigue ! Alors suite ! @+ -= Inxi =-
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Comme j'ai un peu de temps ! Voici encore une suite !!! Donc la dernière avant que nous changions de personnage Chapitre 15 Loriol avança en direction de la bibliothèque avec un rythme soutenu, toujours avec cette crainte d’être intercepté par les gens qui l’avaient agressé. Mais ils avaient à priori décidé de le laisser en paix le jour même. Loriol n’eut guère de mal à trouver l’édifice en question. C’était un bâtiment rond qui prenait le centre d’une place que le loup n’avait jamais vue. L’édifice était assez imposant et semblait ne contenir qu’une pièce gigantesque. C’était le plus grand bâtiment qu’il eut jamais vu. Au moins l’équivalent de cinq fois le quartier général des soldats en hauteur. Une entrée été devancée par de massives colonnes qui soutenaient une sorte de petit toit. Loriol se demanda évidement comment un tel édifice ne s’était jamais écroulé. Il y a avait également un portail de taille proportionnelle à l’édifice dans laquelle avait été rajouté une porte de taille humaine. Une grosse coupole recouvrait le bâtiment, cette dernière avait été recouverte de petites plaques d’or ce qui envoyait des reflets équivalents à ceux du soleil sur toute la ville. Maintenant, il se posait deux questions. Pouvait-on entrer dans la bibliothèque librement ? Et une fois entré, comment faire pour trouver les informations lui qui ne savait pas lire. Pour cette deuxième question, Loriol avait prévu de l’argent et ses muscles. Si le premier ne marchait pas, il pourrait toujours se montrer persuasif. Il avança vers la bibliothèque et agrippa le premier homme venu. L’homme fut saisi avec tant de force qu’il ne chercha même pas à protester. Fort de son entrée en matière, Loriol posa sa question. -Est-ce qu’on peut entrer dans la bibliothèque comme on veut ? L’homme commença par bégayer avant de se reprendre. -Oui, je crois ! Il y a juste des parties interdites aux gens ! Loriol le lâcha en le poussant en avant. Cela le dissuaderait peut-être de raconter ce petit passage à des gens malveillants. Il emprunta l’entrée et effectivement, personne ne le dissuada de le faire. La bibliothèque était aussi impressionnante de l’intérieur et l’impression de grandeur était encore plus marquée. Il y avait plusieurs étages qui faisaient le tour de l’édifice comme de petites mezzanines. Sur celles-ci étaient posées des rangées d’armoires perpendiculaires aux étages. Il devait y avoir des milliers d’ouvrages et Loriol se demandait bien comment il allait trouver. Entre chaque étage, il y avait de grandes fresques représentant à peu près toutes les scènes qu’une imagination pouvait produire. Cela allait des scènes de bataille, à des repas dans de grandes salles, des défilés dans la rue et encore moult autres. Loriol perdit dix minutes à tout regarder, émerveillé, avant de se rappeler pourquoi il était là. Il monta le premier étage, au moins pour se repérer. Les escaliers étaient creusés dans les murs et étaient assez petits, il n’était guère probable que deux personnes puissent passer de front. Quand il voulut monter au deuxième étage, il vit que tout les accès étaient fermés par une grille en fer munie d’une petite serrure. Il se rendit vite compte en tirant dessus qu’elle ne céderait pas sans qu’il se transforme. Même une fois en haut, il aurait été trop risqué de se faire attraper et qu’il retourne en prison. Il fit rapidement le tour de l’étage mais ne sachant lire, il ne comprit pas de quoi traitaient les ouvrages. L’édifice n’était guère rempli, une dizaine de personnes tout au plus. Loriol en entendait d’autres au dessus. Quelqu’un arriva dans son dos. C’était un homme qui dépassait Loriol d’une demi-tête. Il était maigre et portait une longue robe verte sertie de fils dorés qui cachait son anorexie. C’était typiquement le type de personnages que Loriol s’imaginait travailler dans un endroit où il y avait des livres. Pourtant deux guerriers consultaient un ouvrage au rez-de-chaussée et cela l’étonna. L’autre vint lui parler. -Sire n’a pas l’air d’utiliser sa cautelle. Loriol se demanda alors s’il ne devait pas le lancer par-dessus bord pour son impudence. Il n’était pas très érudit mais il savait que l’autre venait de vanter son ignorance… Il fit néanmoins abstraction d’un tel manque de respect. -Je cherche un ouvrage ! -Evidement, vous ne cherchez pas à manger ! Répondit le bibliothécaire avec d’amples mouvements de bras. Quel type ? Loriol respira un bon coup et se calma. L’homme mettait sa patience à rude épreuve. Maintenant il devait dire qu’il cherchait quelque chose sur les hommes loups sans qu’il ne se doute de rien. Il trouva une solution risquée. -Je travaille pour notre Sainte Inquisition. L’homme recula pratiquement imperceptiblement. -Je suis un homme de terrain mais on m’a envoyé chercher des informations sur un homme loup qui sévirait au sud d’ici. Le bibliothécaire fit un signe de protection et baragouina des prières. -Je vais vous trouver ça ! Dit-il immédiatement. Loriol s’en contenta et s’appuya contre la rambarde. A l’opposé, il vit l’homme en longue robe verte monter les étages. Il en vint à se demander comment un homme pouvait porter des robes sachant que pour l’instant, il n’avait vu que des femmes en porter. Il reporta son intention sur les guerriers qui étudiaient une carte. Avaient-ils l’intention de partir à l’aventure ? De réputation, seuls les voleurs vivaient hors des murs des villes. Peu de gens étaient assez fous pour sortir des enceintes. De l’autre côté, un homme rangeait des livres sûrement empruntés. Le travail étant inintéressant, Loriol reporta son attention sur les peintures vraiment fascinantes de l’endroit. Il regarda surtout celle au plafond. Elle était divisée en quatre parties complètement différentes. L’une d’elles représentait un ciel orageux où une forme blanche volait avec grâce. Une autre partie représentait une montagne où un concentré de rochers semblait avancer. La troisième était une vaste étendue de glace où un palais tenait le choc face à un déluge de neige. Et enfin avait été peint dans la dernière partie un volcan en irruption où l’on pouvait voir une silhouette noire se découper devant la roche en fusion. Loriol était vraiment obnubilé par cette peinture qu’il regarda longuement avant que le bibliothécaire ne revienne avec deux ouvrages sous le bras. -Tenez, voici ce que nous avons ! Dit l’homme. Loriol lui donna une pièce d’or en espérant que cela suffise. D’après le regard de l’homme, cela avait suffi largement. -Pouvez-vous me lire les passages importants, demanda l’homme loup sans se rendre compte de son erreur. -Ne doit-on pas savoir lire pour travailler avec l’inquisition ? Rétorqua le bibliothécaire soupçonneux. Loriol attrapa les livres avant que l’homme ne les mette hors de sa portée. -J’ai des problèmes de vision et je suis pressé ! Démasqué, il quitta le lieu avant que le bibliothécaire ne se rende compte qu’il avait menti. La pièce qu’il lui avait donnée suffirait sûrement à le faire taire. Dans une hiérarchie de pouvoir, l’argent est général, comprit Loriol. Il retourna sur la place où il cacha ses livres dans sa ceinture. Autant ne pas éveiller les interrogations de personnes qui le surveilleraient. Il comprit soudain que si on l’avait vu entrer, ils pourraient aller poser des questions. Loriol hésita à aller tuer le bibliothécaire. Ca lui ferait du bien de se défouler un peu. Il se dit qu’il avait déjà assez perdu de temps et comme les ouvrages étaient uniques, les membres de l’organisation n’apprendraient rien en le questionnant. Si ce n’était ce qu’ils savaient déjà. Il rejoignit la taverne où le patron vit les reliures des livres dépasser. -J’espère que tu ne les as pas volés ! Loriol baissa la tête et fit signe que non comme un enfant qui se faisait réprimander. Il lui demanda de quoi parlaient ces livres et l’homme loup lui dit qu’il faisait des recherches sur ce tueur d’enfants, uniquement par curiosité. Loriol lui avoua également qu’il ne savait pas lire. Aussi excité qu’il pouvait l’être le tavernier fit un sourire édenté avant de proposer ses services pour déchiffrer les livres. Il était un peu lent à la lecture mais il voulait lui aussi en apprendre plus sur cette fameuse bête. Le patron prit les deux livres et disparut à l’étage sûrement dans le but de les mettre à l’abri. Loriol pendant ce temps ne sut pas trop quoi faire de sa journée. Il se mit à penser à son changement de vie. Avant il vivait dans un village, selon une vie pratiquement pré-écrite. Il avait tué ses parents ainsi que son village parce que c’était le sort qu’ils allaient lui réserver. Il avait néanmoins une maison, un rôle et une situation. Là, il était dans une ville qu’il ne connaissait pas. Vivant comme un moins que rien, exploité par des gens d’une honnêteté plus que médiocre. Il gagnait à peine de quoi vivre et sautait un repas sur deux tant le type de nourriture dont il avait besoin coûtait cher. Son ventre le tiraillait constamment mais au moins les enfants l’avaient calé un peu… Il fallait bien se l’avouer. Il vivait dans un vieil entrepôt froid dont le toit fuyait et il passait des nuits plus qu’inconfortables. En rajoutant à ça le fait qu’il avait des pertes de contrôle et envie de tuer à chaque fois qu’on le contrariait… Loriol avait quand même rêvé d’une vie meilleure. Il sortit prendre l’air et déambula dans la ville. Très rapidement il se perdit et cela ne le dérangea pas plus que ça. Il commençait à se faire aux nuits inconfortables… Il finit par arriver dans ce qui devait être l’une des artères principales de la ville. Une forte activité et du monde à ne plus savoir quoi en faire. Pourtant, une vision entraînée lui permit de distinguer les moindres détails de la foule. Tous les bijoux portés par les femmes, toutes les bourses qui pendaient, les vêtements que l’on entrevoyait, les armes qui décoraient les ceintures. Un détail le choqua néanmoins parmi cette foule compacte. Un chargement, un chargement dont Loriol n’aurait jamais imaginé retrouver trace. Ces mêmes caisses qu’il avait vues à son village plusieurs mois auparavant. Il crut rêver mais il bougea rapidement dans leur direction afin d’avoir une réponse qu’il n’aurait jamais cru avoir un jour. Rapidement, il esquiva la foule compacte. Se mettant de profil, se glissant dans les interstices, utilisant la moindre brèche pour se rapprocher des caisses. Loriol ne parvenait à voir qui les encadrait mais la foule semblait s’écarter sur leur passage. Plus il se rapprochait, plus la foule était opaque. A la fin, il était pratiquement obligé de rentrer violemment dans les gens pour se faire de la place. Les personnes protestaient, grognaient mais Loriol n’en avait cure, il devait rattraper ses caisses. C’était comme un but inaccessible… Les caisses disparurent à un croisement. Quand Loriol y arriva une petite minute après, ils avaient pris à gauche en direction de grands entrepôts. Il les vit à cinq cents mètres de là… enfin il allait avoir sa réponse. A la moitié du chemin et alors qu’ils avaient à nouveau tourné et qu’ils étaient hors de vue, une troupe de cinq soldats vinrent à sa rencontre. Tout d’abord pacifiquement mais deux lances lui barrèrent le passage tandis que les trois autres regardèrent avec un plaisir certain l’homme bloqué. Loriol tenta de se baisser en imaginant qu’ils ne faisaient ça que pour l’embêter. Mais les gardes l’empêchèrent toujours de continuer son chemin l’éloignant ainsi des fameuses caisses. Loriol sentit un certain énervement monter en lui. Il saisit les deux lances au milieu des hampes empêchant ainsi les gardes de les utiliser à mauvais escient. Devant ce retournement de situation ils grognèrent et essayèrent de les dégager. Loriol ne lâcha et se transforma qu’à moitié afin de se protéger des coups et rendre toute identification impossible. Les trois autres gardes continuèrent à rire devant le malheur de leurs coéquipiers ne pensant juste que Loriol les avait pris par surprise. Mais quand le visiteur cassa les deux lances d’une torsion de poignet et assomma les deux gardes avec les morceaux arrachés, leur hilarité se calma instantanément. Deux des gardes tentèrent de dégainer leurs épées tandis que le troisième, le plus jeune, recula effrayé. Loriol, bien plus rapide que ces gardes maladroits entravés par leurs armures, frappa les deux suivants à la tête les envoyant au sol. Le dernier prit la fuite mais Loriol se lança à sa poursuite et d’un bond, atterrit sur le haut de son dos le faisant s’écraser au sol. Il ne bougea plus et l’homme loup reprit sa forme normale pour continuer sa traque. Malheureusement, le temps que lui avaient fait perdre les gardes avait été trop important et il n’y avait plus de trace du convoi. Il était à un croisement formé par quatre entrepôts très similaires au sien. Une flaque avait creusé le centre ce qui était d’autant plus étonnant que le convoi aurait dû laisser des marques. Les chariots avaient forcement dû passer par cette fameuse flaque et laisser des traces à sa sortie. Mais là, il n’y avait rien… C’était comme s’ils avaient disparu. Loriol tenta de humer l’air pour remettre la main sur eux mais le mélange d’odeurs très fort dans cette partie de la ville l’en empêcha. Il soupira comprenant que ça ne serait pas aujourd’hui qu’il aurait sa réponse. Il se rassura néanmoins en se remémorant que c’était dans cette ville que les fameuses caisses étaient cachées et qu’il pourrait les retrouver. Il retourna à la taverne et s’assit à une table en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire. Même ayant sa journée de libre, il avait envie de prendre son service. La vaste salle ronde remplie de tables était encore vide ce qui lui laissait un peu d’intimité. Les chambres, visibles niveau de la mezzanine, n’occupaient que peu de locataires à cette heure-ci de la journée. Le patron émergea dans la cuisine après avoir entendu la porte claquer. -Ah, c’est toi ! Fit-il en voyant Loriol. J’ai commencé à lire les livres. J’ai déjà appris des choses intéressantes ! Tu savais que tous les soirs de pleine lune, ce monstre se transforme en une énorme créature avide de sang. Loriol avait envie de dire qu’il ne le savait pas mais il s’en doutait quand même un peu. Il venait juste d’apprendre qu’il se transformait, encore, les soirs de pleine lune. -Et tant qu’il ne le sait pas, il ne contrôle pas et n’a pas conscience de ce qu’il fait ! L’autre livre parle d’un médaillon qui pourrait contenir les effets de la lune et ainsi se transformer à sa guise. La transformation lunaire a donc l’air d’être mensuelle… Au moins, maintenant, il le savait et il espérait qu’il n’allait plus perdre le contrôle. Cette journée aura été forte en rebondissements, pensa-t-il en se balançant sur sa chaise. -Et les enfants ? Demanda Loriol. -Rien de nouveau, avoua l’autre. J’ai reparlé à mon ami marchand de l’autre jour et il m’a juste appris que le plus vieux des enfants avaient rejoint l’inquisition. D’après eux, son désir de vengeance leur serait très utile. Loriol n’ajouta rien et espéra que cet enfant oublierait sa colère… En attendant, il avait encore un peu de champ libre pour chercher ces caisses. Il pensa également fortement à ce fameux médaillon. @+ -= Inxi =-
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eurent retenaient protégée tous Mais la malédiction va-t-elle restée ? Je pense que non avec toutes les personnes capables de le soigner dans l'armée ! C'est vrai que ca pourrait être intéressant qu'il reste comme ça ! M'enfin pour une première attaque, ils s'en sont déjà pris plein la tronche A mon avis, les problemes ne vont pas s'arreter là ! Vivement la suite ! @+ -= Inxi, en 'no sound' c'est pas mal aussi =-
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la Furie typo rallié Moi, 1 332 583 Padawan Nous aussi !! J'envie de dire que oui mais après, je sais pas vraiment comment ils vivent l'appropriation de leur monde par un auteur étranger à chez eux. Donc tu peux essayer, si ca se trouve, tu ouvriras une brèche pour les auteurs talentueux. Ensuite, je pense pas que tu puisses sortir de cette édition tant tu es dans le monde de warhammer. Sur les autres maisons d'édition, tu vas te heurter aux copyright ! Pour l'histoire, c'est toujours aussi bien. Finallement, la friction vient des patrouilleurs eux même ! Ce qui en soi, se comprend ! J'aimerais pas non plus que quelqu'un dans un char d'assaut me demande de charger à ses côtés alors que je suis en vélo ( Quelle comparison ! ) Tu aurais pu pimenter le voyage mais c'est un choix, c'est pas vraiment un problème Ca m'a juste surpris de passer quatre jours d'un coup ;)Bon bah... vivement la suite ! @+ -= Inxi =-
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Bon, un 'tit problème SNCF ( pour changer ) et je me retrouve dans l'impossibilité d'aller en cours ! Moralité, un nouveau chapitre à la place ! Celui-ci sera sûrement l'avant dernier avant que je passe à un nouveau personnage. Je sais que l'histoire n'en sera que moins intéressante ( forcement, je change de perso quand les choses vont bouger ) mais une fois que tous mes personnages et la piste de l'intrigue sera mis en place, ca devrait être marrant ! J'espère qu'il restera des lecteurs d'ici là quand même Chapitre 14 Sans plus attendre, Loriol quitta la pièce en refermant avec précaution la porte. Le couloir était vide et c’était la seule porte dans les environs. Il était donc peu probable que quelqu’un l’ait vu. Le couloir était assez long et si quelqu’un arrivait, Loriol serait pris en flagrant délit. Comme si le hasard l’avait entendu, un groupe arriva et Loriol le sentit en même temps qu’il l’entendit. Dans l’impossibilité de faire autre chose et paniquant, il se plaqua contre le mur là où le couloir en coupait un autre. Des hommes en noir passèrent juste devant lui ne prêtant pas attention à ce qu’il y avait sur leur droite. Leurs capuches étaient bien trop grandes pour avoir une vision à cent quatre-vingts degrés. Ils ne faisaient aucun bruit et Loriol resta immobile, au moins aussi discret qu’eux. Il en vint à se demander comment il allait faire pour sortir de là. Surtout avec les empreintes tâchées de sang qu’il laissait derrière lui. Le groupe de moines commença à disparaître et Loriol décida de les suivre, de toute manière, il était complètement perdu. L’un d’eux sortit du groupe et le tueur d’enfants eut peur qu’il ne se tourne dans sa direction mais il s’arrêta simplement vers un lustre à trépied où il entreprit d’allumer toutes les bougies. Loriol tenait là une opportunité de sortie. Il suffisait de se déguiser en moine et personne ne lui poserait de question, enfin, il l’espérait. Il y avait seulement deux problèmes : Que faire du corps dans un édifice fait que de couloirs ? Et par où aller sachant qu’il était possible que tous les moines doivent aller à un moment précis faire… Loriol ne savait pas malgré ses réflexions… Faire des trucs de moine, termina-t-il pour lui-même. Il n’allait quand même pas garder le corps auprès de lui, continua-t-il de penser. Il eut beau chercher des solutions, il ne vit que celle-là. Il s’approcha de sa victime et l’assomma d’un coup sur la nuque. Loriol se glissa alors dans la soutane, dirigeant le moine comme une marionnette. Ce n’était guère pratique mais avec la tête penchée en avant, il espérait que ça suffirait. Il continua sa route jusqu’à déboucher sur une salle qui ressemblait à un réfectoire. Beaucoup de moines mangeaient, capuche abaissée tandis que de l’autre côté, deux gardes encadraient une porte ouverte sur l’extérieur. Loriol se demandait vraiment comment il avait fait pour entrer là-dedans. Loriol alla s’asseoir afin de retrouver quelques forces. Accrochés ensemble, personne ne semblait encore remarquer la supercherie. Maintenant, il pouvait soit attendre que quelqu’un découvre les corps et qu’il y ait un peu de pagaille, soit trouver une autre sortie. Avec la difficulté qu’avait eu Loriol à trouver celle-ci, il douta de remettre la main sur une autre rapidement. Il se releva et essaya discrètement de rejoindre la sortie. Les deux gardes lui bloquèrent la route à un mètre de la délivrance. -Votre parchemin, s’il vous plait… Demanda celui de droite. Loriol savait bien qu’il n’avait pas une telle chose sur lui, il avait fouillé les poches de l’homme. Il se retourna mais le garde ne lâcha pas l’affaire. -Ca va ? Vous semblez un peu endormi… Loriol pensait qu’on ne voyait pas le visage sous la capuche. Le garde devait voir une mâchoire entrouverte. Loriol lui fit faire un geste positif de la tête et fit demi-tour sans attendre son reste. Comme il allait assez vite, sa silhouette ne devait pas ressembler à grand-chose. Les regards commencèrent à se lever et les gardes avancèrent lentement à la suite de cet étrange moine. Loriol n’avait plus que faire de sa couverture et il courut sur les derniers mètres le séparant d’un nouveau couloir. Les gardes accélérèrent aussi l’allure. Rapidement, Loriol enleva la soutane en laissant le corps tel quel. Sur sa droite, un vieil escalier de bois montait vers la passerelle que l’homme loup avait vue et qui survolait la salle à manger. Il cassa la poignée et retourna dans cette salle où, ainsi perché, personne ne le regardait. L’alarme fut alors donnée. D’un seul élan, toute la salle se leva. Ce qui fut impressionnant, ce fut le silence dans lequel ils continuèrent d’évoluer. Ils allèrent néanmoins tous dans la direction des cris. La salle se vida du côté de la porte. Loriol sauta par-dessus la rambarde, manqua de fracasser la table sur laquelle il tomba, éparpilla les couverts et sortit tandis que les gardes dépassèrent la porte à laquelle manquait désormais une poignée. Loriol marcha vite dans la rue en faisant semblant de rien. Ils mettraient une bonne dizaine de minutes à se lancer à sa poursuite dans l’hypothèse qu’ils comprennent qu’il y avait un intrus et que le moine ne s’était pas tout simplement évanoui. A son réveil, là, ils sauraient. D’ici ce moment, Loriol avait le temps de disparaître et de prendre son service. Il lui restait encore quelques heures avant de commencer mais il préférait se rapprocher du lieu où il se sentait le plus en sécurité. Au summum de sa paranoïa justifiée, il décida de prendre une petite rue qui devait le ramener à une place jouxtant la taverne. C’était une des rares rues qui servait uniquement de passage, pas de portes, pas d’issues. Les toits étaient très rapprochés ce qui empêcherait Loriol de sauter dessus, l’espace étant insuffisant. Il y avait une mince couche de poussière sur le sol où on pouvait voir des empreintes incertaines et nombreuses. Loriol les vit disparaître en direction de la place. Il entendit le bruit d’une corde qui se tendait et comprit trop tard qu’il était dans un guet-apens. Une ombre cacha un instant le soleil au-dessus de lui. La pointe d’un carreau apparut furtivement sur la base d’une fenêtre. Plusieurs bruits de cœur faisaient résonner ses oreilles. Loriol allait tenter de faire demi-tour quand une douleur dans le bas de son dos le fit grimacer. -Ne te meus plus sinon tu seras transpercé par ma lame et par plusieurs carreaux. Loriol voulut regarder son agresseur mais la pointe de l’épée lui dissuada d’intervenir. Elle était peut-être capable de le tuer, il ne voyait pas si elle était faite d’argent. -Que voulez-vous ? -Ce que n’importe qui voudrait, se mettre un puissant allié de notre côté, dit l’homme. -Je ne suis pas celui que vous croyez… Loriol avança d’un pas et quelque chose siffla à son oreille lui arrachant une mèche de cheveux. Il se demanda si l’homme l’avait raté où avait prévu que le carreau ne fasse que le frôler. -Moi je crois que si ! Confirma l’homme d’une voix amusée. Tu n’es pas vraiment discret pour quelqu’un ayant un tel don. Loriol ne savait pas s’il bluffait ou alors s’il y avait vraiment quelqu’un qui l’avait vu. Lors de ses pertes de conscience, il ne savait pas comment il se déplaçait. Il joua néanmoins la carte de l’innocence. -Je vous jure que je ne sais pas de quoi vous parlez. Je viens d’arriver en ville et je viens à peine de trouver un emploi, vous devez faire erreur ! Tenta de se défendre Loriol. -Je ne pense pas… Un informateur t’a clairement identifié. Il est évident que la bête qui courait dans les rues hier soir était fort différente de celle qu’il avait lui-même vue. Loriol comprit que l’enfant l’avait dénoncé. Pourtant il décida de continuer à mentir. -Si j’étais une telle créature, ne penseriez-vous pas que je vous aurais déjà mis hors d’état de nuire ? L’argument sembla faire mouche et la pointe se planta un peu plus fort. -Avec les moyens dont nous disposons, nous pourrions vaincre une petite armée. Et tu dois te douter aussi que nous ne sommes pas venus discrètement, les gens pour qui nous travaillons auront confirmation de ce qu’ils pensaient et si tu ne veux pas coopérer, les autorités pourraient être mises au courant de ta dernière petite virée nocturne. Loriol hésita à tenter sa chance et tous les tuer. C’est ce qu’il aurait fait s’il avait su combien ils étaient. -Tu n’as guère le choix, tu dois nous aider. -Je persiste à dire que je ne peux pas faire grand-chose pour vous… Mais en quoi le travail aurait-il consisté ? -Des coups de main quand on t’aurait mandé, simplement… Loriol doutait que ces gens travaillent pour une organisation caritative. Dans d’autres circonstances, il aurait accepté mais il essayait de recommencer sa vie tranquillement, gérant sa malédiction comme il le pouvait. Ce fut ce qui amena son refus. -Bien, il faudrait peut-être que nous soyons plus convaincants. Loriol ne comprit pas ce qu’il voulut dire et quand il le demanda à voix haute, il se frotta au silence de la rue. La pression de l’épée avait disparu et il risqua un coup d’œil en arrière où il ne vit plus personne. Seule la pierre amochée par le carreau était une preuve que cela n’avait pas été un rêve. Loriol se concentra mais eut la certitude qu’il était seul. Il rejoignit la taverne sur ses gardes ne comprenant pas pourquoi ils étaient partis alors qu’ils le tenaient à leur merci. Le patron s’étonna de sa présence si matinale mais ne posa pas beaucoup de questions sachant que Loriol n’y répondrait qu’évasivement. L’homme loup ressassa les évènements toute la journée durant. Il tiquait à chaque fois que quelqu’un rentrait dans l’établissement en se demandant s’il travaillait pour ceux qui l’avaient agressé. Alors que la soirée commençait à peine, une troupe armée entra sans visiblement avoir envie de consommer quelque chose. Un homme les suivait et Loriol ne doutait plus qu’ils étaient là pour lui. Il tenta de sortir par derrière mais une main s’harponna à son épaule. -Asouage-toi… L’établissement est cerné. Loriol ne tenta pas de sortir en force, pas devant son employeur. Ce dernier était en pleine discussion avec l’homme qui avait sûrement conduit les gardes. Il était de taille moyenne et son embonpoint prouvait qu’il n’était pas né dans la rue. Il montra Loriol d’un hochement de tête et le tavernier salua son employé. Ce dernier se demanda ce que cette attitude voulait dire ? Est-ce que le patron était de mèche avec eux ? Il n’aurait pas de réponse ce soir, comprit-il. Loriol incrusta le visage porcin de celui qui l’avait dénoncé en se promettant de lui faire souffrir mille douleurs avant de mourir. Les gardes, aux habits noirs et rouges, lui demandèrent de les suivre sans créer de problèmes. Autant curieux qu’en colère, il les suivit sans se rebeller. Il aurait pu facilement s’échapper sans même se battre mais il fallait qu’il sache dans quoi on l’avait embarqué de force. Ils arrivèrent dans un endroit de la ville où les hommes armés se faisaient plus nombreux. Un vieux bâtiment sur la droite était assez glauque, trouva Loriol. Il n’y avait pas de fenêtre, une grosse porte en bois strié de fer gardait l’entrée et l’intérieur semblait sale et sombre. En face de lui, un plus gros édifice semblait bien plus accueillant. Il mesurait une centaine de mètres de long et était formé de trois étages. Sur le dernier, un majestueux balcon donnait une vue imprenable sur la rue et sûrement aussi sur la ville. Il y avait deux drapeaux de chaque côté de celui-ci et une phrase gravée à même la pierre au niveau du deuxième étage. Loriol ne savait pas lire et il ne réussit pas à déduire ce que c’était. Des patrouilles faisaient sans cesse le tour de l’édifice qui ressemblait à une petite place forte. Une dizaine de marches grimpaient jusqu’à l’entrée qui n’était qu’une porte de bois finement ouvragée. Loriol comprit que c’était plus décoratif et que ce bâtiment devait être le quartier général des soldats. On le poussa sans ménagement vers la grande grange. Les gardes à l’entrée ne lui jetèrent pas même un regard. Comme Loriol l’avait vu, il n’y avait pas beaucoup de lumière. La pièce était remplie de trous dans lesquels on pouvait entendre, parfois, quelques soupirs ou petits cris. Loriol ne comprit que trop tard qu’on allait le mettre dans un de ceux-ci. Il allait courir quand on le poussa violemment. Il n’eut d’autre choix que de chuter et de s’écraser au fond. Loriol maudit sa naïveté et curiosité infantile : il s’était lui-même jeté dans ce piège à rats. Désormais, il ne pouvait plus sortir sans annoncer à la ville que l’homme loup était là. Il aurait rapidement l’inquisition sur le dos. Après une dizaine de minutes, un homme se pencha au-dessus de son trou. Il semblait fatigué et peu intéressé par la tâche qu’il allait faire. Il sortit un parchemin d’un vieux sac et le lut : -Vous êtes accusés du meurtre de cinq enfants dans le saint monastère de la ville. Vous êtes donc condamnés à rester enfermé jusqu’à la délibération de votre sort. L’homme partit sans même laisser le temps à Loriol de répondre. Il ne pourrait pas mourir, il le savait, il fuirait avant. Les hommes avaient tenu parole et l’avait dénoncé. Il aurait peut-être dû les écouter. Il médita sur son sort jusqu’au lendemain matin. Sans s’en rendre compte, il avait réussi à s’endormir dans ce trou crasseux. La terre était de consistance bizarre ce qui laissait supposer que le précédent locataire de la cellule avait dû succomber récemment dans l’attente de sa condamnation. La grille de fer était inaccessible et les parois trop friables pour espérer les escalader. Loriol était coincé. Pourtant, une heure après, quelqu’un lui rendit encore visite dans la prison. Celui-ci ne se montra pas mais Loriol reconnut la voix de l’homme de l’autre soir. -Tu es libre, un homme s’est mystérieusement rendu aux autorités en avouant le meurtre des enfants. Tu es donc innocent. -Attends ! Pour qui travailles-tu ? Loriol n’entendit pas de réponse. Un garde passa sa tête couverte d’un casque complet au-dessus des grilles. -A qui babilles-tu ? Demanda-t-il. -N’y avait-il personne dans la salle ? Le garde leva la tête. -Non ! Tu es libre, on a trouvé le vrai coupable. Fais-nous donc de la place. Le garde fit descendre une échelle que Loriol se hâta d’utiliser. L’autre enleva le grossier morceau de bois et disparut dans l’édifice. Loriol le quitta de l’autre côté. Cela faisait du bien d’être dehors même s’il n’avait pas compté rester toute sa vie dedans. En tout cas, cela lui avait servi de leçon. Premièrement, il devait absolument éviter de croiser cette organisation ce qui allait sûrement être impossible. Deuxièmement, il devait tuer celui qui l’avait dénoncé. Et enfin, il devait savoir pourquoi il avait ses pertes de conscience. Il avait un programme chargé qui commencerait par une visite à la taverne afin de savoir s’il y travaillait toujours. Il s’attendit à être arrêté à chaque croisement mais il rejoignit la taverne sans encombre. Il poussa la porte d’une auberge vide. Les odeurs de nourriture montaient des cuisines et Loriol alla rejoindre le patron. -Ah te voilà ! Tu m’as caché des choses ! Commença-t-il. -Je peux tout expliquer ! Commença Loriol dépassé par la réaction de son employeur. -Je suis fier de toi ! Loriol restait sans voix. Il eut envie de s’étonner sur ce monde de fous. -Tu as bien fait de dénoncer ce voleur ! Dommage que ta déposition ait pris toute la nuit. Loriol comprit que les voleurs avaient couvert sa petite visite des geôles de la ville. Ils étaient gagnants sur toute la ligne car Loriol ne pouvait plus s’insurger contre leur démonstration qui ne l’avait fait que juste réfléchir. Il n’avait rien perdu et toutes représailles seraient injustifiées. Loriol continua néanmoins d’avoir envie de tuer l’homme en retour de ce séjour dans la cage. Il sourit en pensant à sa souffrance. -Je te donne ta journée ! Annonça le patron ayant fini son monologue. Loriol ne dit rien. Cela lui permettrait d’aller se renseigner. -Quand on cherche des informations, où va-t-on ? Demanda Loriol. -Ici ! Sourit le patron en remuant sa marmite. Ca me fait penser qu’on m’a rapporté que les enfants dont on a parlés hier, et bien… ils ont été tués ! Il n’en reste que trois… Chacun caché dans un endroit secret ! Cela rassura qu’à moitié Loriol. Maintenant qu’il savait ça, ces enfants étaient en danger de mort. Il fallait vite qu’il contrôle son inconscient avant qu’il ne les tue. -Mais sinon, tu peux aller à la bibliothèque ! Suis le chemin à droite en sortant, ça t’y conduira directement. Loriol se mit en route afin de découvrir ce qu’il lui arrivait. @+ -= Inxi =-
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Vous l'attendiez et moi aussi : la suite ! Je pensais jamais y arriver !!!! Chapitre 13 L’ivrogne avança, chope à moitié remplie, titubant toujours autant en direction du videur, assis sur sa chaise. Il le regarda comme s’il venait d’un autre continent et s’assit sur ses genoux en l’enlaçant pour mieux lui parler. Loriol se mit dans un coin plutôt vide de la pièce et s’assura du coin de l’œil que le patron suivait la scène des yeux. Le soûlard continuait de parler ce qui, à coup sûr, n’avait de cesse d’exténuer l’autre protagoniste. Il l’aida soudain à se relever gentiment ce que l’éméché prit paradoxalement pour une insulte. Il lui dit quelque chose qui ressemblait fortement à l’injure qu’il avait dit à sa table. Le videur ne put se retenir, même se sachant observé par son mandataire, et frappa d’une claque puissante le grossier individu. Même si le coup porté n’avait pas pour but de blesser, il fut donné avec tant de force et l’individu en face ne tenant plus sur ses appuis, que ce dernier s’écroula sur une table, brisant une partie d’un jeu quelconque. Les dés n’avaient pas fini de rouler que les poings entre les joueurs s’abattirent rompant ainsi une tension qui s’était accumulée avec l’alcool et les suspicions de triche. Le videur voulut arrêter la bagarre qu’il avait lui-même lancée mais sa taille commune ne lui permit pas de mettre sa volonté en œuvre. Les clients, pour la plupart fort heureux de pouvoir se défouler, se lancèrent avec plaisir dans la mêlée. Au départ, cela ne restait qu’un endroit où une lutte de plusieurs dizaines de corps essayait de montrer qui était le plus viril de tous, même avec les quelques femmes qui se battaient. Ensuite, le combat se dissipa en quelques groupes à travers la salle où les chaises, les tables et les autres clients servaient d’armes. Heureusement, ils étaient encore assez lucides pour ne pas sortir leur vrai arsenal. Loriol, voyant que le combat s’était écarté de lui, s’approcha du patron qui ne savait plus où donner de la tête et qui contemplait la scène avec dégoût. Le loup homme vit rapidement que celui-ci étreignait une hache, prêt à s’en servir au moment où quelqu’un voudrait profiter de la confusion pour venir se servir. -Avec la promesse de travail, je vous arrête cette bagarre ! Cria Loriol par-dessus le tumulte. Le tavernier le regarda lentement, à la fois pour se souvenir que c’était lui qui l’avait prévenu quelques minutes auparavant et aussi pour être sûr de n’avoir pas rêvé la phrase. -Tout ce que vous voudrez mais arrêtez-les ! Loriol enjamba un homme évanoui, s’approcha de la sortie et ouvrit la porte. Il se dirigea ensuite vers un couple de combattants et attrapa le premier par le col comme l’aurait fait une mère chat avec l’un de ses petits. Il fit lentement demi-tour et le jeta comme une poupée de paille par la porte où il finit par une roulé-boulé sur les pavés de la rue. Quand Loriol se retourna, il vit que l’autre homme était désormais assis à l’opposé de la porte, sagement en train de fixer un mur. L’humain réprima un sourire et s’occupa d’un autre groupe. Une fois ce ménage fait, les combats s’arrêtèrent d’eux-mêmes, les bagarreurs peu envieux de subir le même sort que ceux qui gisaient dans la rue. Loriol les força même à remettre un peu d’ordre dans la pièce. Il évacua aussi les hommes au sol qui avaient perdu connaissance, dont l’ancien videur faisait parti. -A la prochaine ! Murmura Loriol en lançant l’homme sur une pile d’une dizaine d’individus. L’aubergiste lui dit de prendre ses fonctions dès à présent alors qu’il allait voir la garde afin que les belligérants passent une nuit à méditer sur ce qu’ils avaient fait. Loriol sonda la pièce et réfléchit lui aussi à ce qu’il venait de se passer. Au départ, il n’avait seulement pas aimé que l’ancien videur lui demande de partir et son seul but en déclenchant cette bagarre avait été de récupérer la chaise. Il n’avait saisi l’opportunité du travail qu’au moment où on le lui avait proposé. A partir de là, il n’avait ouvert la porte que pour faire un peu d’air et aussi attendre que les combattants se fatiguent. Il prenait moins de risque à ce que quelqu’un le touche même si des matières argentées n’étaient pas en possession des combattants. Condition à laquelle Loriol ne serait même pas intervenu. Maintenant assis en équilibre sur son vulgaire tabouret, le nouveau videur du lieu regardait, sans réellement prendre à cœur son travail, que personne ne trouble un équilibre encore fragile. A la fin de la soirée, le patron vint le voir, le torchon servant à nettoyer les tables encore tout humide. -Une soirée conchière, hein ! Mais bon, ta présence a pas eu l’air de dissuader les derniers trouble-fêtes ! Je les ai vus revenir après que la garde soit passée ! -Cela changera ! Déclara Loriol avec un petit mouvement de tête. -Oh ! Tu es bien mystérieux comme écuyer, abandonna l’aubergiste de nouer une conversation. Tant que tu cravaches dur, moi je te paye. Il se releva du banc et commença son ménage. Par politesse, Loriol demanda s’il pouvait aider. A son grand soulagement, l’homme le congédia et lui demanda d’être là le plus tôt possible le lendemain après-midi. Le videur ne prit pas la peine de répondre vu qu’il ne savait déjà même pas où dormir. Il allait sûrement redormir tel un marin ivre au milieu des cordes et il serait réveillé avant même le soleil. Il n’osa pas demander à son mandataire s’il savait où il pourrait dormir de peur de faire mauvais genre. Quand Loriol mit le pied dehors, il remarqua l’absurdité de sa remarque. Il faisait presque jour, preuve que les pêcheurs devaient être déjà en activité. Il croisa beaucoup de monde en cette nouvelle journée, il ne pensait pas qu’autant de personnes arrivaient à s’extraire du lit en si bonne heure. Par un hasard quelconque, il reconnut une des rues qui menait à l’entrepôt. Le problème, c’était qu’il ne se rappelait déjà plus comment il était arrivé là. Il serait facile de trouver la taverne en allant au port mais il serait encore sûrement perdu les autres jours. Il soupira et rejoignit l’entrepôt. Au moins pour vérifier que son trésor était toujours là. Il remarqua néanmoins que le propriétaire du bâtiment avait dû faire un saut car de nouvelles fournitures étaient apparues. Ce n’étaient que des déchets mais cela prouvait quand même qu’il restait de l’activité et qu’il fallait être prudent. Il y avait des morceaux de ferrailles, des tabards et du bois éventré. Avec ce petit mélange, il se fit un petit nid en hauteur relativement discret dans lequel il s’endormit. Avant cela, il remarqua à travers les tuiles manquantes du toit une lune ronde et complète qui ne voulait pas encore s’effacer devant le soleil. Loriol se compara à cet astre avant de sombrer dans un autre monde de façon rapide et étonnante. Un puissant rayon de soleil lui brûlant la rétine le réveilla. Il se rendit vite compte que le soleil était au zénith et qu’il était en sueur. Sans plus attendre et quelques forces lui étant revenues, il se laissa tomber d’une hauteur qui aurait tué n’importe qui et s’enfuit vers la taverne. Il ne prendrait sûrement pas son service avant quelques heures mais, les bagarres pouvant aussi arriver de jour, il fallait être prudent. Les passants ne le regardaient plus avec un œil choqué maintenant qu’il était habillé mais Loriol ne se sentait pas encore dans son monde. Le quartier ressemblait pourtant un peu à sa ville… mais en plus étroit et resserré. Les maisons semblaient un peu bancales et la chute d’une aurait sûrement, pensa-t-il, provoqué la chute des autres tel ce jeu de domino dont étaient si friands les gens de sa ville. Des femmes au balconnet plongeant attendaient parfois sur le parvis d’une bâtisse, des musiciens itinérants jouaient sur une place à côté de leurs baluchons fermant attachés par des lacs de soie. Devant certaines auberges, le chef s’occupait à faire le fricot pendant que les premiers clients buvaient leurs premiers verres de grog. Après ce spectacle d’une journée banale, Loriol entra dans son auberge pour la première fois en plein jour. La salle était remplie par un groupe de mercenaires et un autre de deux marchands qui étaient attablés avec le patron de l’endroit. Ce dernier fit signe à Loriol de venir et de s’asseoir en silence. -Comme je vous le dis ! Dit l’un des deux hommes que Loriol ne connaissait pas. Il était grand et maigre, immangeable en déduisit le loup. Il était vêtu d’un long chapeau qui ressemblait à son nez et empestait une huile odorante qu’il devait utiliser pour camoufler son odeur âcre. L’autre était légèrement plus petit et semblait moins bavard, plus discret, il sondait la salle presque vide et dévisageait parfois Loriol. En soi, un homme dangereux. L’autre reprit la conversation par un bref résumé pour que le nouveau intervenant comprenne. -J’ai donc vu un drôle de convoi arriver en ville ce matin. Des enfants tout apeurés et accompagnés d’éclaireurs de la ville. Ils les ont trouvés près de la rivière. Après ils les ont conduits pour qu’ils deviennent oblats. Alors on a un peu continué en direction du monastère mais impossible de rentrer. On a donc… soudoyé un moine pour qu’il nous dise ce qu’il se tramait. Les enfants viennent d’un village perdu au sud d’ici, un homme se serait transformé en bête et aurait dévoré un village entier. Loriol déglutit lentement. Se pouvait-il que des personnes se soient échappées de son carnage ? Les loups auraient dû les rattraper ou tout du moins, la rivière aurait dû les achever. Il était vraiment maudit pour que des esprits aussi faibles se soient échappés. Il avait envie de tuer tout ce qui lui rappelait ces monstres qui avaient décrété qu’il n’était plus des leurs. Il grogna comme seul un loup savait le faire. Les autres lui tournèrent un regard choqué. Loriol se racla la gorge et fit un signe de main pour qu’il continue. Il repartit dans des suppositions et Loriol n’écouta que d’une oreille distraite. Il fallait qu’il élimine ces derniers vestiges de son passé. Il devait tuer ces enfants. Non, rectifia-t-il mentalement comme si sa conscience le rassurait. Il avait recommencé une nouvelle vie, il devait s’en convaincre. Il mit doucement ses mains sur ses genoux et tenta de se calmer. C’était un évènement assez regrettable et Loriol se serait bien passé que son passé empiète sur son présent. Il espérait également qu’aucun de ses partenaires de jeu ne se souviendrait de lui si jamais ils devaient se croiser dans la rue. Loriol ne se faisait pas beaucoup d’illusions, il courait un danger permanent. Son seul avantage était que les enfants ne savaient pas que Loriol était dans la même ville qu’eux. Il devrait être tranquille. La conversation redevint intéressante. L’homme parla moins fort, se pencha en avant, rapidement imité par les autres, et regarda de droite à gauche avant de dire. -Il paraîtrait même que les plus hautes instances cléricales se mettent sur l’affaire. Sa voix n’avait été qu’un murmure. -Cette bête est une engeance du démon. On s’en portera que mieux quand elle aura été traquée, achevée et que son corps brûlera ! Loriol espérait bien qu’il n’en arriverait jamais là. Il se permit une question qui lui trottait dans la tête. -J’espère qu’ils n’arrêteront pas avant de l’avoir trouvé. Le patron fit une moue dubitative et le marchand au grand nez répondit : -Il y a quand même peu de chance. Je prédirai qu’une expédition partira dans quelques jours mais que si les pistes ne mènent à rien, ils abandonneront en attendant qu’une affaire ne resurgisse. Ca sera mis au placard jusqu’à ce quelqu’un dédaigne la déterrer. En attendant, ce monstre parcourt tranquillement nos terres. Loriol eut envie de sourire et de lui dire qu’elle pouvait être bien plus près que ce qu’il pensait. L’assemblée se dispersa lorsque deux jeunes hommes entrèrent dans le bar. Ils tentèrent d’y sembler à l’aise mais Loriol pensait que ce n’était pas leur lieu de prédilection. Le tavernier retourna derrière son bar tandis que son acolyte près de la porte. Le deuxième rejoignit rapidement le premier à une table, celle qui se trouvait dans le coin le plus opposé de la porte. Leurs yeux restaient néanmoins braqués dessus. Loriol sentit rapidement cette odeur de peur et de sang qui les entourait. L’un d’eux devait être blessé. Même s’il l’était légèrement, ce fumet était omniprésent. Malgré les messages de sa prudence exacerbée par le sang de loup qui coulait dans ses veines, il ouvrit la porte de la taverne et entra en collision avec un groupe d’individus qui couraient. Quatre personnes, dont Loriol, tombèrent au sol. Tous ne purent pas se réceptionner comme il faut et plusieurs tombèrent tête la première laissant échapper un certain équipement de leur ceinture. Les rapières au sol, ils se dépêchèrent de les ramasser avant que la garde ne les remarque. Ils jurèrent, demandèrent à Loriol de remercier le ciel qu’ils n’aient pas le temps de s’attarder et s’éloignèrent en regardant dans chaque rue. Les deux jeunes bourges avaient vu la scène et Loriol reçut alors quelque chose qui ne lui avait jamais été adressé : de la reconnaissance. A ce moment, le loup retrouva sa mauvaise humeur et eut envie de leur dire que si ça s’était passé comme ça, c’était parce qu’il ne s’attendait pas à les trouver de l’autre côté et parce qu’il ne voulait pas de grabuge dans son établissement. Il avait pratiquement doublé sa paye et il était prêt à tout pour la garder. Même s’il devait aller chercher les freluquets pour les livrer à ces types. Loriol soupira, il avait l’impression que ce genre d’évènement allait devenir une routine et qu’il allait voir de drôles d’énergumènes. Pourtant cette nouvelle soirée fut calme. Le patron lui dit alors que les clients tâtaient l’ambiance et les limites du nouveau videur avant de remettre un charivari digne des enfers. Loriol apprit ça après s’être fait attaquer dans une ruelle par un chat hystérique. Cela lui avait semblé n’être qu’une anecdote mais ces animaux-là ne l’aimait pas, c’était un fait. Il l’avait alors simplement tué pour s’en débarrasser. Il était plus tôt que la veille quand Loriol rentra se coucher. Il avait bien noté l’itinéraire en venant et il aurait dû retrouver son entrepôt. Ce n’était pas le chemin le plus direct mais au moins, c’était le bon. En chemin, il s’attarda sur un spectacle enivrant qu’il avait commencé à contempler la veille : la lune. C’était le seul spectacle capable de lui faire oublier tout ce qu’il vivait. Sa misère, sa solitude, sa malédiction… C’était comme si son sang se nourrissait de ces rayons invisibles. Loriol avait de plus en plus chaud, comme si ce liquide écarlate que contenait son corps, chargé d’une nouvelle énergie transformait son corps. Au paroxysme de la sensation, Loriol déploya sa tête en arrière et hurla sous le disque argenté. Il perdit conscience et ne se réveilla que le lendemain matin alors que le soleil s’extirpait à peine de l’horizon. Loriol regarda autour de lui, il était dans une petite pièce. Il faisait assez froid ce qui laissait supposer que c’était un grand bâtiment fait uniquement de pierre. Le mobilier en face de lui était une armoire dont une des portes avait été simplement arrachée de ses gonds. Même si Loriol ne s’en souvenait pas, il était persuadé que seul lui avait pu faire ça. Ce n’était pas la première fois qu’il ne se souvenait pas de sa nuit. Au sol, un reflet se créa avec la nouvelle source de lumière qui s’insinua par la fenêtre qui n’était qu’autre qu’une meurtrière. Loriol haletait pendant qu’il s’habituait à ce nouveau facteur. Ce fut là qu’il prit conscience d’un autre facteur, cette odeur de pourriture et de chair. Il se retourna lentement et put voir les cadavres de ce qui n’était rien d’autre que des enfants. Loriol savait qui ils étaient même sans voir leurs visages déchiquetés… @+ -= Inxi =-
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informations, je dirais. Bon un bon chapitre sinon ! Quand je suis arrivé dans la section et que j'ai vu que trois textes avaient été remonté, je me suis dit que j'allais avoir de quoi lire et que c'est pas aujourd'hui que je pourrai terminer mon chapitre puis en fait, j'ai juste eu le tien à lire et comme il est bien, je me suis jeté dessus ! Alors mes premières impressions sont bonnes, un bon passage et tout. Après je me demande juste comment cela va influencer. Est ce que cette victoire va pas faire en sorte qu'il va recevoir plein de compliments et perdre son arrogance ? Est ce qu'on va lui reprocher des fautes ( meilleure option :'( ) Allez suite ! @+ -= Inxi, et son dragon en fait ? :'( On le reverra ? =-
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allé tiens-toi Bon ben c'est pas mal ! Au programme : alcool, guele de bois et départ pour la Sylvanie ! Avant d'y arriver, comme l'a promis le vampire, il risque d'y avoir quelques contre temps en chemin ! Bon sinon moi l'argent ca ne me pose pas de problème, vu que je connais pas les valeurs :'( Après, c'est sûr qu'il faut rester cohérent dans ton texte ! Allez suite ! @+ -= Inxi =- PS : Et arrête de répondre aux commentaires ! Va falloir que je rejoue du 'effacer' sinon :'( Le dernier passe encore mais celui juste avant ce passage.... j'ai hésité et encore maintenant je me demande ce qu'il fait là B)
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Parce qu'on vit chaque jour.... Bon d'accord, le jeu de mot était pas top :'( tout proche ou tous proches, un pour dire que la distance est courte, l'autre pour dire qu'ils sont tous à côté. éclairs avertie Un petit reproche d'une attaque un peu James Bondienne. On est quand même à une époque au moyen-âge et les gens de l'époque on a mon goût un peu trop d'imagination. On est dans un monde de magies et tu devrais, même si tu veux garder ces gadgets ( ce qui est plausibles hein ) rajouter une part d'instabilité. C'est que des prototypes dans le cas où Leonard aurait vu le jour avant l'heure :'( dut put grave réagit Un bon chapitre à part les quelques fautes ! C'est bizarre comme s'est passé vite ! ( Tant mieux ) Je regardais où j'en étais, j'étais encore loin et l'espace d'un instant, j'étais à la fin ! Enfin que du bon, suite ! @+ -= Inxi =-
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sur Bon je m'attarde que très peu sur la forme, à la fois parce qu'il y a peu de fautes et à la fois parce que j'ai la flemme Bon c'est un passage donc plus long que les autres ce qui apporte l'avantage de mieux se plonger dans l'histoire, ce qui est un bon point ! Par contre, je suis assez d'accord que tu insistes pas assez sur les sentiments. Pas de regret sur la mort, il dit qu'il a pas peur, a de l'assurance alors qu'il ne sait même pas si les gardes sont pour lui. Il faudrait qu'il est peur dans sa tête, quitte à vouloir faire mine que tout va bien ! Sinon une suite @+ -= Ïnxi =-
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de encadrée étaient lavait ( y a une répétition maladroite de homme dans ce passage, ca rend pas clair le truc, essaye d'identifier les protagonistes différents par des termes différents : ''homme'' pour l'un, ''l'autre'' pour l'autre par exemple ) Terminez pas ? que ? ai-je vue venus Bon bah bientôt une grosse bataille à priori En plus il y a de la discenssion au sein de son armée si Morr n'est psa de leur côté. Enfin c'est ce qu'on imagine pour l'instant ! Attendons la suite avant de juger hein ! Alors... Ecris ! @+ -= Inxi =-
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Désole pour le retard ! Pour les deux dernières semaines, je fêtais mes conscrits ( une semaine au taquet pour tout préparer et l'autre où je les fêtais ) Bon voici donc la suite à la découverte d'une ville. Je laisse des indices même si vous pensez qu'il ne se passe rien Chapitre 12 Comme promis, Loriol revint le lendemain matin de très bonne heure par le même chemin afin d’éviter d’éventuels ennuis qui fourmillaient dans cette ville. Quand il arriva, heureusement sans se tromper chez le commerçant, il se rendit compte qu’il aurait pu venir plus tôt car l’homme avait déjà ouvert. Loriol entra dans la boutique, visiblement vide, mais son nez lui indiquait le contraire. Les vêtements étaient pendus au plafond par une simple corde reliée à une barre de fer. Parmi ce labyrinthe de soie, son interlocuteur finit par apparaître. Il semblait aussi fatigué que la veille mais plus réveillé, ce qui en soi se comprenait. Il ne reconnut Loriol que par son accoutrement. -C’est toi le malotru qui a cassé ma nuitée ? -Effectivement, répondit Loriol sans voir où était le problème. -En plus, d’autres personnes piétonaient hier et sont passées juste après. Impossible de dormir dans cette maudite cité ! Se plaignit l’homme. -Que voulaient-ils ? Demanda-t-il. -Ils voulaient savoir si tout allait bien… en gros… Il changea de conversation. -Bien, alors trouvons-toi des habits. Il s’éclipsa dans les rayons laissant la soie voleter de toute part. Il fit de brèves réapparitions comme s’il évoluait dans un labyrinthe aux mille et un couloirs. Il réapparut avec dans les mains une veste sans manche de couleur marron et un pantalon de couleur similaire garni de petits trous. Comparé à ce qu’il y avait dans la boutique, ces habits semblaient déjà utilisés. -Tiens, pour toi, cela devrait être à ta taille. Maintenant, montre-moi ta clicaille. Loriol sortit son sac rempli d’or et le posa sur la table. Le vendeur répondit sans le savoir à une question que se posait le loup-garou. Aux yeux qu’il fit, Loriol comprit qu’il disposait d’une somme d’argent plus que raisonnable. Quand il invita l’homme à se servir, celui-ci ne se fit pas prier. D’après le bruit que firent les pièces, l’homme avait pris une grosse poignée. Loriol grogna et laissa apparaître deux crocs. Le marchand pâlit et ne garda qu’une pièce cuivrée. Le loup humain prit ses affaires et sortit. Il fallait qu’il trouve un emploi avant que sa réserve ne soit vide. Il retourna donc à son entrepôt et cacha sa bourse entre une poutre et le toit. Il recula en équilibre et vérifia qu’on ne la voyait pas. Une fois chose faite, il redescendit et s’enfonça dans le cœur de la ville même si cela l’angoissait. Il n’avait pas l’habitude d’une foule si compacte, de tant de bruit et de mouvement. Il avait l’impression d’être tout le temps agressé. C’est pour cela qu’il décida de délaisser les artères usées par les passages pour utiliser les sombres et étroites ruelles de la ville. Elles étaient plus crasseuses et moins sûres mais il se sentait néanmoins chez lui. Sa première tentative d’emploi fut chez un armurier. Mais son manque d’expérience dans la forge et encore plus dans celui des armes ne lui laissèrent aucune chance d’être embauché. Il prospecta à travers toute la ville mais personne ne voulut de lui. La seule chose qu’il savait vraiment bien faire était le travail au champ mais en pleine ville cela ne lui servait guère. Il eut presque la tentation de trouver un travail dans une ville plus petite. S’il y avait celle-ci ici, il devait en exister des plus rurales, espéra Loriol. La journée s’achevant, il décida d’aller regarder le coucher de soleil par delà la mer. Ce spectacle, il l’avait admiré plus tôt dans la journée. Son impression avait été partagée entre une peur de cet élément et la beauté fascinante de cette puissance incontrôlable. Comme pour tester son courage, il s’assit sur les quais au bord de l’eau sur de la pierre encore sèche. Le sel lui fouetta les narines mais Loriol se concentrait plus sur le bout de viande qu’il mâchouillait. Il l’avait acheté en passant en ville et il ne le regrettait pas. Ce goût lui avait étrangement manqué mais il ne ressentait pas de soulagement, comme s’il en avait mangé avant sans le savoir. Cette pensée fut chassée par un rayon vert qui se refléta sur l’eau. Loriol fut un instant ébloui et il jeta l’os de la viande juste devant un bateau qui rentrait au port. C’était un navire de taille moyenne. Pour une dizaine d’hommes, à ce moment précis, c’était des pêcheurs. Ils rentraient après une fructueuse pêche. Les cales semblaient lourdes et le bateau ne semblait pas aussi à l’aise que s’il avait été vide. Un des marins apostropha Loriol qui se léchait les doigts. -Toi là-bas ! Viens nous acointer ! Notre exilé regarda autour de lui pour être sûr qu’on s’adressait bien à lui et se leva. -Aide-nous à décharger et je te donnerai quelques piécettes. Décidé à saisir sa chance de gagner sa vie, Loriol se mit au travail avec tant d’ardeur que les autres marins trouvèrent superflu de lui donner leur aide. Une fois sa besogne accomplie, le chef des pêcheurs lui donna quelques pièces de cuivre comme lui avait pris le matin même le vendeur. Loriol fut désappointé de voir qu’il était si peu payé après tant d’efforts. Il eut presque du mal à cacher, physiquement, sa déception. Pourtant il supporta son odeur de poisson bien décidé à s’intégrer dans ce monde-ci. Il comprit alors que son premier métier serait d’aider les bateaux à décharger. Au moins personne ne lui poserait de question vu qu’il abattait le travail comme cinq. Les pêcheurs s’en allèrent sans même un mot de remerciement, sûrement pressés de rentrer voir leur femme… ou aller à la taverne la plus proche. Fatigué mais aussi peu capable de savoir comment il était arrivé là, Loriol s’endormit au milieu de cordes et de tonneaux renversés. La posture était peu confortable mais cela lui allait quand même. Il fut réveillé brièvement par des bruits de chuchotements et de bois qui grince mais les activités nocturnes de certains ne l’intéressaient guère. C’est pourquoi il se rendormit rapidement. Le bruit lancinant des cloches des bateaux au petit matin l’irritèrent vite. Il hurla dans la brume matinale pour que cela cesse. Heureusement pour lui, tous crurent avoir rêvé dans ce brouillard persistant. Loriol se maudit d’avoir choisi cet endroit ainsi que ces marins qui ne dormaient jamais. Ce fut donc à l’aveuglette qu’il déambula dans les rues de la ville afin de se trouver de quoi manger. Il trouva un petit magasin dont le stand fumant venait à peine d’être mis en place. Il prit du pain ainsi qu’une pomme déjà dévorée par les insectes et cela lui coûta la moitié de sa paye de la veille. Il eut presque envie de manger le vendeur mais il calma ses pulsions. Il comprit rapidement qu’il lui fallait un autre métier sinon il était condamné à dépérir lentement. Pourtant quelque chose lui disait qu’avec cette odeur de poisson, ses habits usés et sa naïveté, il allait avoir beaucoup de mal. Il pouvait éliminer deux problèmes en s’achetant d’autres habits mais seule l’expérience lui apprendrait ce qu’il devrait savoir. C’est pourquoi il passa d’autres nuits à aider les dockers afin de gagner à peine de quoi vivre. Loriol se rassurait en se disant qu’en cas de pépin, il pourrait toujours taper dans sa réserve. Il dut notamment le faire lorsque le lendemain, un orage éclata clouant tous les bateaux au port. Loriol dormit sous une corniche formée par deux coins d’entrepôt. Cela ne le protégeait pas du froid ni même des rares pluies qui le touchaient lors de fortes rafales de vent mais cela lui suffit. Il sentait même les rats, et d’autres créatures, venus s’assurer que de la viande chaude n’était pas à disposition. Il était de plus en plus sale mais la mer toute proche avait au moins cet avantage de se débarbouiller tandis que les flaques fournissaient de l’eau potable. De piètre qualité mais c’était mieux que rien. Au déchargement suivant, Loriol demanda aux pêcheurs s’ils ne connaissaient pas un endroit où il pourrait se faire embaucher. -Je mécroie qu’à l’auberge du croisement, ils cherchent du monde ! Dit l’un d’eux. Comme d’habitude, ajouta-t-il. -Par où dois-je aller ? Demanda Loriol prêt à tenter sa chance. -Aide-nous à décharger et on t’y conduira, c’est sur notre route. Loriol se mit alors au travail si bien qu’en l’espace d’une petite demi-heure, tout fut bouclé. Avec toujours autant de paroles échangées, Loriol suivit ses mandataires dans la direction qu’ils prenaient tous les soirs. Après dix minutes à marcher pendant lesquelles il se demanda si on ne l’emmenait pas dans un traquenard et où il lorgna tous les recoins par lesquels ils passaient, ils rejoignirent un endroit plus fréquenté de la ville. Ils ne lui dirent pas au revoir, se contentant de le pousser dans la bonne direction. Loriol vit rapidement qu’il allait dans la même direction que de massifs et impressionnants guerriers. Mais il y avait aussi des hommes dont les accoutrements ressemblaient à ceux des marchands dans la caravane desquels il s’était caché. Il trouva rapidement l’établissement, enfin il le supposait car ne sachant pas lire, il ne pouvait pas le confirmer. Juste à côté de la porte, il y avait un écriteau usé par les intempéries où était dessiné quelque chose qui ressemblait à une troupe d’hommes partant au travers des collines. A première vue, cela ressemblait à une armée partant en campagne. Mais pour la même raison que précédemment, il ne savait pas interpréter l’écriture qui accompagnait le schéma. Il entra dans l’auberge à la suite de deux jeunes femmes aux cheveux courts. La bâtisse était très simplement construite. Une seule salle et une mezzanine à trois mètres du sol. Il y avait une autre porte de l’autre côté de la pièce et Loriol se demandait où elle menait. Entre ces deux sorties, c’était un enchevêtrement d’individus criant, riant, jouant, mangeant ou chantant. Loriol se fraya un chemin au travers de la salle, lui qui était déjà mal à l’aise dans les rues, il l’était d’autant plus ici où il n’y avait pas de place. Là des barbares trinquaient à un antique combat, là, un barde chantait les louanges d’un héros disparu, là une serveuse nettoyait une table après un repas agité, ici deux gardes discutaient avec un homme se tenant derrière le comptoir. D’un autre côté, on pouvait voir une foule mixte lancer des haches contre une cible, ou encore des nains s’occupant à la prestidigitation tandis que de l’autre, deux hommes aux longes robes noires étudiaient une carte. Après avoir vu que l’autre porte débouchait sur ce qui ressemblait à des écuries, Loriol trouva par chance une chaise inoccupée près de l’entrée. Un homme musclé et peu vêtu lui tapa sur l’épaule. -C’est ma place ! Grogna-t-il. Loriol fit mine de regarder autour de lui. -Ah bon ? L’homme lui attrapa le poignet et Loriol se leva d’un bond pour faire face au belligérant. Les deux hommes se serraient le poing mais notre loup savait qu’il pourrait lui briser d’un moindre effort. Il ravala sa colère et laissa la chaise à l’homme. Loriol s’en trouva une autre plus loin. -Il ne fait pas bon de chercher querelle au videur des lieux, dit un paysan coiffé d’un chapeau de paille. Le patron est las de se trouver nouveaux disciples. Loriol tourna son regard vers le videur à qui il avait pris la place. Une idée de travail avait germé dans son esprit mais pour cela, il lui fallait une bagarre. Les esprits s’échauffèrent quand on entendit : -Les mercenaires désirant travailler pour notre saint Empereur sont priés de venir près de cette table ! Loriol comprit quel métier les pêcheurs pensaient qu’il aurait pu faire. Mais cela ne l’enchantait pas. Il suffisait qu’il manque de viande pour qu’il dévore ses propres camarades… Une file commença à se faire laissant de nouvelles places libres dans la salle. Loriol s’approcha de guerriers un peu éméchés. -Vous pensez quoi du videur ? Dit le loup en imitant un homme soûlé. -Il ressemble à un pandeloche ! Cria pratiquement l’un d’eux en provoquant l’hilarité de ses amis. -J’ai pas entendu, fit semblant Loriol pour que celui-ci répète. Bois un coup, ça t’aidera ! Dit-il en poussant la choppe vers ce dernier. -T’as raison, mon garçon ! Se réjouit-il en l’attrapant. Loriol s’éclipsa près du bar. -Excusez-moi ! Apostropha-t-il l’aubergiste. Celui-ci ne l’entendit pas. -Tavernier ! Cria-t-il presque. Les vingt personnes proches se retournèrent à l’unisson avant de se remettre aussitôt à converser. -Regarde ! Ajouta Loriol en pointant le videur pour l’instant inactif. L’ivrogne debout, se ballotant de droite à gauche, qui se rapprochait du videur prouvait que la paix dans la salle n’allait pas durer… pour la plus grande joie de Loriol. @+ -= Inxi, conversation... de l'époque !!! =-
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une MOUHAHAHAHHA Je m'en doutais un peu que c'était qu'un rêve ^^ En fait, au départ, l'abandon aurait pu être une explication qu'il soit seul au réveil mais quand ensuite on apprend que c'est la bataille, on a ce coup-ci aucune explication sur le fait qu'il n'ait pas été réveillé et ce seul point là m'a fait douter. Je sais pas si tu trouveras un moyen de l'esquiver si tu veux le retoucher Sinon la suite !!! @+ -= Inxi =-
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C'est quoi ce 24 là ? Re belotte ! prêts Les dragons, les dragons, les dragons !!! Comme dans pleuvoir ? Bon ben un bon passage ! Toujours aussi arrogant Limite sa punition me fait envie Alors on apprend quand même plus sur ce qui se passe avec les Druchi. Ils font un cheval de troie sur la durée si j'ai bien compris. Mais n'ont ils pas des signles physiques particuliers qui pourraient les démasquer ? Bon allez, suite là, je trépigne d'impatience ! @+ -= Inxi =-
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ait dû Bon pas trop mal, des tites erreurs de formes toute bête ! C'est pas torp grave pour ton rythme irrégulier. Tant que c'est inférieur à deux semaines, ca reste potable ! Aktair et Wilheim postent chaque année C'est pour te dire comme ils sont lents Bon pour la suite, on apprend les tendances suicidaires d'un personnage dont on ne se doutait de rien. Voyons comment cela va influer sur le reste !! @+ -= Inxi =-
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Problème de majuscule ^^ Bon sinon y en a quelques autres mais j'ai eu la flemme de les noter ! Alors le fond est pas mal mais la pyro est morte Je m'y attendais pas, j'ai meme cru qu'elle allait être soignée plus tard... Assez surpris mais bon c'est ton texte A ce propos, tu aurais peut être dû t'attarder d'avantage sur la réaction de chacun même si tu comptais le faire plus tard ! Allez suite @+ -= Inxi =-
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Ca doit être un singulier très.................................. nombre accord ^^ D'après ( y en a de moins en moins alors ca va, je pète moins de cable ) Pour le fond, c'est pas mal ! Ca fait bizarre que tout le monde se soule la tronche ! On va dire que stratégiquement, c'est pas une bonne idée car ils servent vraiment à rien et sont vulnérables ! Mais à l'abris dans une ville, ca reste cohérent, c'est ce que je veux dire ! Allez suite @+ -= Inxi =-