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Inxi-Huinzi

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Tout ce qui a été posté par Inxi-Huinzi

  1. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Voila la chuite ^^ Je préviens que mercredi, c'est un gros chapitre ^^ Et pas que par sa taille ( qui est comme d'hab je crois d'ailleurs ) Mais bien par son contenu Sinon, Korelion, j'ai corrigé ledit passage ^^ C'est parce qu'après les changements, j'ai pas vérifié que c'était dans la continuité xD Gemini, pour les noms, va falloir attendre une dizaine de chapitres Linuath, j'ai pas trop touché à l'aspect psycho, je crois, dans ce chapitre alors j'essayerai de m'occuper de ça pour les suivants / @+ -= Inxi =-
  2. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    C'est marée basse Et puis c'est tout ! J'ai rajouté un petit bout de phrase disant qu'ils veulent tuer le plus de monde possible, d'où l'attente. Je vais donner une explication pour tout le monde. En fait à la base, Neldirage a fait les tranchées pour se protéger de vagues de projectiles ( ils en ont puisque je dis que les tours se font sans cesse harceler ) mais comme il voit que leur tactique de base est de foncer, ils sortent à leur rencontre. Maintenant les rondins de bois forment une sorte de mur de deux mètres de haut avec des ouvertures. En bataille tu prends pas le temps de les escalader et t'engouffre dans les passages. Ici, Neldirage pensait les contenir mais ils se sont vite fait déborder ^^ C'est un shéma C'est hyper hyperbolé Faut imaginer ca en plus grand :pPlus arrondi que des 'coins' ^^ Imagine-le plus tortueux ^^ Là je l'ai fait droit parce que c'était plus chi**t de le faire avec des virages. Désolé, je voulais poster ca hier et en fait je me suis endormi ( c'est ca d'avoir son ordi sur son lit xD ) donc quand je me suis réveillé, j'ai taper cette phrase sans me relire et je viens de remarquer que j'ai tapé vraiment n'importe comment La flamme est magique est je suppose que tout ce qui rentre en son contact brûle immédiatement. J'hésite avec ca Je sais pas trop encore Comme quoi, cent pages après, on en parlera encore J'ai rajouté ! Barbares : peur Humains : Etonnement + joie Environ ouais Faudra que j'aille relire ^^ Bon content que ca vous ait plus ! La bataille s'étend sur six chapitres je crois ! @+ -= Inxi =-
  3. Inxi-Huinzi

    Les sept compagnons

    tiret Violent le sort... Tu peux être sûr que tu m'as surpris... Le pauvre, il a bien dégusté ! J'aurai pas aimé être à sa place. C'est plus drôle que sérieux je trouve cette phrase J'ai eu un grand sourire quand je l'ai lu mais tu peux rien y faire... accord Répétition Parfait, je m'en souviendrai ^^ D'hab je rechigne un peu mais là, c'est bien écris donc j'aurai pas de mal ! Bon sur le fond, on voit que les liens entre elfe et humain se rapproche ( pour notre groupe je parle ^^ )Ils sont plus amis ce qui se voit bien lors de la petite blague Bon bah je crois que j'ai fait le tour. Le coup de la pomme de pin m'a bien fait rire aussi ! Je voyais bien la scène xD Allez suite, @+ -= Inxi =-
  4. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Vla la suite pour ceux qui me lise toujours. Merci ca fait plaisir ! Je demande pas des gros com., comme aktair ca me va Bon sinon j'ai pris en compte vos remarques ! Tout a été changé GG, j'ai pris en compte ce que tu m'as dit! Celui que j'ai pas encore changé, c'est : fort abandonné et non plus caché. Chapitre LX La nuit venait de tomber, abattant ses griffes d’un voile sombre et sans lumière. Les bateaux se confondaient avec l’horizon, impossible de savoir quand leurs troupes débarqueraient. Quelques éclaireurs restaient au bord de l’eau en tentant d’apercevoir, ou d’entendre, le moindre signe suspect. Neldirage et ses mages, qui avaient bizarrement un respect nouveau pour leur général, avaient convenu qu’à la moindre menace, ils éclaireraient le lieu de boules de feu. Sur le côté droit de la plage, le général regardait quelques formes noires suivre inlassablement le rythme de la marée. Plus tôt dans la journée, lorsque les canons avaient fait feu, tous les corps n’avaient pas coulé. Des barbares qui, malheureusement pour eux ne savaient pas nager, s’étaient noyés. Maintenant, leurs corps sans vie marquaient la frontière entre la mer et le sable. Il faudrait rapidement les dégager avant qu’ils ne finissent par gêner les défenseurs. Ce n’était pas le moment d’attraper une virulente maladie. Neldirage fit quelques pas sur la plage et se rapprocha d’un groupe d’éclaireurs. -Toujours rien ? Demanda Neldirage. -Non, général. La nuit est calme… Que faisaient-ils ? Neldirage convoqua le lieutenant Sebastian. -Oui, général ? -J’ai besoin de cinq hommes… La mission est dangereuse. Ils devront prendre une barque et rester à mi-distance des bateaux ennemis. Dès qu’ils arriveront, qu’ils tirent une flèche enflammée… Surtout qu’ils ne prennent pas de risques inutiles. Qu’ils rament le plus vite possible ! -Je crois avoir compris, général, je vais nommer ces soldats immédiatement. Neldirage savait qu’il allait la confier à l’un de ses sergents mais hocha quand même la tête en signe d’assentiment. L’équipe fut rapidement rassemblée et Neldirage leur souhaita bonne chance avant de regarder les hommes pagayer le plus discrètement qu’ils purent. -Continuez de surveiller… Dit-il aux autres sentinelles. Si jamais ils ne parviennent pas à nous prévenir, ça sera à vous de le faire. Ils hochèrent la tête et Neldirage remonta au fort principal. Cela lui prit dix minutes fatigantes. Quand il arriva en haut, il s’éclipsa dans une chambre. La seule consigne fut de le réveiller au moindre signe. Le général s’endormit rapidement. Deux gardes protégeaient la porte… On ne savait jamais. Un bâillement arracha la mâchoire de notre ami avant que le poids de ses paupières ne finissent par vaincre sa volonté de rester encore un peu éveillé. Il fit un rêve troublant. Il revoyait sa princesse. Elle était là, souriante, les bras grands ouverts. Quand il essayait de s’en approcher, elle reculait. Alors Neldirage accélérait ses foulées. Elle ne reculait plus désormais mais une silhouette noire se mettait entre lui et son but. Neldirage ne voyait pas qui cela était mais la personne en question portait les galons d’un général. Cette dernière était menaçante et Neldirage dégaina son épée sans contrôler sa pensée et la perfora de part en part. Il put ensuite retrouver sa princesse dans un tendre câlin. -Neldirage… Dit-elle de sa merveilleuse voix. Mon général… Général ! Dit-elle d’une voix plus masculine. Neldirage se réveilla. Le capitaine Ron le secouait. Il semblait fatigué. Sans prendre le temps de l’écouter, Neldirage sauta de son lit puis enfila son armure. Ils arrivaient… Dehors, une boule de feu illumina le ciel nocturne. Un instant, on se serait dit en plein jour. Elle retomba dans l’eau dans un nuage de vapeur. Le général avait vu l’essentiel : comme la première fois, les barques arrivaient. Par précaution, elles ne naviguaient plus en rangs serrés mais avaient laissé plus d’espace. Les canons tonnèrent dans les ténèbres. Seuls quels craquement de bois sonores et des bruits de ‘ploufs’ lui apprirent que certains boulets avaient atteint leurs cibles. Neldirage était néanmoins persuadé qu’il y avait eu moins de pertes que la première fois. Les mages utilisèrent leurs sorts. La première tentative se solda par un échec. Une boule de feu disparut dans les airs et l’autre se noya dans une myriade de grésillements. Cela avait au moins eu le mérite de dévoiler l’avancement de l’armée ennemie. Neldirage n’était même pas encore arrivé au premier fortin. Quand il le rejoignit, les canons tirèrent une deuxième fois et des navires coulèrent. Les bateaux principaux restaient hors de portée. Neldirage fit appel à son don pour voir la magie au moment où ses deux mages incantèrent. Les lignes magiques se rassemblèrent mais pas seulement au-dessus d’eux, aussi sur les navires ennemis. Une boule de feu fut dissipée sans que Neldirage ne puisse l’empêcher. Il était trop loin. L’autre atteignit avec succès une barque qui s’enflamma. Les occupants, sous peine d’être immolés, préférèrent rejoindre les flots. Il sortit du premier fortin au moment où les éclaireurs arrivèrent à la plage. Deux hommes ne bougèrent pas sur la barque. Neldirage espérait qu’ils n’étaient pas morts. Les canons tonnèrent pour la dernière fois et les mages battirent en retraite vers les tranchées où les hommes s’étaient réfugiés. Autant ne pas rester à portée des arbalètes ennemies. Neldirage atteignit la porte de bois. Les premières silhouettes de barques se découpaient dans la nuit. On entendait aussi les rames rentrer et ressortir de l’eau à un rythme constant. Les premiers chants chaotiques s’élevèrent des barques. Neldirage, momentanément exténué, sauta dans une des tranchées. Il passa à côté du lieutenant Nalitre et lui dit de ne sortir des tranchées qu’à son signal. Il croisa ensuite le capitaine Ron à qui il demanda de guider les arquebusiers vers le premier fort une fois qu’ils auraient fait feu. Il rechignait à ne pas participer à cette première défense mais accepta quand même. Neldirage arriva au milieu de la tranchée. Le capitaine Talaert regardait les barques qui n’étaient qu’à une poignée de mètres de la plage. Une petite tape sur l’épaule et le général continua son chemin jusqu’au flanc le plus extrême où il s’arrêta en compagnie d’un des mages ainsi que le lieutenant Rudolph. Les barques cognèrent contre le sable et le déplacèrent sur une cinquantaine de centimètres. Les guerriers émergèrent et coururent sur la plage. Cinq cents mètres… Neldirage ordonna au magicien qu’il lance un sort pour que sa voix se fasse entendre sur tout le champ de bataille. Trois cents mètres… -Feu ! Hurla-t-il au moment où ses hommes étaient sûrs de tous toucher. Vue de dessus, les tranchées devaient ressembler en une ligne d’étincelles blanches. S’illuminant par endroit pour s’éteindre aussitôt. Des volées de plomb parcoururent le maigre espace séparant les deux camps. Les premiers rangs furent balayés dans des gerbes écarlates. Les barbares, ne portant pas d’armures, s’effondrèrent, terrassés. Les guerriers les plus lourds ne parurent pas sentir ces boulettes de métal qui essayaient de leur enlever la vie. La ligne de front avait reculé de cinquante mètres… Que les suivants traversèrent en évitant les cadavres qui jonchaient le sol. Les arquebusiers sortirent par l’arrière des tranchées et coururent rejoindre Ron qui les pressait pour qu’ils rejoignent au plus vite le bastion secondaire. -Armes au clair ! Continua Neldirage sa voix portant toujours autant. Plus de mille épées furent tirées dans les ténèbres de la nuit. Plus de mille grincements de métal. -Compagnie ! En formation ! Les hommes sortirent des tranchées pour former plusieurs carrés défensifs faiblement séparés. Cinquante mètres. On voyait bien mieux les attaquants désormais. Neldirage prit la tête d’une des formations et dégaina ses deux épées, les yeux rivés sur ces fous hurlants. Combien pouvaient-ils être ? Autant ? Deux fois plus ? Trois fois ? S’interrogea le général. Il ne le savait pas. Le choc devint inéluctable et Neldirage hurla sa détermination qui fut reprise par les autres guerriers. Après une excitation provoquée par la veille d’une charge ainsi que par la magie qui dansait à la surface du fil de l’épée, Neldirage foula le sable pour aller au contact de ses ennemis. Il fut immédiatement imité par ses hommes, impatients de se défouler après ces semaines d’attentes. Les barbares chaotiques étaient facilement reconnaissables aux tatouages qui ornaient leurs corps. Le premier s’embrocha tout seul sur les épées que Neldirage avaient tendues. Le général dégagea ses lames avant de se jeter sur un ennemi qui venait de se débarrasser d’un soldat de notre général. Neldirage para la hache d’une épée et lui ouvrit le ventre avec la seconde. Il regarda autour de lui, les arquebusiers avaient rejoint la forteresse et les mortiers essayaient de couler les barques qui faisaient demi-tour. Pour les empêcher de fuir ou pour aller chercher des renforts ? Se demanda Neldirage. Il n’eut pas le temps de développer ses pensées qu’un guerrier plus sombre que les autres s’était jeté sur lui et l’avait entraîné au sol. Neldirage essaya de dégager son bras qui était prisonnier sous l’armure du soldat. Tant pis si ce n’était pas honorable, se dit-il, mais je le fais. Il chercha un vent magique avant de créer une flamme. Le guerrier hurla avant d’être perforé de part en part par une large flamme. Neldirage ferma la main pour l’éteindre. Le corps ne bougeant plus, Neldirage tira son bras pour chercher contre qui se battre. Un soldat fut décapité sur sa gauche ainsi qu’un deuxième sur sa droite. Du sang gicla ce qui aveugla Neldirage quelques instants. Il enleva le sang qui couvrait son visage d’un revers de sa manche avant de voir trois barbares, fiers de leur victoire, foncer sur lui. Le général respira lentement avant d’appliquer la technique que lui avait apprise Ylith. Il contra les trois haches avant de toucher un ennemi à l’épaule, un autre aux hanches et le dernier à la tête. Les trois combattants hors d’état de nuire, Neldirage s’attaqua aux suivants. Le général ne parvenait pas à voir une brèche dans la ligne de front. Des barbares continuaient à arriver. Après avoir tué un nouveau barbare, Neldirage dégagea sa lame avant de rejoindre le lieutenant Rudolph. -Retraite ! On peut pas les contenir ! Que le flanc droit se dirige vers la porte ! Le lieutenant Rudolph partit donner les ordres aux soldats. Lentement, les hommes battirent en retraite jusqu’aux deux tours de guet qui n’arrêtaient pas d’être pilonnées par les arbalètes ennemies. Les mages lançaient tant bien que mal éclairs et maléfices pour tenter de laisser un temps de repos aux soldats qui pliaient sous le nombre. Neldirage attrapa une arquebuse qui traînait au sol. Le propriétaire, mort d’un carreau en plein torse, n’en aurait plus besoin. Le général visa un barbare à son goût trop entreprenant et fit feu. Le choc faillit lui arracher l’épaule. L’homme tatoué, quant à lui, sentit sa tête se séparer de son corps sous les éclats métalliques. Comme ils l’avaient convenu, Neldirage fut le dernier homme à quitter la place. Un cercle de barbares s’était formé autour de lui. Tous l’insultaient mais aucun n’osait faire le premier pas. Neldirage espérait que Ylith ne s’était pas trompé sur les propriétés de son armure… Les portes de bois du bas furent pratiquement fermées. Tous attendaient Neldirage. Les deux mages invoquèrent deux boules de feu. Ils visèrent soigneusement notre général. L’air crépita et s’embrasa. Une lueur orangée attira tous les regards. Neldirage se mit en boule et se laissa avaler par les flammes. Autour de lui, une dense chaleur brûla vif chair, terre et sable. Les barbares hurlèrent en essayant de les éteindre car elles léchaient leurs corps à nu. Neldirage, heureux de voir qu’il n’était pas mort et encore moins carbonisé, se replia vers la porte qu’on referma derrière lui. Les barbares n’osèrent pas suivre, apeurés, celui qu’il prenait pour un Elu. Les soldats humains, après avoir pensé que les mages avaient perdu la tête, poussèrent un cri de rage et d’allégresse. Les chaotiques, d’abord hésitants retrouvèrent leur courage lorsque leurs commandants commencèrent à vociférer. Déjà, les premiers barbares arrivaient alors que Neldirage venait d’arriver au petit bastion. Quelques arquebusiers montés sur la palissade déchargèrent leurs armes avant de courir, comme tous les défenseurs, vers le premier bastion. En une demi-heure, ils avaient déjà perdu la plage… Ylanay, qui n’avait pas donné de signes de vie depuis le début, vint le soutenir, une épée ensanglantée à la main. Chapitre LXI -Que les mortiers foutent le camp ! Ron, Rudolph et Franck ! Vous remontez en haut et vous organisez les défenses ! Je veux tous les arquebusiers encore valides sur les remparts ! Si y a pas de place, vous remontez aussi là-haut ! C’est compris ? Demanda Neldirage du haut de ses remparts. Tous hochèrent la tête et coururent se mettre en position. Combien d’hommes avaient déjà été tués ? Se demanda le général. Trop sûrement… -Pourquoi n’avancent-ils pas ? Demanda Talaert à voix haute. C’est un homme à sa gauche qui répondit. -Je n’ai pas vu d’échelles, capitaine… Ils vont attendre que le matériel débarque. Neldirage se retourna vers les mortiers qui commençaient à remonter la pente. -Mortiers ! Revenez ! Position dans la cour et pilonnez la zone. -Mais général, dit l’un d’eux, nous allons gâcher de la poudre ! On ne sait même pas où tirer ! S’étonna son interlocuteur. -Tuer par chance quelques adversaires ne sera jamais gâcher de la poudre ! Faites feu au hasard et priez pour que cela tombe juste ! -Oui, général, dit l’autre en se courbant. Le tir des mortiers envahit immédiatement l’air de la zone. Une fumée s’éleva du milieu de la cour. Neldirage espérait que la chance gardait un œil sur ses soldats. Quelques tirs atterrirent dans l’eau mais d’autres firent résonner les falaises. Le général imaginait avec plaisir les barbares se faire déchiqueter par les fragments métalliques, le sable voler dans tous les sens, les ennemis se terrer, apeurés, en espérant qu’un obus ne les déloge pas de leurs positions. La réalité était toute autre… Le soleil sembla se faire long à se lever. Il émergea de l’horizon, tel une lourde poutre que des ouvriers auraient eu du mal à transporter. Il finit par lentement se lever mais Neldirage et ses hommes ne pouvaient le voir, il était derrière les falaises, au-delà de leur crique. Comme s’il voulait montrer qu’ils l’avaient vu pour la dernière fois et qu’aujourd’hui serait jour de deuil. Neldirage put voir les changements qui avaient été opérés pendant la nuit. Les mortiers avaient tiré pendant dix minutes avec une heure d’intervalle. La plage avait vraiment pris l’allure d’un champ de bataille, digne reste de carnage et de désolation. Des trous s’étaient formés comme l’avaient imaginé Neldirage, la zone ensablée ressemblait fort à un jardin après le passage de taupes en colère. Le jaune du sable avait troqué sa dorure contre un apparat rouge écarlate. Des morceaux de corps éclatés jonchaient tout le lieu. Des tentes plus sombres les unes que les autres avaient été dressées au milieu de la plage. Là où elles étaient inaccessibles. Toute l’armée semblait avoir débarqué… Neldirage jura intérieurement. Les chaotiques formaient une ligne hétérogène sur les cinq cents mètres de la plage. Il devait facilement y avoir quinze rangs. Mais, se réjouit Neldirage, le nombre ne comptait pas sur cette forteresse… Un nombre restreint de combattants pouvait avoir accès au premier bastion. Seules les prouesses martiales allaient décider de qui gagnerait cette bataille. Neldirage comptait bien y mettre tout son cœur. Le général se demandait s’il était bon de commander aux canons de tirer. S’ils faisaient feu, cela déclencherait l’offensive. Mais s’ils patientaient, ils risqueraient de manquer des cibles en mouvement. Les hommes étaient fatigués et plus cela traînait, plus leurs réflexes diminuaient. D’après le rapport du capitaine, deux cents soldats étaient morts cette nuit contre un nombre inconnu d’ennemis. Neldirage instaura un roulement et les guerriers survivants allèrent se reposer dans la forteresse principale pendant que leurs collègues les relayaient. Seuls les arquebusiers ne se firent pas remplacer car ils étaient les seuls compétents à manier ces armes. Une cinquantaine d’entre eux était morts… Le reste avait échappé aux carreaux. Le moment était venu de lancer l’offensive… Neldirage transmit l’ordre que les canons fassent feu. Ils déchargèrent deux volées de boules métalliques avant que les ennemis n’arrivent au bastion. Les armes de fer firent un véritable ravage dans les rangs compacts des chaotiques. Les échelles ennemies furent apportées et ils se lancèrent à l’assaut du rempart. Neldirage était dessus et regardait les mortiers s’en aller quand un barreau apparut juste devant son visage. Il eut beau tenter de le repousser, rien n’y fit. Il leur aurait fallu des perches mais il n’y en avait pas assez pour toute la muraille. Un premier nordique apparut, un couteau serré entre les dents. Neldirage ne lui laissa pas le temps de lui exposer autre chose et lui transperça la tête. Il resta un instant en équilibre avant de faire chuter ses amis chaotiques qui suivaient. D’autres eurent plus de chance et réussirent à prendre pied sur la muraille. Neldirage laissa sa place pour aller à un endroit où un barbare avait tué trois hommes d’un coup circulaire de hache. Le général lui enfonça sa lame dans le bas du dos avant de le balancer par-dessus les créneaux. Un bruit sourd secoua la porte en dessous de lui. En jetant un coup d’œil, Neldirage put voir un groupe de barbares, muscles saillants et bandés, balancer un lourd bélier contre les fondations du morceau de bois protégé par une grille de fer. Neldirage hurla le nom des mages derrière lui. L’un d’eux le rejoignit. -Oui, général ? Demanda l’autre. -Fais quelque chose pour le bélier ! L’homme se pencha et hocha la tête. Il sortit des plantes qu’il lança en direction de la porte. Pendant qu’elles voletaient délicatement dans les airs, l’homme murmura des paroles que Neldirage ne comprit pas. Les plantes grandirent et bloquèrent l’accès à la porte. Des lianes recouvertes de piques s’en prirent aux attaquants qui durent battre en retraite. Ron arriva. Neldirage écouta l’homme après avoir vérifié que son dernier ami se débrouillait sur la muraille. Ylanay se défoulait coupant chair ou perforant tête de son arc. -Général, plus de poudre ! Les canons ne peuvent plus faire feu ! Neldirage jura. -Quand doivent arriver les renforts ? -Sous peu, général… Mais ! Ils battent en retraire… Jubila l’homme. En effet, les barbares se repliaient sous les derniers tirs des mortiers. Neldirage ragea. Ils ne pouvaient même pas leur tirer dans le dos ! Les barbares se repliaient pour mieux se préparer à la prochaine offensive : Les humains ne pouvant plus tirer, ils pouvaient prendre tout leur temps… Une semaine après, alors que les barbares avaient lancé des offensives toujours plus meurtrières, une violente détonation réveilla tous les hommes qui dormaient, dont Neldirage. Il sortit de sa chambre en interrogeant du regard les deux gardes. Ils ne purent répondre. Neldirage se précipita dehors mais aucun signe près du bastion n’indiquait ce qui s’était passé. Neldirage jeta un coup d’œil aux canons, qui, normalement, ne pouvaient pas tirer. D’où venait ce bruit ? Il regarda autour de la forteresse et vit qu’une fumée venait du sud. Neldirage héla le lieutenant Sebastian qui était le seul visible. -Lieutenant ! Vous prenez des cavaliers ! Faut bien qu’ils servent ! Je veux un rapport dans les plus brefs délais sur cette explosion ! Ordonna Neldirage, inquiet. Le lieutenant hocha la tête et donna ses ordres. Ils s’équipèrent rapidement avant de s’enfoncer dans la forêt à la recherche d’un indice sur ce qui avait provoqué ce cataclysme miniature. Neldirage s’assit en haut des rochers et regarda la scène du combat. Des tas de cadavres jonchaient les abords du bastion. Dans le camp que les ennemis avaient dressé, cela s’affairait dans tous les sens. Cent soldats supplémentaires étaient morts lors des dernières offensives. Neldirage avait même l’impression qu’en face, ils étaient de plus en plus nombreux. Les chevaliers revinrent une heure plus tard. Ils affichaient une mine sombre. Le cœur de Neldirage battit plus rapidement. -Que se passe-t-il, soldats ? -C’est le ravitaillement, général ! Complètement détruit ! L’escorte a été massacrée. -Merde… Gémit Ylanay. Il aurait dû être moins négligent et envoyer des hommes à leur rencontre. Désormais, ils ne seraient ni ravitaillés en vivres, ni en poudre et ni en hommes… -Vous avez pu sauver des choses ? Demanda Neldirage avec espoir. -Oui, général, peu mais c’est déjà une compensation. Il sortit deux sacs de poudre ainsi que quelques tonneaux de nourriture. Neldirage ne voulait pas miner le moral de ses troupes mais cela ne permettrait aux canons de tirer qu’une seule fois et la nourriture ne sustenterait qu’un quart des soldats. Ils allaient devoir chasser. Comme si la guerre n’était pas assez épuisante comme ça… Neldirage congédia ses hommes et alla ruminer ses pensées ailleurs. Des éclaireurs revinrent en fin de soirée. Neldirage inspectait le premier bastion quand on vint le chercher. L’homme, malgré les risques qu’il avait encourus, était descendu avec son animal. -Idiot ! S’écria Neldirage. C’était bien trop dangereux de descendre avec ta monture ! -Je ne craignais rien, général, dit l’homme. -Je m’en fous de toi, soldat ! C’est du cheval que je m’enquis ! Les soldats rirent et l’éclaireur se rembrunit. -Qu’y a-t-il ? Demanda tout de même Neldirage. -Une colonne armée se dirige vers nous ! Dit l’homme le visage décomposé. -Où ? Demanda Ylanay en ôtant les mots de la bouche de son ami. -Par le sud… Ils viennent par derrière ! Ajouta-t-il paniqué. -Qui sont-ils ? Demanda Neldirage. -On n’a pas vu ! On a préféré vous prévenir sans prendre de risque. -Ylanay, je te nomme lieutenant ! Les yeux de son interlocuteur brillèrent. -Tu prends tous les chevaliers et tu vas voir ce qu’il se passe ! Si tu trouves la situation opportune, vous attaquez ! Compris lieutenant ? -Oui, répondit celui-ci avant de faire mine de remonter. -Passe prendre tes nouveaux vêtements à l’entrepôt… Il hocha la tête et accéléra l’allure. -Trouve-moi Talaert ! Ordonna Neldirage à un soldat qui passait par là. L’homme abandonna son occupation pour courir chercher son capitaine. L’homme arriva, la mine surprise. -Général ? Interrogea celui-ci Neldirage. -Des soldats arrivent en haut ! Dit le général en essayant de masquer sa panique naissante. -Qui sont-ils ? Chercha à savoir le vieux capitaine. -Je sais pas ! Mais je tiens pas à le découvrir au dernier moment ! S’insurgea Neldirage en frappant un caillou au sol. Tu vas monter préparer les hommes ! S’ils arrivent jusqu’ici, nous nous battrons entre les deux versants de la colline ! -Bien, général ! J’y file de ce pas, général ! -Convoque Ron au passage ! Quelle agitation… Talaert était un bon capitaine que les hommes respectaient : si les chaotiques décidaient d’attaquer maintenant, ils perdraient un de leur point de repère. Pourvu que ce la ne soit rien de grave. -Messire ? Demanda Ron en arrivant avec un long fusil. -Des hommes arrivent par le sud, tu prends temporairement le commandement des guerriers en cas d’attaque. -Qui sont-ils ? -Je sais pas ! Dit Neldirage exaspéré de cette question. Je monte rejoindre les troupes pour les coordonner! -Bien, général. Neldirage le salua et monta à la forteresse en priant sincèrement pour que ce ne soit pas des chaotiques… Chapitre LXII Les hommes réagirent promptement et s’équipèrent pour aller rejoindre la petite valée. Les cavaliers se placèrent sur le flanc droit, les arquebusiers au centre avec sur leur flanc et derrière eux, des groupes de guerriers. Deux mortiers avaient rejoint le dispositif… C’était mieux que rien. Ylanay apparut trente minutes plus tard. Il ne distançait l’armée inconnue que d’une centaine de mètres. Des cavaliers l’avaient même déjà pris en chasse. Il finit par s’arrêter à côté de Neldirage et dit, les yeux embrumés de larmes : -Ils sont là ! C’était faux, ils arrivent… Neldirage attendit que les cavaliers s’approchent pour essayer de trouver une réponse à l’euphorie de son ami. Ce qu’il vit n’aurait pas pu être plus grande source d’émotion. Il ne put retenir lui aussi ses larmes. -Oh ! Elle pleure la mauviette… Dit le premier. -C’est mignon… Ajouta le deuxième. Ressaisis-toi ! On dirait que t’as vu des morts ! -Van… Pierre… Finit Neldirage par articuler. -C’est bien, il voit toujours aussi bien ! Dit Van en direction de Pierre. Ils finirent pas descendre de cheval et les amis se jetèrent dans leurs bras, Neldirage trouva que la joie qu’il manifestait n’était pas assez équivoque pour qu’ils comprennent bien. -Que s’est-il passé ? -Oh, tu sais … On est juste mort ! Rien de grave en soi… Dit Van avec un geste nonchalant. Neldirage tourna son regard vers Pierre en essayant d’avoir une réponse plus sérieuse. -En gros, c’était une mise en scène…Balles à blanc et magie ! A cause de la paperasse et tout… Nos anciens amis ont décidé de faire une mise en scène où nous serions tués. -Mais pourquoi ? Demanda Ylanay étonné. -Parce que la situation était instable ! Elle était hors de contrôle et personne ne pouvait, la veille d’une guerre, aller contre l’appui que donnaient plusieurs généraux à cette décision. -Que ramenez-vous ? Dit Neldirage en regardant derrière le cheval de Van. -Hommes, vivres, poudre, nouvelles ! Répondit Pierre en résumant. -Des machines de guerre ? -Non, répondit Van à contrecoeur, elles auraient été trop longues à amener. -Dommage... Dit Neldirage. Combien d’hommes ? -Quatre cents ! Répondit ce coup-ci Pierre. A peine deux fois moins que ceux qui avaient déjà été perdus… -Et ces nouvelles ? Demanda-t-il en espérant qu’elles soient bonnes. -Les chaotiques ont fait une percée… Les Impériaux reculent et la ligne de front s’approche d’ici. Dans une semaine maximum, on sera encerclé… J’avais dit bonnes nouvelles ! Pensa Neldirage en regardant le ciel. Ce qu’il craignait qu’il se passe aujourd’hui finirait donc par se produire… Cela leur laissait à peine le temps de se préparer. Il faudrait séparer les hommes en deux… Ils ne pourraient plus se reposer. Neldirage espérait que d’ici là, ils se seraient débarrassés des envahisseurs marins pour se concentrer sur la petite vallée. -Quelle troupe y aura-t-il ? -Des barbares, essentiellement. Les troupes d’élite sont monopolisées par notre armée… Ici, notre bastion n’est qu’une gêne pour un petit renfort… Ils ne perdront pas leur temps en nous attaquant massivement. -C’est déjà ça ! Dit Neldirage en écoutant cette pseudo nouvelle. -Bon si nous rentrions ? J’ai faim ! Décréta Pierre. -Je suis d’accord ! Répondit Van. En plus à ce que je vois sur vos épaules à vous deux, il y a eu du changement ! Ajouta-t-il en remarquant leur grade. Les amis rentrèrent dans la forteresse pour se raconter les derniers événements. Neldirage leur raconta comment ils défendaient la plage tant bien que mal. Ils discutèrent rapidement de la technique qu’allait utiliser le général pour faire face à deux attaques en même temps. Neldirage leur expliqua qu’il allait scinder les troupes… Cette méthode parut leur convenir et de toute façon, Neldirage ne comptait pas changer son point de vue. Le gros des forces resterait dans le fortin tandis que les autres aménageaient la vallée. Neldirage décida de ne pas utiliser les canons tout de suite : Il ne voulait pas déclencher une attaque prématurée. Avec une attaque d’un côté, les soldats arrivaient à avoir un rythme de vie convenable. Neldirage se demandait s’ils pourraient tenir face à deux armées… Et sans renfort. Neldirage n’avait pas menti à ses hommes, le général leur avait dit ce qui allait se passer. Les soldats n’en furent pas rassurés et leur moral en prit un coup. Néanmoins, Neldirage savait qu’ils se battraient quand même. Ils ne devaient pas flancher, trop de choses en dépendaient. Bien que l’armée qu’ils retenaient n’était qu’une goutte d’eau dans la vague d’envahisseurs, le général s’était fait la promesse que ses amis et lui seraient les derniers humains qu’ils affronteraient. D’après Van et Pierre, l’autre armée aurait dû arriver une semaine plus tard. Elle fut là trois jours après : Les Impériaux avaient dû battre en retraite plus tôt que prévu. Neldirage n’avait pas eu le temps de préparer des défenses. Ils se mettraient au bout du passage et les pentes abruptes permettraient d’éviter d’être rapidement encerclés. Le général avait ordonné que de lourds rochers soient hissés en haut des collines. Ils ne purent en mettre qu’une dizaine en trois jours. C’était mieux que rien... Neldirage avait confié les forts à son état-major et lui, et ses quatre amis, se chargeraient de l’attaque de la vallée. Ils étaient maintenant en position depuis une heure. Sur Eclair, Neldirage chercha à voir la moindre trace des attaquants quand des bruits de canons le forcèrent à se retourner. Les chaotiques venaient de relancer un assaut… Neldirage avait envie d’être avec ses hommes mais il ne pouvait pas. Il rongea son frein et envoya un homme regarder ce qu’il se passait. Il revint et Neldirage eut sa confirmation. Les barbares tentaient une fois de plus de prendre le fort. Les béliers tentaient d’enfoncer la porte de facture naine tandis que les échelles seraient hissées pour que les barbares essayent de prendre les remparts. Neldirage pria pour que l’attaque soit encore repoussée. Ses pensées furent interrompues par un bruit de cavaliers. Des hommes tatoués, musclés, montés sur des bêtes plus noires que la nuit et armés d’arbalètes, firent irruption dans la vallée. Ils regardèrent les cinq cents soldats assemblés là puis firent demi-tour. -En position ! Ordonna Neldirage. Les hommes se séparèrent en groupes distincts. L’armée adverse arriva en chantant des cantiques destinés à leurs dieux sombres. Leur première ligne était composée de molosses corrompus. La suivante de barbares tatoués comme il y en avait sur la plage. Celle d’après était formée par de lourds cavaliers. Et pour terminer, les cavaliers éclaireurs s’étaient groupés sur les flancs. Neldirage n’était guère surpris, cette formation était classique. Le général était quand même déçu…. Les chiens empêcheraient une charge des cavaliers : Il ne fallait pas risquer que les chevaux se fassent attaquer aux jambes. Ils devraient agir plus tard. Neldirage se demandait combien d’hommes leur faisaient face. Trop sûrement. Il ne pourrait pas remporter cette victoire… -Ylanay ! Appela Neldirage. Quand il vit qu’il avait son attention, il continua : -Je veux que tu ailles ordonner aux canons de se replier dans la forteresse. Je veux aussi que tu descendes jusqu’à la forteresse et que tu les préviennes qu’il va falloir se replier. -Tu penses que l’on va perdre ? Demanda son ami en reportant son regard sur les forces chaotiques pour les juger. -Ce n’est pas sûr ! Mais si l’on ne perd pas là, ça ne sera qu’une question de temps. Mieux vaut que tout le monde soit prêt à se replier. On ne pourra pas tenir tous les forts. On abandonnera celui du bas. Je n’ai pas envie de sacrifier mes hommes et les voir assaillis de tous côtés. -Je préférerais rester ici et me battre ! -Je sais, mon ami, dit Neldirage en lui mettant une main sur l’épaule. Mais c’est important… Si tu as le temps, reviens nous filer un coup de main. Ylanay hocha la tête et lança sa monture au galop. Neldirage regarda Van et Pierre qui se distinguait car l’un portait une lance qui reflétait admirablement l’éclat du soleil et l’autre avait une voix qui portait… En face l’armée, les premiers cors résonnèrent. Neldirage replaça son armure machinalement et confia sa monture à un cavalier le jouxtant. Il reviendrait plus tard chercher Eclair et mener la charge à leurs côtés. Neldirage passa au milieu de ses hommes en dispensant conseils et encouragements. Il se plaça à côté de Féir et Roy, deux vétérans de son armée. Le général déplora le manque d’efficacité de son armée sur le combat à distance. Ils étaient trop dépendants de la poudre noire… Avec une armée sous ses ordres, Neldirage se promit de réintroduire les armes de jet dans ses rangs. Ils avaient bien eu un groupe de chasseurs mais ils avaient succombé lors d’une mission de harcèlement. A cette pensée, Neldirage s’étonna de la rapidité avec laquelle il s’était habitué à ce que des hommes meurent sous son commandement. Il devait déjà avoir perdu un millier d’hommes. Neldirage s’en désolait quand même. Mais que pouvait-il faire ? Pour se consoler, il se promit de leur octroyer vengeance digne de ce nom. Les cavaliers garnissant les flancs adverses se détachèrent en voyant que l’armée de Neldirage ne possédait aucun tireur. Ils décochèrent une première volée de flèches. Les hommes eurent le réflexe de s’abriter derrière leurs boucliers mais certains furent tout de même perforés par ces bâtons sertis de métal. Leurs corps tombèrent au sol, noyant la terre d’un rouge écarlate, sous le regard désolé de leurs frères d’armes. Seul Van et Pierre réussirent à abattre quelques cibles. Ils n’y avaient qu’eux qui avaient des arcs… Quand les chaotiques eurent assez joué avec leurs ennemis, les cavaliers se retirèrent après avoir récupéré une demi-douzaine de chevaux sans cavalier. Une fois qu’ils furent à l’abri, le reste de l’armée se mit en branle. Notre général essaya de regarder s’il n’y avait pas un sorcier… Les énergies magiques défilaient tranquillement… Rien ne les perturbait, elles… Neldirage resserra sa prise autour de son épée. Il regarda les lueurs bleues filer sur le reflet métallique puis il repassa à une vision plus normale. Tous respirèrent un bon coup comme s’ils voulaient retenir leur souffle durant toute la bataille. Les chiens furent lâchés et ils se précipitèrent sur la chair fraîche que leurs maîtres leur présentaient. Les barbares s’élancèrent ensuite, laissant les lourds cavaliers former l’arrière-garde. Plusieurs animaux arrivèrent au contact. Certains soldats réussirent à les tuer d’un coup d’épée tandis que d’autres furent mordus aux jambes, aux bras, à la gorge ou ailleurs. Neldirage se pencha et perfora la cage thoracique du chien qui avait bondi sur lui. Il s’écroula en couinant. Les humains ne s’étaient pas encore débarrassés de toutes les bêtes que des barbares arrivaient déjà. Ils durent abandonner les hommes attaqués par les chiens pour amortir le flot de barbares corrompus qui se déversait sur le barrage humain. Le torrent de haine se heurta dans un tintement de métal et à la détermination du mur de courage humain. Les uns se battaient pour préserver la vie et les autres pour déverser la mort. Plusieurs dizaines de soldats, des deux côtés, périrent en quelques secondes. Chapitre LXIII Le combat n’était plus qu’une mêlée où se mélangeaient allégrement chair, fer et cri. Les soldats frappaient en ne se souciant rarement de savoir si la personne vers laquelle se dirigeait l’épée était bien un ennemi. Neldirage répétait la même scène : lever les yeux pour éviter les coups puis frapper en riposte. Combien de vie avaient déjà été ôtées par ses deux épées ? Notre général ne s’en préoccupait guère… Il fallut pourtant qu’il s’échappe du combat pour regarder où en étaient ses hommes. La ligne de front tenait bon. Neldirage avait choisi avec soin l’endroit de la bataille. Bien que les barbares fussent trois fois plus nombreux, ils ne prenaient pas l’avantage. Mais bientôt, les lourds cavaliers chaotiques allaient charger et il faudrait sûrement battre en retraite. Pour l’instant, les barbares ennemis gênaient la charge, cela leur laissait du répit. Un barbare émergea de la masse et se précipita sur Neldirage. Notre homme le planta avant qu’il ne puisse esquisser un geste. Après avoir balayé une nouvelle fois la bataille de son regard, le général replongea dans le combat. Un homme chuta devant lui. Avant qu’il ne se relève, Neldirage l’enjamba et prit sa place. Les deux chaotiques tombèrent rapidement. Van apparut sur sa gauche. Après un bref signe de tête, ils se remirent à combattre. Un geyser de sang aspergea la manche de Neldirage. Il leva la tête et vit un homme amortir une flèche de son torse : il le paya de sa vie. Malgré les corps qui gênaient les mouvements, la mêlée devint moins confuse. Ils prenaient doucement l’avantage ce qui signifiait une chose : les cavaliers ennemis allaient charger. Neldirage était en train de rejoindre ses propres chevaliers quant il fut attrapé par la manche par Ylanay. -Qu’y a-t-il ? Demanda brutalement Neldirage. Je n’ai pas le temps de discuter ! -L’autre côté… Dit-il essoufflé sur sa monture. Ils ont lâché ! Les bateaux se sont rapprochés et ont détruit le fortin ! Les hommes ont dû battre en retraite précipitamment ! Neldirage crispa sa mâchoire. Les chaotiques avaient attendu patiemment que les deux armées soient là pour dévoiler ce qu’ils avaient dans le ventre. Les navires étaient lourdement armés mais ils n’avaient pas voulu attaquer et ainsi risquer que les humains ne prennent peur et ne se consolident trop dans la forteresse principale. Une technique ingénieuse qui montrait qu’ils ne se souciaient guère de perdre quelques barbares à leur service. -Nous allons battre en retraite ! Que les hommes retardent au maximum l’avancée des barbares sur les corniches. Neldirage retourna son regard vers la mêlée où les chaotiques battaient en retraite, poursuivis par ses hommes. Le général ordonna à ses porte-étendards de signaler la retraite. Ils s’exécutèrent en secouant leurs drapeaux dans tous les sens. Tous les hommes s’arrêtèrent quand ils virent le signal. Les cavaliers reformèrent une ligne de front. Neldirage remonta sur Eclair et se plaça au centre de la ligne. Ils allaient jouer le tout pour le tout. Soixante-quinze contre trois cents. Le seul avantage qu’avait Neldirage et ses hommes, c’était le piège qu’ils avaient préparé. Il ne leur permettrait pas de remporter la bataille mais au moins, cela permettrait aux soldats de rejoindre la forteresse. Neldirage se retourna pour voir des soldats fatigués traîner les corps des blessés, ils venaient d’atteindre la forêt. Notre général enfila son casque et entreprit de regarder la charge des chevaliers ennemis. Ils traversaient les rangs barbares et seraient là dans une minute. Neldirage attendit que le cavalier qui portait l’étendard soit à côté de lui puis leva un bras pour ordonner la charge. Les chevaux se cabrèrent et martelèrent le sol de leurs sabots ferrés. Ils s’élancèrent au galop à leur rencontre. Les lances se pointèrent et Neldirage attrapa ses deux épées. Quand il jugea la distance acceptable, il déclencha le signal. Les chevaux hennirent quand leurs maîtres les forcèrent à s’arrêter. En haut de la colline, des silhouettes se montrèrent. Un instant plus tard, les rochers dévalèrent la pente en faisant vibrer la vallée. Ils roulèrent sur le sol hostile et terreux avant de plonger sur les cavaliers ennemis. La majorité put éviter ces monstres de pierre mais une cinquantaine finit écrasée. Les autres avaient dû stopper la charge en attendant que la poussière retombe et leur permette de voir la nouvelle configuration de terrain. Neldirage et ses cavaliers, quant à eux, avaient déjà fait demi-tour pour rejoindre la forteresse laissant les lourds cavaliers sans ennemi. Les cavaliers rattrapèrent vite les soldats qui n’étaient qu’à une centaine de mètres de la forteresse. En bas, les barbares n’avaient pas encore commencé à grimper et prenaient position dans le fortin dont une partie du mur s’était effondrée. Neldirage flatta l’encolure d’Eclair et le força à rentrer dans la forteresse. En entrant, il donna ses ordres : -Capitaine Talaert ! Une fois que tous les hommes sont rentrés, barricadez cette porte ! L’homme acquiesça et disparut sur les remparts. Les blessés avaient été allongés sur le sol même de la cour et plusieurs docteurs, y compris Ylanay, tentaient de soulager lesdits blessés. Leurs cris devenaient insoutenables et Neldirage ordonna qu’on les rentre à l’intérieur. La forteresse naine pouvait contenir approximativement une dizaine de milliers d’hommes. Bien plus que les forces actuelles de l’armée de Neldirage. Les hauts murs les protégeraient un temps… Mais ils finiraient, tôt ou tard, par manquer de vivre. Le général convoqua son état-major. Le lieutenant Antonï, Rudolph et Sebastian avaient été blessés lors de l’offensive sur le fortin. Les deux mages étaient également trop fatigués pour être opérationnels. -Etat de la situation ? Demanda Neldirage. -Mille hommes sont encore en vie, quatre cents sont blessés… Répondit le capitaine Ron. -Combien de temps pouvons-nous tenir ? Voulut savoir notre général. -Une semaine tout au plus, répondit le lieutenant Franck. Ylanay les rejoignit en courant. Il salua ses collègues lieutenants et écouta silencieusement la suite du rapport. -Aucune arme à distance, je suppose ? Ajouta Neldirage. -Aucune… Dit Ron en secouant la tête. Quelques arcs et arbalètes trouvés dans la forteresse. Ce ne sera pas décisif. -La porte ? Demanda notre ami à Nalitr. -Très résistante ! Je n’ai jamais vu un tel matériel ! -Mettez tout ce que vous pouvez derrière, on ne sait jamais ! Talaert, prends une escouade et fouillez la forteresse de fond en comble ! Regardez s’il n’est pas possible de s’échapper par un autre endroit. Ron, tu rassembles tout ce qui peut se jeter ! Pierres, flèches, carreaux, tout ! Franck, tu assignes les gardes sur les remparts. Qu’ils n’approchent pas des créneaux, les chaotiques ont plus d’armes à distance que nous, n’allons pas perdre des hommes inutilement. Ylanay, je veux un rapport sur le temps exact que nous pouvons tenir. Et toi Nalitr, tu vas te reposer, tu assureras la prochaine garde, s’il y en a une… Les hommes hochèrent la tête sans broncher et s’éparpillèrent dans toutes les directions. Neldirage partit regarder ce qu’il se passait sur les remparts. Il salua Fred et Rio, deux soldats, et se fraya un passage jusqu’aux créneaux. Il jeta un œil au-dessus de ceux-ci pour voir les barbares faire face à la forteresse. Un groupe de cavaliers se détacha et descendit rejoindre les chaotiques qui commençaient doucement à monter. Celui qui semblait être le commandant des forces d’invasion rejoignit son homologue devant le fortin. La discussion ne dura pas longtemps. Neldirage aurait donné pas mal de choses pour savoir de quoi ils discutaient. Ils se tournaient régulièrement vers la forteresse comme s’ils en discutaient, ce dont notre général ne doutait pas. Ils devaient avoir un plan qui échappait totalement à Neldirage. S’il avait été à leur place, il aurait opté pour un siège et il aurait laissé ses adversaires mourir de faim dans leur tombe de pierre. Neldirage frappa la pierre du plat de son épée par frustration. Il descendit les marches pour rejoindre Ylanay. -Alors, combien de temps avons-nous ? -Nous avons trois jours de rations, en serrant la ceinture, quatre. Si on ajoute le fait qu’on peut tenir sans manger… Une semaine au grand maximum. -Ca fait déjà pas mal… Espérons que des renforts se présenteront bientôt… Ils regardèrent tous les deux le sol… Cette phrase ressemblait beaucoup à une utopie mais leur volonté était telle qu’ils refusaient de s’avouer vaincus pour le moment. -Quel est l’état des blessés ? Demanda Neldirage. -Beaucoup n’ont que des blessures légères. Les soldats ont suivi tes ordres et ont laissé les hommes pour qui on ne pouvait plus rien faire. Dans la forteresse, seule une vingtaine d’hommes est condamnée. Neldirage soupira. Il aurait bien aimé qu’ils puissent survivre. Le destin en avait voulu autrement et leurs ancêtres les rappelaient à eux. Neldirage remit ses affaires de façon convenable et décida d’aller au chevet des mourants. Ils avaient eu une confiance aveugle en lui… Il se le devait. Le général se redressa avec la fierté requise pour ce moment solennel et entra dans le hall principal. En une dizaine de minutes, les cris s’étaient pratiquement arrêtés. Les blessés légers s’étaient endormis ou contemplaient les hautes voûtes, tranquillement. Seuls les mourants gémissaient d’une voix faible. Neldirage se pencha sur le premier soldat. -Paert… Mon vieil ami… Dit-il en lui attrapant la main. -Oh… Général… Répondit l’homme en ouvrant difficilement les yeux. J’ai cru qu’c’était un ange avec la lumière dans vot’ dos ! -Non, ta fin n’est pas encore arrivée… Tu vivras… L’homme parvint à sourire. -C’est pas un vieux roublard comme moi que vous allez faire gober ça, général ! Neldirage rit de bon cœur. -Le coup d’épée ne t’a pas raté, hein ? -Non... Dit-il faiblement en essayant de voir la balafre qui avait noyée le drap sous un rouge écarlate. Faites-moi une promesse, si vous plait général ! -Tout ce que tu voudras, dit Neldirage en s’agenouillant à côté de lui. -Prenez soin de mon fiston ! Neldirage hocha la tête. L’homme reposa sa tête sur le sol avec un petit sourire. Ce fut son dernier. Neldirage ne retint pas la petite larme qui coula le long de sa joue. Il leva une main pleine de sang sur l’homme et referma ses yeux. Cela allait être dur mais Neldirage se jura de passer voir chacun des hommes… En espérant qu’ils ne meurent pas tous au milieu de la discussion. Bien qu’il ne voulait pas qu’ils souffrent, il préférait qu’ils tiennent le plus longtemps possible. Heureusement pour le moral de Neldirage, seuls deux autres succombèrent à leurs blessures et trois décédèrent avant que leur général ne puisse les voir. Les autres tentaient, quant à eux, de lutter contre une mort imminente. Neldirage n’eut pas le cœur de les achever comme le proposaient certains vétérans. Même inéluctable, la mort ne serait jamais accélérée… Enfin pas par Neldirage. Une fois que le dernier soldat ait pu soulager sa conscience, Neldirage retourna, assez bouleversé, voir ses autres hommes. Néanmoins, il jeta quand même un coup d’œil à l’architecture naine de la forteresse. Le hall principal était jalonné de piliers carrés et finement taillés. Ils étaient alignés et formaient plusieurs sortes de couloirs. Les voûtes étaient arrondies et donnaient une profondeur troublante à la salle. Neldirage avait pu faire un tour rapide du lien et avait remarqué que les pièces communes étaient immenses tandis que les chambres, les cuisines, les ateliers étaient plus petites et rudimentaires… Chapitre LXIV Le vent rabattait ses cheveux sur son visage. Comme la première fois, il avait beau souffler fort sur sa nuque, Neldirage ne frissonnait pas. Le paysage n’avait guère changé lui non plus. Un radieux soleil dardait ses rayons sur la vallée et la même forêt dispensait de l’ombre à la petite cabane située à son orée. Un grondement que n’avait pas entendu Neldirage la première fois fit son chemin jusqu’à son oreille. D’où pouvait provenir ce faible son sourd ? Il eut beau essayer de localiser d’où il venait, les montagnes voisines semblaient le faire venir de toutes parts. Il n’eut pas le temps d’approfondir ses pensées que la fraîcheur de l’herbe chatouillait la plante de ses pieds. Il ne perdit pas de temps à écouter le grondement qui filtrait à travers les bruits habituels de la forêt. Il entra dans la cabane. Il vit cette vieille femme-conscience qui ne paraissait pas avoir bougé depuis la première fois. -Bonjour, dit simplement Neldirage. -Bonjour, répondit celle-ci. -Que fais-je ici ? La dernière fois, c’est parce que j’allais pas bien. Là, je me souviens m’être assis sur une roche pour me reposer… -Tu as très peu dormi en trois jours… Ton corps s’accorde un repos bien mérité ! -Je vois… Dit Neldirage en regardant le feu qui craquait. Et pourquoi suis-je ici ? Quand on s’est vu la première fois, c’était pour pas que je devienne fou. Que peux-tu me dire maintenant ? Une technique pour briser le siège ? -Je vois simplement qu’au lieu d’attendre le combat, tu devrais le provoquer ! -Que connais-tu de l’art de la guerre, vieille femme ? S’emporta notre général. Je ne risquerai pas la vie de mes hommes ! -Ce n’est qu’un conseil ! Rétorqua la femme d’un ton monocorde. -Désolé… Je suis sur les nerfs… S’excusa Neldirage. -Ca ira mieux au réveil ! Dit-elle avec une pointe d’amusement. Neldirage grogna. -Tu peux imaginer que je doute de cette stratégie. Le seul avantage que nous ayons est cette forteresse. Il est dur d’envisager qu’en l’abandonnant et en infériorité numérique, nous puissions l’emporter ! -Personne ne te force à le faire… -Pourtant, tu ne t’es pas trompée la première fois… Tu as encore sûrement raison. -Tu n’es pas non plus obligé de me croire. Neldirage ne chercha pas à avoir le dernier mot, c’était impossible. -Qui es-tu exactement et que sais-tu de moi ? Chercha à savoir notre ami. -On va dire que je suis une partie de toi que n’écoutes pas assez… La voix de l’audace… -Tu sais l’avenir ! Démentit Neldirage. -Je suppose de ce qu’il va se passer plutôt… Sans me tromper, bien sûr. -Quelle différence ? -Je ne sais pas tout… -Mais assez sur moi ! Que va-t-il m’arriver ? Demanda Neldirage en se laissant emporter par ses sentiments. -La vie n’est qu’un chemin Où nous guide notre destin Certains deviendront grands D’autres sombreront dans le néant. Les amours nouveaux résisteront Malgré les anciennes promesses et pressions Une erreur sera commise Et disparaîtra une épouse promise Des forteresses seront dressées Non loin de vestiges passés Lorsque l’ordre faiblira Une ville survivra Le mal tentera de s’infiltrer Et ses frères, il faudra tuer Ceci est l’avenir des mortels hors du commun Dont le nom grandira aujourd’hui, comme demain -Toujours rien compris, avoua Neldirage. Un indice ? -Je dis ce qu’il me vient à l’esprit, rien de plus. -Tu m’as aidé sur l’autre énigme ! Se plaignit Neldirage. -Cherche ! Dit-elle avec une sorte d’écho. La voix sembla faiblir et la hutte s’assombrit. Neldirage savait qu’il se réveillait. Son esprit balaya les dernières traces du rêve et notre ami émergea dans la cour. Une goutte de sueur perlait sur sa joue et Neldirage la balaya de sa manche. Il expira fortement et appela son état-major restant. Neldirage se rassit sur le rocher et posa sa tête contre la roche en réfléchissant aux paroles de la femme-conscience-oracle-folle : Neldirage ne savait pas comment l’appeler. Le premier couplet était assez général, Neldirage ne voyait pas trop quoi en déduire. A la première énigme, le général avait mal compris. Beaucoup de choses avaient été sous-entendues. Cela aurait été quand même plus facile qu’elle dise directement ce qu’elle avait à dire, songea Neldirage. Le deuxième paragraphe provoqua chez notre général un haut-le-cœur quand il imagina ce qu’il pouvait signifier. Il laissait entendre que l’amour qu’avait Neldirage pour sa douce Caroline n’était pas éteint. Il savait que ça pouvait marcher… Après cette campagne, il irait la trouver. L’erreur serait de la laisser loin de lui plus longtemps et la fin de la phrase laisser supposer qu’il faudrait l’enlever à son époux et qu’ils partent ensemble. Le troisième paragraphe était on ne peut plus clair. Neldirage devrait construire une forteresse. Où ? Il ne savait pas. D’après le terme ‘mal’, sûrement pas loin d’une frontière. A priori, il ne devrait pas bâtir qu’un fort mais aussi une ville qui pourrait résister lorsque ‘l’ordre faiblira’. Par contre, Neldirage ne comprenait pas – ou ne voulait pas comprendre – ce que signifiait se battre contre ses frères. Il ne put pousser ses réflexions plus loin, ses deux capitaines et trois lieutenants arrivèrent. -Donnez l’ordre aux hommes de se préparer... Nous allons sortir nous battre ! Chapitre LXV -Général, dit le capitaine Ron, sans vous manquer de respect, ce serait de la folie. Les autres acquiescèrent. Seul Ylanay cherchait à savoir ce qu’avait Neldirage avait derrière la tête. Rare avaient été les décisions irréfléchies de son ami. -Faites-moi confiance… Dit Neldirage avec une assurance qui le surprit. Ils s’inclinèrent à contrecoeur. Ylanay lui glissa à l’oreille en passant une phrase : -J’espère qu’on aura une explication… -Plus tard ! L’heure n’est plus aux négociations mais à la guerre ! -Ordre de bataille ? Demanda Talaert qui était revenu. -Charge des cavaliers, repli puis soldats à pied. -J’approuve cette méthode de percée ! Lui dit Talaert. Cette technique consistait à créer un espace dans les rangs ennemis dans lequel s’engouffreraient les soldats. Vu la distance qu’il y avait entre la forteresse et les falaises, ils allaient couper l’armée des chaotiques en deux. La plus grosse partie se trouverait sur le côté gauche de la forteresse, dans la descente et dans la forêt. Une bande d’environ huit milles soldats. Quand ils chargeraient, la plus petite partie des chaotiques, cinq cents soldats, serait acculée sur la partie droite de la forteresse. Dos au vide. -Que tous les projectiles que vous avez rassemblés soient apportés sur cette partie des remparts, dit Neldirage en montrant le coin gauche de la forteresse. Les cavaliers montèrent leurs destriers qui étaient restés dans la cour. Une sorte d’écurie de fortune avait été créée dans l’enceinte principale. Eclair était justement en train de se repaître d’une meule de foin. Neldirage lui caressa le flanc. Regardant la bête et espérant que ce ne serait pas leur dernier combat. Avec l’aide d’un soldat, ils mirent la grande cotte de maille elfique au cheval. Elle ne semblait pas entraver les mouvements de l’animal et pourtant, on pouvait deviner qu’elle fournirait une défense à toute épreuve. Neldirage enfourcha Eclair et vint rejoindre la centaine de cavaliers restants. -Chevaliers sur cinq rangs ! Soldats en formation derrière ! Neldirage serait le seul gradé dans la charge. Elle était risquée et il était hors de question de perdre les personnes qui organisaient ses hommes. Les lances de cavalerie furent amenées et les cavaliers s’en saisirent. Le général regarda l’arme qu’on venait de lui donner. Elle mesurait environ cinq mètres. Elle était de couleur blanche et terminée par une pointe terriblement aiguisée. Comme toutes les lances de cavalerie, elle était lourde et pour le moment, elle était pointée vers le ciel. Neldirage attrapa son casque et l’enfonça prestement sur sa tête. Eclair slaloma entre les cavaliers et se plaça sur la première ligne. Le général sourit sous son casque et flatta l’encolure de son cheval. Le capitaine Talaert vint sur le côté de la formation équestre, à la fois pour vérifier la motivation de son commandant et pour attendre ses ordres. Le général hocha la tête et resserra sa prise sur sa lance. Talaert leva le bras et la centaine d’hommes, qui était accroupie derrière les remparts, attaqua les chaotiques qui étaient massés derrière la porte. Plusieurs soldats furent fauchés par des carreaux et s’écrasèrent dans la cour, comme si le corps souhaitait se fondre avec le sol écarlate. Une fois que les munitions furent épuisées, Neldirage hocha la tête en direction de Ron. Les portes s’ouvrirent lentement et les chevaliers lancèrent leurs montures au galop. Les chevaux sautèrent par-dessus les corps qui parsemaient la sortie. La première ligne abaissa ses lances formant ainsi un véritable mur de mort. Un silence s’abattit sur la scène, seulement rompu par le bruit du martèlement des sabots. Neldirage serra de nouveau le manche de l’arme et le rabattit plus fort contre son torse. Le bouclier fut aussi rapatrié vers le corps vulnérable du général. Une flèche siffla et fut déviée par le haut de son casque. Neldirage ne s’attarda pas sur ce détail et regarda les barbares qu’il allait percuter. La lance s’enfonça dans un premier corps puis le traversa pour plonger sa pointe meurtrière dans le torse suivant. L’espace qui séparait Neldirage des deux cavaliers latéraux permit aux cavaliers de la deuxième ligne de continuer à pousser la charge plus loin. Neldirage lâcha sa lance et dégaina son épée pour se placer derrière le cavalier qui venait de charger. Ainsi une fois l’espace libéré, les soldats de la troisième ligne avaient un endroit où attaquer car chaque soldat répétait cet acte sur toute la zone de bataille. Peu de cavaliers périrent, les seuls à succomber le furent par des traits ennemis ou chutèrent dans le vide en arrivant vers la falaise… Les soldats à pied, menés par le capitaine Talaert et Ron, émergèrent de la forteresse et formèrent une ligne de front. Neldirage tira sur ses rênes et dirigea Eclair vers les chaotiques qui étaient moins nombreux et acculés contre le gouffre. Inexorablement, la hargne des défenseurs fit reculer peu à peu les ennemis. Ils finirent par être tellement serrés que les barbares, qui se tenaient dos à la falaise, chutèrent et se tuèrent en contrebas. En l’espace d’une douzaine de minutes, ils se débarrassèrent de trois cents soldats contre dix fois moins d’hommes sous les ordres de Neldirage. Contrairement à l’autre partie du champ de bataille, le combat était ici remporté. Neldirage descendit rapidement de sa monture pour attraper une lance de cavalerie encore intacte. Le propriétaire et le cheval avaient été fauchés par une volée de carreaux. Alors que le général avait saisi les rênes de sa monture, un bruit de cor s’extirpa de la mêlée. Cela alerta Neldirage pour deux raisons : La première était qu’avec un raffut pareil, on n’aurait rien dû entendre. La seconde était que ce son n’était pas celui d’un ami ni celui d’un ennemi. Pendant une minute, il n’y eut rien. Neldirage pensa avoir rêvé et remonta sur Eclair qui piaffait d’en découdre. Quand soudain une dizaine de bateaux émergea dans la baie. De larges voiles blanches, une coque élancée, la grâce naturelle. Neldirage se demandait qui pouvaient être ces nouveaux adversaires quand le navire de tête éperonna un chaotique. Le général lâcha un soupir amusé et partit rejoindre ses soldats. Ayant trouvé un endroit où peu de soldats se battait, Neldirage se jeta corps et âme dans l’affrontement. Ledit endroit se trouvait à quelques mètres seulement du ravin. Neldirage laissa choir la lance qui avait ôté la vie de trois nouveaux soldats pour se cramponner à sa selle. Eclair se cabra et donna des coups furieux de sabots. Deux fantassins, qui eurent le malheur de se trouver sur la trajectoire, périrent le crâne fracassé. En déplaçant son cheval sur la droite, Neldirage précipita deux chaotiques dans le vide et d’un coup d’épée, il traça une marque sanglante sur le torse d’un nouveau venu. Aucun autre adversaire ne se présenta et la bataille semblait moins épaisse. Neldirage put alors voir qu’un demi-millier de choses scintillantes avait débarqué et prenait d’assaut le fortin secondaire. Sur la plage, des elfes lâchaient des traits plus meurtriers les uns que les autres. Une bonne partie de l’armée se détacha de la mêlée pour descendre tuer ces importuns. Neldirage alla alors vérifier qu’il n’y avait plus aucun navire ennemi. Seules restaient des bulles et des colonnes de fumée. Neldirage arracha un étendard des mains d’un de ses soldats et partit au milieu de la bataille. Un barbare frappa et Neldirage crut que, après que la hache eut tranché une partie de la hampe de l’étendard, l’arme allait continuer sa route et pénétrer les flancs d’Eclair. L’armure elfe tint bon et le cheval hennit et se mit hors de portée d’un nouveau coup. Neldirage, quant à lui, perfora l’assaillant avec l’étendard brisé. Les soldats, après quelques cris de Talaert et Ron qui avaient vu Neldirage, vinrent se masser près du drapeau brisé. Après quelques instants, une nouvelle ligne de front s’était formée du coin gauche de la forteresse au ravin. Neldirage se dégagea de la mêlée pour avoir une meilleure vue. Les soldats n’arrivaient pas à prendre l’avantage. En jetant un œil sur la plage de la baie, Neldirage put voir que les elfes ne s’en sortaient guère mieux. Quelques hommes s’extirpèrent de la mêlée, ils étaient visiblement blessés. Le général profita de ce répit pour aller les voir. -Soldats ? Demanda Neldirage inquiet. -Ca va aller ! Dit l’homme qui traînait un de ses amis. -Vous pouvez vous battre ? -Pour lui, ça sera pas possible ! Répondit le soldat en désignant son ami. -Et les autres ? Voulut savoir Neldirage. -On est tous blessé… Dit un homme avec une balafre à la jambe. Il semblait visiblement déçu que leur général pense qu’ils avaient fui le combat alors qu’ils pouvaient se battre. Le général ne leur en voulut pas et se retint d’exprimer ses doutes. Il réfléchit à ce qu’ils pourraient faire. Après un bref regard en arrière, Neldirage leur trouva un rôle. -Emportez les blessés dans la forteresse ! -Il y a l’air d’en avoir beaucoup… Dit un soldat dont le visage était maculé de sang. -Alors dépêchez-vous ! Si jamais nous perdons cette bataille, je ne veux pas que ces hommes soient dehors ! -Oui, général ! Dirent-ils en chœur. Neldirage mit pied à terre pour se frayer un chemin jusqu’à la ligne de front. Ses hommes reprirent confiance quand ils virent que tous les gradés de l’armée étaient à leur côté. Van, Ylanay et Pierre se battaient côte à côte et se relayaient pour former un véritable mur de défense. Neldirage se rassura en voyant que ses amis étaient assez compétents pour se défendre par eux-mêmes. Il put voir également que ses capitaines montraient l’exemple en taillant tout ennemi qui se présentait à portée de leurs haches et épées. Par contre, se dit Neldirage, dans peu de temps, l’avantage appartiendrait aux chaotiques dont le nombre leur serait décisif. Un nouveau bruit de cor retentit le long de la falaise. LA SUITE @+ -= Inxi -=
  5. Je sais pas... On negorciera ca plus tard Comme si c'était pas évident ! efficaces ; être prêts Faute de frappe ont Et une peite faute sur la forme : tu différencies toujours pas tes paragraphes ! On passe du récit de Lamenoire aux taureaux limite sans retour à la ligne ^^ Pour le fond, c'est pas mal ! Tu entraînes les hommes ce qui va leur permettre de résister aux taureaux ^^ On a de jolies descriptions et le passage sur la magie est intéréssant ! Sinon, j'ai pas bien compris le passage sur l'organisation nocturne du camp. Mais je vais relire ca doit etre la fatigue ! Sinon ... Encore ! @+ -= Inxi =-
  6. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Voici le shéma ! Je me passe de commentaire, je l'ai fait en 5 minutes, montre en main ! D'ailleurs sans juger mon 'oeuvre' j'ai laissé mon avis en bas de la feuille xD Bon je post le nouveau chapitre dans deux tites heures ^^ Bon les légendes viennent après donc : *En haut a droite, c'est mal passé au scanner, mais c'est lentrée de la vallée, entre deux collines. *Les hachures pas appuyées, la végétation ^^ *Les deux carrés noirs, les forts *Les deux carrés et le trait : les deux tours et la palissade munie d'une porte @+ -= Inxi =-
  7. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Ton cadeau a été d'être le seul posteur de réponses Grand privilège Une suite complètement passée inaperçue xD Esperons que celle-là le sera moins / @+ -= Inxi =-
  8. Bon moi ca fait deux ans que j'ai pas touché à warhammer... Mais bon, parce que beaucoup de gens se sont invetis, je vais aider ! J'en prends un ! Uniquement si je peux avoir les signatures des auteurs @+ -= Inxi, franchement bravo ! =-
  9. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Allez la suite ! / On verra ensuite que ca sera pas super déterminant ! Il y a des limites à ce pouvoir ^^ J'ai changé avec un Nedi suppliant Enlevé, il a juste entendu parler de Nedi par son histoire d'amour Passage entierement refait ^^ J'ai remis une explication à la fin d'un chapitre, quand les amis partent. Mais je te rapelle que les dernières nouvelles étaient desastreuses et allait se marier. Il est donc desespéré et veut l'oublier ^^ Ca je change pas car il a en rien deviner l'avenir Sauf l'énigme mais a lui dela comprendre Et gemini j'ai corrigé les fautes ! Tu t'es fait greffer des yeux speciaux avoues pour trouver les fautes !!!! héhé ! @+ -= Inxi =-
  10. Inxi-Huinzi

    La Prophétie des Eléments

    Je savais bien qu'un texte était passé au travers des filets... Quand vous voyez que j'ai pas répondu à un texte, hésitez pas ! Signalez le moi ! Bon je vais commenter au fur et à mesure de ma lecture ! Premier paragraphe un peu maladroit je trouve parce qu'on a appris juste avant qu'ils étaient en fuite. Y a aucun suspense Ensuite discussion assez bien manoeuvré. J'aime particulièrement les diverses réactions quand l'elfe se découvre. Je coris que t'as très bien choisi les noms en fait ! Félicitation ! tiret Marrant le coup des flèches Ca fait très esprit bretos Manque deux tirets Bon j'ai fait le tour ! Une bonne suite, franchement J'attends de voir le reste, surtout pour la magie ! C'est fair play xD @+ -= Inxi =-
  11. Inxi-Huinzi

    La route de la soie

    6 mois ^^ Quant au sûr rechausse-toi lol ! Bon j'ai pas grand chose à dire ^^ Déjà parce que c'est court et donc que ca avance pas beaucoup Tu aurais pu t'amuser à décrire la cité Bon bah... Suite ! Je vois que ça à dire Ecris plus @+ -= Inxi =-
  12. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Les autres, je répond a vos questions après le passage ou je rep a Iliaron qui pose plein de question Alors Iliaron, je vais essayer d'expliquer mon raisonnement et si ça ne va pas, meme le moindre truc, tu me le dis et je change sur le texte...Les autres aussi d'ailleurs ! Donnez votre avis Même si mon raisonnement parait bon et tu trouves que j'aurai du le marquer, dis-le ^^ Tant mieux A part de breves allusions, ca risque d'être difficile. Ce point là va pas vec ma remarque précédente, vu qu'on voit pas comment faire pour mieux gérer, je vais laisser pour l'instant comme ça ^^ Bah pour l'instant, 100 pages plus tard j'ai pas répondu à cette question Tout ce qu'on sait, c'est l'insconcient de Neldirage qui prend la parole ( que j'appelle conscience, elle lui ouvre les yeux ) Mais je sais quand il va découvrir vraiment ce que c'est.. ça va se rejoindre avec l'épée aussi ! Enfin bon vous verrez ca dans 120 pages word je pense Si, il en a une puisque je dis qu'il l'a compare avec une autre ^^ Ils ont exploré eux-meme l'hiver donc l'herbe n'a pas encore poussée ! Je sais que c'est un an plus tard mais on peut supposer qu'entre temps, ils sont pas aller se balader par là-bas ^^ Du moins Neldirage qui peine déjà a trouver du temps libre pour aller une fois à la plage Un bastion nain le long du côte... Plutot un endroit bien caché qui sert plutôt de base secrete Au prochain chapitre vous avez la réponse je crois Elle va lui sauvez la vie ! Non, sans blague CA j'ai rien à dire ! Je vais faire des petits rappels où il va se demander s'il a un lien. Voire même une proposition de ses amis, après l'attaque des chaotiques, qui en rigolant qui va y avoir une invasion bientot et là NEldirage se dirait que c'est possible avec ces liens ! Vous en pensez quoi ? Il peut les voir mais l'armée ennemie n'est pas aux portes de sa ville, elle est trop loin pour qu'il voit son avancée. Vent + récifs ^^ Pour le reste de la remarque ... Vous verrez Il a quand meme mis la matinée pour aller au bord de la mer ^^ Comme c'est une ville assez pauvre, on peut se dire qu'ils ne peuvent entretenir une flotte. Déjà qu'ils arrivent pas à chauffer le chateau A la abse, c'est l'armée de Karlinter qui devait protéger cet endroit et donc Neldirage n'aurait jamais du etre mêlé à ca. Comme c'est le plus competent dans le coin, c'est lui qui va s'en charger et donc c'est impression que tt lui tombe dessus n'est pas fausse puisque c'est le cas. Ca je peux y faire quelque chose Les autres maintenant ^^ Affirmatif J'ai corrigé les fautes aussi donc si j'ai bien pigé, neldirage s'en va prendre position dans un bastion qui se situe sur/a coté? de la plage. mais mais ne doit il pas reprendre d'abord la tete des troupes de karlinter? ou doit il défendre la plage en attendant les dites troupes? et puis c'était pas 500hommes? Oui je me suis embrouillé ! Il va chercher les hommes puis va défendre. Le deuxieme paragraphe était pour dire que pendant l'action, il avait commandé au max 300 hommes ( pendant la chasse aux chaotiques ) Tu sais que j'y pense souvent ? Allez, la suite après demain enfin demain puisqu'on est mardi maintenant xD @+ -= Inxi =-
  13. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Bon voilà la suite, on est lundi, nouvel horaire de votre série :P Quoi à dire depuis la dernière fois Ben toujours merci de votre lecture ^^ Message special au général grievous... Je sais pas quoi dire ! je vais te montrer par smile la tête que j'ai faite : / @+ -= Inxi =-
  14. Inxi-Huinzi

    Numar: une nouvelle ère

    tirer - tous J'y ai réfléchi hier à ca ! Alors je vais faire mon petite exposé. Ca : 1, ca se prononce comment ? Ca se prononce pas 1, vu que c'est un chiffre... Un chiffre qu'est ce que c'est ? Un symbole... Comment si tu mettais tout le temps /_\ à la place de delta ( je sais mon symbole est moche ) alors en fait, quand on y pense, c'est du chatspeak, chose bannie du forum 1 se prononce un et s'écrit un, pas autrement 1, c'est un symbole réservé au maths et c'est pour ca qu'il n'y aura jamais de chiffre dans un livre ^^ Sinon pas mal ! Je dirai que c'est une bataille bien décrite ! Sinon, je me demandais aussi si tu avais déjà lu des phrases en majuscules dans un bouquin ? Donc je corrigerai à ta place Bon allez, j'ai assez piniaillé ! Bonne suite franchement et vivement encore la suite @+ -= Inxi =-
  15. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Alors dans l'odre Je n'ai qu'à dire : Ne faites pas le Nedi et oubliez pas la deuxième partie de l'histoire J'ai remanié tout ca ! En mettant le deuxième plus tard et le rendant donc plus court ! 200 pages plus tard, j'ai toujours pas donner une réponse à cette question Pas encore ^^ Vous oubliez un gros détail Et sinon, oui l'exil c'était pour ca @+ -= Inxi =-
  16. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    J'ai fait les corrections ^^ J'ai cru que j'allais jamais avoir de réponse sur ce chapitre Moi qui aime bien poster le soir pour avoir des reponses le lendemain matin, j'ai été servi Donc pas de double post en perspective ! J'ai aussi corrigé la dernière phrase où Neldirage se reprend sur une reaction égoiste J'essayerai plus tard de 'pimenter' le dialogue elfe/nain Bon bah cette suite est un premier ENORME tournant de l'histoire ! Alors hésitez pas, commentez Je vous laisse à la lecture qui va changer un peu. Vous vouliez des surprises ? Vous allez être servis ! / @+ -= Inxi =-
  17. Inxi-Huinzi

    Le comte Zaleth de Goten

    mdr xD re xD tiens, est ce que le pluriel est obligatoire ? Je vais aller vérifier de toute manière mais moi avec 'on', je met le singulier ^^ J'me disais Quelqu'un qui va se faire écraser Allez, génial ! Encore ! J'espère que la fin sera pas dans deux chapitres @+ -= Inxi =-
  18. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Voilà alors le chapitre qui va en préparer un second ! Quelques explications aussi dans celui-là ! Enfin bon, vous allez me tuer quand vous verrez celui de demain Il est surprisoïdal ! / @+ -= Inxi =-
  19. Inxi-Huinzi

    Le Bourreau

    Pourquoi le tiret ? cri ; autre 'à' suivit d'un participe passé ? Pas franchement crédible ! ' a tourné ' Ben c'est pas mal ! Je trouve le passage plus fluide et plus compréhensible mais si je t'avoue que je vois pas où t'a changé J'ai pas de mémoire ! En tout cas l'impression de la dernière fois n'est pas la même que maintenant où je trouve ça plus travaillé ! Bon c'est plus 'prosoïdale' qu'atre chose donc je suis pas la bonne personne pour faire remarquer que ca va pas ! Warza se débrouille mieux ! Donc je me contenterai de dire : suite ! @+ -= Inxi =-
  20. Inxi-Huinzi

    La Prophétie des Eléments

    fuirent au dernier des fuyards, rend mieux je trouve ! ^^ manque un mot Vla pour la forme, boy'z ;p Bon sinon c'estun bon chapitre, j'ai vraiment pas vu passer le temps ! Tout mes compliments ! Je vais quand meme essayer d'être constructif... Même si c'est dur et étranger à môa Ben je comprends pas comment le général orcfait por se battre sur sa vouivre.. Elle se penche ? J'en doute ! Et je doute aussi qu'elle soit de petite taille vu qu'elle a sur son dos un général orc noir ! Bon à part cette remarque kedal ! Vivement la suite ! @+ -= Inxi =-
  21. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    Tiens justement, à propos de ça : Quand je disais que le textes serait long, je ne savais pas encore ce que je disais ! Au début, je visais les 100 pages words mais enfait, je crois que je vais atteindre les 300 ! Donc ca se trouve, il sera fini à la fin de l'année... Comme il y a les vacances, vous risquez de décrocher Donc faudrait que j'essaie d'accélerer l'allure ! Comme poster le lundi si vous êtes d'ac ^^ Je pourrais aussi ralentir au moment du bac pour ce que ca arrange ( au moins Iliaron ) Cette question est posée à TOUS mes lecteurs @+ -= Inxi, faut me dire ^^ =-
  22. Inxi-Huinzi

    L'Ascension d'un héros

    J'ai fait les corrections nécéssaires ! Maintenant voici, un nouveau chapitre J'ai jamais autant trouvé de fautes donc je pense qu'il n'y en a plus beaucoup ! Enfin j'espère que non ! Bon, j'annonce discretement ce qui se trame dans ce passage et Fibur tu vas pouvoir voir tous les élements pour ton texte Bonne lecture ! LXIV Les amis festoyèrent sans les elfes. Cela ne les dérangeait pas outre mesure… Ces derniers auraient sûrement fait de même dans pareilles circonstances… Quoique, en vint à penser Neldirage, ils étaient quand même assez xénophobes et orgueilleux. Mieux valait qu’ils mangent seuls si c’était la seule manière de les tenir au calme. Le capitaine refusait que cette prétention elfique finisse par transformer la salle à manger en arène. Les amis mangèrent tranquillement comme à leur habitude avant de laisser leurs hommes cuver leur soirée. Par précaution, Neldirage fit augmenter la garde. S’il arrivait malheur à ses invités durant le séjour, il ne se le pardonnerait pas. Il rentra vite dans sa chambre et se coucha. Demain, ils devraient aller à la rencontre des nains. Le capitaine se demandait comment cela allait se passer. Il tira sa couverture en espérant qu’ils ne feraient pas autant d’histoires que ces longues oreilles. On disait les nains bornés mais raisonnables. Neldirage demanderait à ses hommes de rester sages et de ne pas provoquer des êtres aussi susceptibles que ces fiers barbares du nord. Il s’endormit sur ces belles pensées. Rek vient le réveiller à la mi-matinée. Les nains approchaient et ils avaient campé dans les plaines. Ils commençaient à changer de direction. Il fallait se dépêcher. Comme la première fois, une quinzaine de cavaliers partirent sous la direction de Neldirage, Van et Rek, les trois officiers de la forteresse. Pierre et Ylanay décidèrent de rester surveiller les elfes. Neldirage avait confiance en ces derniers mais ils préféraient que des hommes posés restent à leur côté. Le groupe de cavaliers laissa les montures les porter toujours plus vite. En quelques heures à peine, ils traversèrent la forêt. C’était un vrai plaisir de voyager par un temps pareil, se dit Neldirage en laissant son visage se faire caresser par quelques rayons de soleil. En dessous de lui, le sol boueux et humide de la forêt commençait à laisser place à de petites touffes d’herbes. Rapidement, ces petites touffes se transformèrent en long tapis de plus en plus épais. -Comment on va les retrouver là-dedans ? Gémit Van en voyant que l’herbe mesurait plus d’un mètre. -Où sont ces maudites sentinelles ? S’insurgea Neldirage en voyant que ses hommes n’étaient pas là. Au loin, il aperçut quand même deux chevaux qui marchaient à travers la plaine. Il y avait deux hommes à côté de ces montures. Le capitaine étouffa un juron. Pour qui se prenaient ces gardes à jacter comme des poules et ne plus suivre ces nains ? Neldirage ordonna la remise en route de la colonne de cavaliers. Quand ils arrivèrent à une cinquante de mètres, le capitaine put voir une petite fumée s’élever dans le ciel. Deux petits êtres barbus grimpèrent sur les rochers et regardèrent le groupe du capitaine venir dans sa direction. Comme les elfes, ils étaient lourdement armés mais leur style semblait plus carré qu’élancé. Ils portaient une armure qui leur protégeait aussi bien le ventre que les pieds. Leurs visages étaient à découvert et ils semblaient tenir leurs casques à la main. Une longue barbe blanche pendait à leurs mentons et arrivait jusqu’à la moitié de leurs corps. Neldirage sourit, ils semblaient attachants. En s’approchant, il vit deux nains le mettre en joue à l’aide d’arbalètes. Ils n’étaient pas moins équipés que les guerriers. Ils avaient tous de gros ventres qui démontraient une certaine joie de vivre. Ils portaient de petites haches à la taille et de plus massives recouvraient le dos de certains. Les deux éclaireurs étaient ligotés et la corde était reliée à leurs chevaux. -Désolé, capitaine ! On est tombé dans une embuscade ! -C’est rien ! Je vais régler ça ! Dit Neldirage avant de descendre de sa monture. -Qui êtes-vous, jeune impudent ? -Je suis le chef des hommes que vous avez fait prisonniers ! -Vous êtes aussi des bandits alors ! -Non, répondit Neldirage, je suis ici pour vous mette en garde. -Contre quoi, humain ? Est-ce une menace ? -Non, répondit notre héros aux nains. Je vous préviens, c’est tout ! Le général Karlinter en veut à vos vies… -Je sais ! Répondit un nain qui émergea des fourrés. Il semblait encore plus vieux que ses compagnons. Son armure était pratiquement couverte d’or. Neldirage se demandait si c’était pratique pour se déplacer… Il portait une couronne sur la tête. Elle était faite d’une matière argentée que le capitaine n’avait jamais vue. En tout cas, il put quand même remarquer qu’elle reflétait bien la lumière. Il dut mettre une de ses mains en visière. -Majesté… Dit Neldirage avec une courbette. -Enchanté, capitaine ! Capitane comment ? -Neldirage, je commande une forteresse à l’ouest d’ici… -Pourquoi venir nous prévenir de ce danger ? Nous avons déjà rencontré les hommes de Karlinter. Nous avons dû les tuer mais malheureusement deux d’entre nous y sont restés. Ainsi que deux autres bien avant… -Je suis désolé, dit Neldirage. Je connais le but de votre mission. Pour cela, je vous propose de joindre un cortège qui sera composé d’hommes sûrs. -Qui sont-ils ? Demanda le nain à qui le capitaine avait parlé en premier. -Des hommes sous mon commandement… et des elfes. Neldirage guetta la réaction des nains. Celle-ci ne tarda pas. -Hors de question de voyager avec ces mauviettes ! S’emporta-t-il. -Ecoute ce qu’on a à te dire, bas-du-cul ! Lança Van comme si de rien était. Le nain avança, visiblement énervé, vers le cheval de Van. Le roi, d’une voix toujours aussi autoritaire et marquée par le temps, ordonna au nain de se calmer et de revenir. Celui-ci s’exécuta à grande peine. -Bien que notre rancune soit vieille de plusieurs millénaires, nous sommes prêts à prendre part à ce convoi… -Vous n’y pensez pas, seigneur ! S’exclama le nain, un genou à terre et lui tenant une main. -Ecoute, Haraz, tu es jeune ! Tu n’as que quatre-vingt ans… Neldirage tiqua… Encore un peuple qui ne faisait pas son âge. -Nous avons déjà perdu trop de monde sur ce trajet… Il est hors de question que je nous fasse perdre plus de temps ! Qu’est-ce que vous nous proposez ? -Venez à ma forteresse ! Le commandant elfe est là-bas, nous pourrons discuter tous les trois. Le nain acquiesça. Neldirage bénit sa sagesse et ordonna à certains hommes de laisser leurs chevaux. Il faillit y avoir une émeute pour forcer certains barbares à accepter un second cavalier. Les cinq nains montèrent ensuite sur les trois chevaux et les étriers furent rehaussés. A priori, monter à cheval ne faisait pas partie de leurs qualités. Malgré la volonté qu’avait Neldirage de rentrer au plus vite, les chevaux avaient plus de mal avec ce surpoids. Surtout ceux des nains… Ils durent faire un roulement pour ne pas les épuiser complètement. -Vous travaillez pour Karlinter ? Demanda Farak, le commandant des nains. -Plutôt mourir, cracha Neldirage. Je le hais ! -Nous voilà une chose en commun, dit son interlocuteur en hochant la tête. -Vous aussi, vous allez remettre votre rapport comme quoi une grande invasion se prépare au nord ? Le nain répondit par l’affirmative à travers sa broussailleuse barbe blanche. -Viendrez-vous nous aider ? Demanda Neldirage avec une pointe d’espoir. -Nous verrons la sagesse de votre empereur… Nous sommes prêts à répondre aux anciennes alliances mais là n’est pas la question ! Cela eut quand même le mérite de rassurer le capitaine. Derrière eux, des bruits d’une dispute montèrent jusqu’à leurs oreilles. Van et Haraz s’était lancés dans un concours d’insultes. Neldirage sourit et se mit à reparler avec le nain. -Combien de temps avons-nous ? -Deux mois, je pense ! Annonça le vieux nain. C’était bien court, pensa le capitaine. Heureusement qu’il n’allait pas prendre part à la bataille. Des autorités compétentes allaient s’en charger. S’il le fallait, Neldirage pourrait envoyer une partie de sa garnison en renfort bien qu’il doute que cela change grand-chose à l’issue de la future bataille. -Pensez-vous pouvoir rester calme avec les elfes ? -Cette question est une insulte à mon honneur, répondit le commandant avec un clin d’oeil, mais je n’en tiendrai pas rigueur. Si ces oreilles pointues ne se montrent pas désobligeantes, le voyage se passera bien. Neldirage l’espérait. Trop de choses étaient en jeu dans cette mission. -Merci de ne pas avoir fait trop d’histoires pour venir ! Dit le capitaine. -Pas de problème, jeune homme ! Nous vivons des temps sombres. L’aide ne doit pas être acceptée avec méfiance… Neldirage hocha la tête pensivement. Il espérait que le nain exagérait un peu sur cette époque. Il savait au fond de lui qu’il n’en était rien et qu’ils vivaient peut-être leurs derniers instants. Ils finirent tout de même par arriver à la forteresse. Le garde en faction se retint de faire la moindre réflexion sur les personnes qui accompagnaient leur capitane. -Que pauvre architecture ! Fit remarquer Haraz. Que votre rempart est moche ! -Il a été bâti à la va-vite ! Vous pourrez nous dispenser de vos conseils pour l’améliorer, maître nain… Proposa Neldirage. Le nain grogna en réfléchissant à la question et félicita le capitaine pour sa construction qui servait à l’irrigation. Le commandant nain, lui, restait pensif. Il regardait la forteresse, la population qui affluait comme s’il devinait un futur qui pourrait arriver. Malgré la chaleur, Neldirage frissonna à ce que pouvait imaginer l’être barbu. Le soleil commençant à se coucher, le capitaine guida ses invités dans le réfectoire et demanda aux barbares qui l’avaient accompagné de faire quérir ses autres amis. Bientôt, il y aurait une mise au point. Chapitre LV Les nains furent bien plus sociables que les elfes. Bien que le début du repas fût assez calme, les petits barbus s’intégrèrent assez vite avec les groupes de barbares présents. Ils avaient le même caractère et le même sens de l’honneur. Ils se mirent à faire des concours de bras de fer, à chanter avec les hommes, leur apprendre des chansons et faire des jeux à base d’alcool pour tester leur résistance à ce dernier. Neldirage était content que cela ne dégénère pas. -Maître nain, dit le capitaine au commandant, rentrons à la forteresse pour parler avec les elfes. Celui-ci acquiesça et refusa une escorte de ses congénères pour l’accompagner jusqu’au fortin. Neldirage sortit sous un ciel sans nuage et sans lune. Des étoiles éparses créaient une voûte dans laquelle les regards étaient aspirés à travers l'infinie grandeur de cette nuit apaisante. Même le nain, qui préférait généralement la terre à tout autre plaisir, avait les yeux rivés sur ces millions de points scintillants. Une longue traînée blanche était visible: Elle semblait découper le ciel en deux. Ils regardèrent un moment ces lueurs bleutées, blanches, rougeâtres et orangées avant de partir d’un pas rapide vers la forteresse. Les elfes patientaient dans la salle à manger. Ils étaient en pleine discussion qu’ils cessèrent immédiatement quand l’homme et le nain rentrèrent. Les oreilles pointues dévisagèrent le petit barbu qui leur rendit leurs regards. Neldirage doutait de ce que lui avait dit le commandant nain sur sa capacité à se retenir. Ylith fit un signe de tête à ses hommes qui rechignèrent à partir. Ils finirent tout de même par s’en aller laissant seuls les trois commandants. Neldirage brisa la tension qui commençait à s’accumuler. -Bien, vous savez sûrement pourquoi vous êtes là… Le général Karlinter m’avait ordonné de vous exécuter. Mais bien évidement, je ne l’ai pas fait… -Sage décision, dit le nain de sa voix rocailleuse. Neldirage hocha la tête et continua : -Si les deux groupes sont d’accords, je souhaiterais, sous le commandement de mes hommes, que vous fassiez route commune jusqu’à notre capitale… Les deux frères ennemis se jugèrent du regard. -Alors ? Demanda le capitaine qui s’impatientait. -Oui, dirent-ils, à coup sûr, à contrecœur. -Savez-vous pourquoi le général souhaite votre mort ? Demanda Neldirage qui ne trouvait pas de réponses plus logique que ça. -Je pense pouvoir répondre à cette question… Dit l’elfe. Si messire nain me l’autorise… On sentait vraiment que ces mots venaient contre sa volonté. Le commandant à barbe blanche donna son assentiment. -Je pense que Karlinter va tenter un coup d’état… Il doit penser que si nous n’arrivions pas à destination, l’Empereur serait obligé de réagir précipitamment. Les troupes seraient lancées rapidement vers le nord pour contrer l’invasion. Le général Karlinter et ses troupes profiteraient de l’absence de ces armées pour s’emparer du pouvoir. -Que comptez-vous faire ? Demanda Neldirage. -Apporter coûte que coûte notre message ! Dit le nain en frappant la table. -Et pour le général ? -Nous parlerons à l’Empereur de cette tentative d’assassinat, dit l’elfe, si vous pouviez écrire une déposition sur ce qu’il vous a demandé de faire, ça ne serait que plus crédible. -Bien, je le ferai… Répondit le capitaine. Neldirage resta pensif. Il avait une requête à leur demander également mais il ne savait comment la formuler. -J’ai une faveur… Les deux commandants levèrent leurs yeux vers le capitaine. -En fait, lorsque le général Karlinter est venu ici me confier la mission… J’ai… Comment dire… Manqué totalement de respect envers mon supérieur ce qui est intolérable dans notre civilisation. De plus, il m’a fait quelques menaces au cas où je n’accomplirais pas ma mission... -Je comprends ! Dit le nain. Cet homme devrait goûter de ma hache. -Nous parlerons en votre faveur auprès de l’Empereur, soyez-en certain si c’est ce que vous me demandez. -Merci ! Déclara Neldirage en leur serrant la main. Les deux êtres furent surpris de cette façon de remercier mais s’adaptèrent aux coutumes locales. Les trois individus s’assirent autour de la table pour régler les détails de l’affaire. Il fut décidé que Van et Pierre, ainsi que cinquante soldats de la forteresse escorteraient les nains et elfes jusqu’à ce qu’ils soient en sûreté. Neldirage décida d’envoyer ces deux amis-là car c’étaient eux qui avaient le plus besoin d’aller en ville pour leurs différentes affaires. Il fut aussi décidé que le convoi prendrait un chemin qui ne suivrait pas la route principale. Elle serait sûrement surveillée et pour cette mission, la discrétion passait avant tout. Malgré le manque de confiance totale de l’elfe et du nain envers la civilisation humaine, ils acceptèrent qu’une partie du voyage se passe par bateau. On pourrait difficilement se douter que des délégations se cachaient à bord et cela éviterait d’être trop tôt fatigué. Neldirage nota dans un coin de sa mémoire de convoquer Rek pour lui dire de faire charger des chariots de nourriture et de fourrage pour le voyage. Les trois nouveaux associés conclurent leur pacte et se séparèrent. Les elfes retournèrent dans leurs appartements tandis que Neldirage et le commandant nain retournèrent dans le vaste édifice où était regroupée la population. En chemin, le nain prit la parole : -Pour vous remercier, j’aimerais faire quelque chose pour vous… Je sais que vous pensez que nous ne vous sommes pas redevables mais bien des miens sont tombés sur cette route et plus encore l’auraient été si vous n’étiez pas venus nous récupérer. Neldirage baissa les yeux vers l’individu qui lui arrivait à la taille. -Les temps seront bientôt durs pour vous… J’aimerais vous donner cette carte ! Ajouta-t-il en sortant un vieux parchemin sorti dont ne sait où. -Merci, sincèrement… Dit Neldirage qui ne voyait pas encore à quoi cela allait lui servir. -Je pense parler aussi au nom de l’elfe en disant cette phrase : Vous êtes quelqu’un de juste, cela se voit à vos yeux. Quand la fin sera proche, nous serons à vos côtés… Souvenez-vous en, jeune humain. Neldirage, ému, ne sut quoi répondre. Il se contenta de sourire au nain et de reporter son regard devant lui. Les cailloux commençaient à rouler sous leurs pieds et les torches se faisaient de plus en plus présentes : Ils arrivaient en bas de la descente et donc près du réfectoire. A l’intérieur, on entendait nettement des bruits d’agitations. Neldirage poussa la porte pour voir Van se battre à mains nues avec les nains… Il était épaulé par d’autres barbares. -Arrêtez immédiatement ! Cria le capitaine et le commandant nain d’une même voix. Les hommes s’exécutèrent et Haraz et Van vinrent au rapport bras dessus dessous. Ils ne semblaient pas se détester mais, au contraire, s’amuser malgré le sang et les hématomes. -On s’amuse, capitaine ! Protesta Van visiblement ivre. -C’est vrai, c’est un brave humain comme il devrait plus y en avoir ! Dit le bras droit du commandant nain qui devait être dans le même état. Neldirage se mordit la lèvre pour ne pas sourire. Il les croyait… C’était un jeu bizarre mais si ça faisait plaisir à tout le monde. Il n’y aurait pas de sanctions. Il coupa court quand même à la bagarre pour qu’elle ne se termine pas sur un drame. Les guerriers protestèrent un peu mais finirent par entendre raison même l’esprit embrumé par l’alcool. Il fut ensuite convenu que les barbus, comme se plaisait à les appeler Pierre, se retirent dans leurs quartiers que leur avait préparés Neldirage. Tous montèrent se coucher pour décompresser de cette soirée riche en événements de toute nature… Le convoi partit aux premières lueurs de l’aube. Van demanda s’il devait prendre des nouvelles de la princesse mais en se souvenant de la dernière lettre, Neldirage lui dit que ce n’était pas la peine. Les amis se saluèrent une dernière fois avant le départ. Neldirage répéta une dernière fois ses consignes. La prudence allait être un facteur important. Le groupe se mit donc en marche. Les nains et Van devant. Les soldats du fort au milieu avec les chariots puis les elfes qui fermaient la marche avec Pierre. Le capitaine regarda la procession s’éloigner lentement. Il espérait qu’il ne leur arriverait rien… Cette mission était d’importance capitale. La vie de Neldirage en dépendait sûrement. Il secoua la tête pour chasser cette pensée égoïste : Ces hommes risquaient bien plus que lui. Chapitre LVI -Alors ? Demanda Neldirage à son éclaireur. Celui-ci fit une mine déconfite et sembla hésiter à annoncer son rapport. -Rien, capitaine ! Nous n’avons pas de nouvelles d’eux. Voilà plus d’un mois qu’ils étaient partis. Ils auraient dû revenir depuis une bonne semaine au moins. Neldirage craignait vraiment qu’il leur soit arrivés un malheur en route. Chaque jour, il guettait le retour de ses éclaireurs en espérant qu’ils lui rapportent de bonnes nouvelles. Chaque jour augmentait son angoisse. Seul Rek le dissuadait encore de partir à la recherche de ses compagnons. Ils avaient décidé d’attendre quelques jours supplémentaires. L’échéance arrivait à sa fin et aujourd’hui était le dernier. -Ylanay, demain, tu partiras avec une dizaine d’hommes… Vous suivrez le chemin qu’ils ont pris à l’aller. Cherchez la moindre trace d’embuscade… Ensuite si tu ne les trouves toujours pas, tu remonteras jusqu’à la capitale. Une fois sur place, tu poseras des questions mais reste discret surtout. Tu seras là-bas dans deux semaines, je veux un rapport aussitôt. -Capitaine ! Dit un barbare à l’allure débraillée et aux cheveux qui pendaient en une natte jusqu’à ses omoplates. -Qu’y a-t-il, Orf ? -Des elfes ! Ils demandent à vous voir. Neldirage haussa les sourcils. Se pourrait-il que Ylith soit revenu ? Pourquoi serait-il seul dans ce cas ? Le capitaine ne perdit pas de temps et sortit de la forteresse. Dans la cour intérieure, le commandant elfe patientait avec deux de ses acolytes. -Heureux de vous revoir, Ylith… -Moi aussi, capitaine… Mais j’aurais souhaité que ça soit dans de meilleures circonstances ! Rentrons à l’intérieur à moins que vous ne souhaitiez avoir une insolation ! -Je vous suis dans ce cas, dit Neldirage en regardant l’elfe descendre de sa monture. -Ylanay, occupe-toi des deux chevaliers. Ce dernier aurait préféré écouter ce qu’avait à dire l’elfe mais il n’arriverait qu’au milieu du rapport. Ylanay s’inclina et se dépêcha de guider les deux cavaliers. -Ne perdons pas de temps… Déclara Neldirage. J’ai peur de la nouvelle que vous allez m’annoncer alors ne me faites pas patienter, s’il vous plait ! -Je comprends… Notre mission a été une victoire totale sur ce qui avait été prévu. Nous avons eu… Comment dire… Un imprévu ! Déclara l’elfe. -Expliquez-moi, demanda Neldirage avec une voix suppliante et paniquée. -Nous sommes arrivés en vue de la capitale sans aucun accident en chemin. Quand nous avons franchi les murailles, un groupe de soldats à la solde de Karlinter nous ont foncé dessus. Vos amis, Van et Pierre, ainsi que des barbares, sont restés pour les retarder…. Le temps que nous arrivions au palais. Le plan a marché et nous sommes arrivés au palais sans rencontrer d’autres miliciens. Vos hommes ont su monopoliser l’attention. Neldirage n’en doutait pas. Le capitaine écouta néanmoins la suite du discours. -Nous avons délivré notre message ainsi que la trahison du général. Cela n’a guère ému l’empereur qui s’est empressé d’envoyer ses hommes l’arrêter. Malheureusement, le général a ordonné avant, et avec l’appui d’autres généraux, que vos hommes soient exécutés. Ceux qui n’ont pas été capturés se sont cachés en ville… Van et Pierre se sont sacrifiés pour leur fuite et ont été mis à mort. Ils ont été sommairement fusillés sur la place publique le lendemain matin… L’empereur n’a pas eu le temps de faire annuler l’ordre… Je suis navré. Deux bruits de chute ponctuèrent cette dernière phrase. La première était Neldirage qui tomba amorphe à côté d’une chaise. La seconde fut Ylanay qui s’affala contre le montant de la porte. Il venait d’arriver mais avait entendu le principal. -Etes… Etes-vous sûr ? Demanda Neldirage entre deux sanglots qui lui montèrent à la gorge. -Je l’ai vu de mes propres yeux… Ils sont tombés comme des pantins inanimés après les coups de feu … Aucun doute possible… La première larme monta aux yeux de Neldirage, il ne tenta pas de la retenir. Elle fut immédiatement suivie par une seconde puis une troisième et ainsi de suite. Deux petites rivières sillonnèrent le visage du capitaine... Elles tombèrent au sol explosant dans une myriade d’autres petites gouttelettes. Neldirage laissa éclater sa peine. Il fut très vite rejoint, mais plus discrètement, par Ylanay. Il s’était mis en boule et se balançait d’avant en arrière. L’elfe, impuissant, préféra aller chercher de l’aide auprès des soldats de la forteresse et de Rek. Neldirage et son ami restèrent en pleurs, sans bouger. Cette douleur, qui lui tenaillait et brûlait l’estomac, lui donnait envie de vomir. Il sentait des spasmes qui traversaient son corps des pieds à la tête et il menaçait de recracher son estomac à chaque instant. Sa respiration devenait irrégulière sous ses cris de désespoir. Neldirage finit par se tordre au sol en criant des ‘non’ déchirants. Les barbares, sous la direction de Rek, arrivèrent et portèrent Ylanay et Neldirage dans une chambre où ils s’enfermèrent dans un silence comateux. Malgré toutes les potions et remèdes que testa Rek, il ne parvint pas à sortir les deux hommes de leur mutisme. Les yeux grands ouverts, ils regardaient le plafond au-dessus d’eux. Ylanay émergea soudain. Il cligna des paupières puis se leva en vitesse pour vider son estomac par la fenêtre. Quelques larmes perlèrent à nouveau puis il regarda Neldirage, allongé dans son lit. Seul l’air de la pièce donnait une once de vie au corps : les cheveux faisaient des va-et-vient incessants. -Comment va-t-il ? Demanda Ylanay d’une faible voix et les yeux rougis par les larmes. -Il est dans le même état amorphe que tu viens à l’instant de quitter… Dit Rek d’une voix peinée. Ylanay fit quelques pas et s’assit sur le rebord du lit et prit la main de son ami. Dans les yeux du capitaine, on pouvait lire un combat de tout instant. Le paysage lui était inconnu. Il se trouvait en haut d’une montagne qu’il n’avait aucun souvenir d’avoir grimpé. Bien qu’en haute altitude, Neldirage n’avait ni chaud, ni froid… D’ailleurs, c’était bizarre : il n’avait ni faim, ni soif non plus. Il ne se rappelait même plus la dernière fois qu’il s’était nourri. Derrière lui, ce n’était qu’un enchevêtrement de montagnes qui défiaient toutes le ciel. De gros nuages blancs volaient encore bien au-dessus. Face à lui, il y avait une vallée et tout en bas, il y avait une cabane. Neldirage ne savait pas comment il le savait mais il en était convaincu. Il fallait y aller… Mais comment ? A peine cette pensée lui avait-elle traversée l’esprit qu’il se mit à fouler de l’herbe. Une herbe verte et grasse… A chaque pas, Neldirage souriait sous ces chatouilles végétales. Il était descendu des montagnes. Il les voyait maintenant et apercevait aussi l’endroit où il se trouvait auparavant. Comment était-il descendu ? Il ne le savait pas et s’en moquait. Tout ce qui l’intéressait, c’était la hutte qui avait été bâtie à l’orée de la forêt. Neldirage s’approcha et rentra dedans comme s’il avait été chez lui. -Bienvenue, capitaine Neldirage… Ou devrai-je dire : général… -Que… Comment ? Demanda le capitaine à la vieille femme qui lui avait parlé. Elle était indéfinissable. Autant par son âge que l’on ne pouvait estimer que par son allure qui semblait changer constamment. Neldirage se passa une main sur la figure. L’apparition était toujours là. -Où suis-je ? Je rêve ? La vieille femme s’éclaffa d’un rire narquois. -Si on veut… Mais là n’est pas l’objet de ta visite… Je me trompe ? -Je ne sais pas ce que je viens faire là… Je ne sais pas même pas comment j’y suis arrivé. -Pourtant des questions troublent tes pensées, dit la vieille femme en le fixant d’un regard bouleversant. -Pourquoi général ? -Tu as été promu par celui que tu nommes Empereur. Tu n’es pas resté assez longtemps conscient pour que l’oreille pointue ne te l’annonce… Mais bien avant que je te parle… Tu avais une autre question… A propos d’un drame récent. Neldirage s’assit au sol. Ses amis étaient morts. Ils s’en souvenaient maintenant et tout était de sa faute. Voilà pourquoi il essayait d’échapper à la terrible réalité. Comment était-ce possible ? Pourquoi était-ce arrivé ? Pourquoi eux avaient-ils été tués alors que c’est à moi qu’il en voulait ? Se demanda Neldirage les yeux embrumés de larmes. Pourquoi les meilleurs partaient-ils toujours en premiers ? Pourquoi eux et pas lui ? Pourquoi eux ? Pourquoi… Pourquoi il n’avait pas écouté Karlinter et aurait pu ainsi sauver ses amis ? -Je connais ta question et pour cela, je vais te répondre : La mort n’est pas une fatalité et encore moins une évidence. La mort peut prendre comme elle peut donner. Désespérer cause la folie, Se relever n’est pas suffisant Se battre les fera vivre en toi Et un jour, plus que ça Neldirage n’avait pas compris grand-chose. Il ne se gêna pas pour le lui faire remarquer : -Vous ne pourriez pas parler plus simplement… -Non, donner la solution n’est pas la meilleure chose à faire. Le capitaine l’interrogea quand même sur une partie de l’énigme. -Si je ne combats pas ma douleur, je deviendrai fou ? C’est ça qu’une partie veut dire, hein ? -Oui… Neldirage fut surpris de l’aveu. Dans les contes pour enfant, jamais la vieille ne donnait d’information. -Et pour le reste ? Qu’est-ce que ça signifie ? -La vieille te laissera le découvrir… Neldirage rougit jusqu’à la racine des cheveux. Comment avait-elle fait pour lire dans ses pensées ? Et qui était-elle ? Nedirage allait lui demander quand il se retrouva propulsé en haut de la montagne. Une voix résonna autour de lui. -Saute et tu pourras vivre… Même te venger si tu le désires. Reste ici et tu vivras dans ce paradis pour toujours. Le capitaine ne voulait pas de cette vie. Quelque chose de plus grand l’attendait. Sans hésitation et empreint d’une motivation nouvelle, il sauta dans le vide. Le vent battait ses oreilles. Le sol se rapprochait de plus en plus. Autour de lui, un voile sombre l’enveloppa… … et il se réveilla dans sa chambre entouré de Rek et Ylanay. Les deux amis se prirent dans les bras et laissèrent couler les dernières larmes qui habitaient encore leurs corps. L’heure du changement avait sonné. Chapitre LVII D’un pas assuré, Neldirage se rendait dans la salle à manger. Sur ses talons suivaient Ylanay et Rek qui n’avaient pas eu de réponse lorsqu’ils avaient demandé où leur capitaine allait. Il descendit une volée de marches à la va-vite et embrassa la salle d’un regard. L’elfe était là. Neldirage saurait s’il avait fabulé ou non. -Content de vous voir remis de vos émotions et encore une fois nav… Commença le commandant elfe. -Est-ce vrai que je suis promu général ? Demanda Neldirage en le coupant. L’elfe ouvrit la bouche sur un cri muet de stupeur. -Que… Comment le savez-vous ? Je n’ai pas eu le temps de vous l’annoncer… Neldirage soupira et se laissa tomber sur une chaise, songeur. Ses amis aussi n’en revenaient pas non plus. Ils restèrent tous dans cette situation avant que Ylanay repose la question qui leur brûlait tous les lèvres. -Neldirage ! Tu vas te décider à parler… Le général tourna des yeux fatigués vers les individus qui attendaient une réponse. -J’ai fait un rêve troublant… On me l’a dit… -Qui ? Demanda Rek. -Je sais pas ! Dit Neldirage avec un mouvement de main comme pour chasser des ondes néfastes. -A quoi ressemblait-elle ? L’elfe l’interrogea. -Comment savez-vous que c’était une femme ? Dit Neldirage, soupçonneux. -Votre réponse me prouve que je me trompe pas… Rétorqua l’elfe avec un mouvement de tête. Chez vous les hommes, on l’appelle la conscience. -La conscience ne prédit pas l’avenir ! Dit Ylanay à la place de son ami. -Neldirage a des affinités avec les énergies magiques… Rien n’est impossible ! L’astromancie est un art occulte versé dans la prédiction des événements, par exemple ! C’est fort probable ! Annonça Rek. L’elfe hocha la tête pour confirmer le raisonnement qu’avait fait l’intendant. -Vous aviez d’autres choses à m’annoncer ? Demanda Neldirage. -Oui, répondit l’interlocuteur, l’Empereur en personne a demandé que vous preniez les anciens hommes que dirigeait Karlinter pour contrer les premières vagues de l’envahisseur. -Rien que ça… Maugréa Neldirage. -Nous savons que les premiers assauts viendront par la voie maritime : Le temps que les troupes terrestres fassent le tour de la mer. Vous devrez défendre les côtes. -Mais ils pourraient arriver de n’importe où ! S’insurgea le général. Ils pourraient nous attaquer de dos ! -Non, répondit l’elfe. Vous ne serez pas seuls. Des troupes sont disposées à la frontière, vous n’aurez que vingt kilomètres de côtes à défendre. -Rien que ça ! Dit Ylanay en prenant la parole. Nous n’avons pas de fort et je suppose que les soldats ne sont pas assez nombreux pour défendre une zone si large. -Il faudra pourtant essayer ! Avez-vous une carte ? Demanda Ylith. -Une carte mais oui ! Neldirage se rappela soudain la carte du nain. Il envoya Rek la chercher et la déroula sur la table. -Ces runes sont naines ! S’exclama l’elfe. -En effet, confirma Neldirage, savez-vous ce qu’elles veulent dire ? L’elfe répondit par la négative, il lui répondit qu’il n’avait pas envie d’apprendre une langue barbare mais s’il connaissait quelques rudiments. Le parchemin représentait une carte des lieux que Neldirage aurait bientôt à défendre. Elle semblait ancienne et en la comparant avec une plus récente, l’état-major improvisé nota quelques différences. -Je crois que ces barbus ont beau me répugner, ce cadeau vous sera d’une grande utilité. Regardez, dit l’elfe pour argumenter… C’est une carte qui décrit parfaitement le long des falaises. J’irai demander à mes compagnons de sortir nos cartes. Nous avons déjà navigué dans ces zones. En entendant ces mots, un jeune elfe disparut et ramena une troisième carte qu’il superposa à côté. -Ces flèches montrent le courant. Ces marques notent les récifs. Je le sais car nous avons déjà navigué dans ce secteur. Et ces points… Dit-il en revenant sur la carte des nains. Je pense que ce sont des bastions ! -Si c’est le cas, nous irons dans celui-ci ! Dit Neldirage en mettant le doigt sur la seule plage qui permettait l’accès au continent. Autour, la navigation était bien trop dangereuse. -J’approuve ce choix ! Annonça Ylith. Maintenant que vous savez tout, demain, vous partirez rejoindre vos troupes ! Je vous conduirai moi-même. L’elfe tourna les talons et sortit. Neldirage se tourna vers Rek. -Et bien compagnon… Je crois que le moment est venu de se dire adieu ! -Général ! Vous ne comptez pas me laisser ici ! -Il le faut, Rek, il le faut… Toi seul a l’autorité et le respect nécessaire pour prendre soin de cette forteresse et de ses habitants… -Mais… Tenta de protester le mage. -C’est autant pénible pour moi ! Dit Neldirage en prenant l’homme barbu dans ses bras. Mais je ne prendrai pas le risque de perdre encore plus d’amis… Neldirage essuya une larme qui s’était formée sur son visage. Ce n’était pas le moment de flancher… Ylanay fit aussi de tristes adieux au magicien puis monta tout comme Neldirage dans sa chambre. Il fallait dormir, demain serait une grosse journée. Malgré l’envie que le général avait de se reposer, il n’arrêtait pas de ressasser l’énigme dans sa tête. Il n’en avait pas parlé à ses amis préférant essayer d’en saisir toutes les subtilités avant. Malgré ses tentatives, il ne trouva aucune réponse satisfaisante. Il abandonna, frappa d’un coup de pied le matelas de son lit et s’assit au bord de ce dernier. Ses amis lui manquaient tant… Il donnerait tout pour qu’ils fussent à ses côtés. Neldirage se posait aussi des questions sur son prochain rôle. Comment défendre cette plage ? Combien d’hommes seraient sous son commandement ? Il n’avait guère commandé plus de trois cents soldats en plein feu de l’action, c’est-à-dire contre les chaotiques… Et le reste du temps, il avait juste à dire qui faisait quoi pour les gardes, les patrouilles… Mais jamais en guerre. Les ennemis seraient-ils nombreux ? Combien paieraient de leur vie cette défense ? Tant de questions mais si peu de réponses. Quelqu’un toqua à la porte. Neldirage l’invita à entrer. C’était Ylith. -Tout va pour le mieux ? Dit ce dernier en refermant la porte derrière lui. -J’ai connu des jours meilleurs, dit l’humain. -Je le conçois… Répondit l’elfe en s’asseyant sur le bord du lit. -J’ai vraiment peur ! Je ne sais pas ce qui va se passer… -Personne ne peut le dire ! Tenta l’elfe de le rassurer. Chacun est maître de son destin. -J’en doute ! On dirait plutôt qu’on nous force à aller dans des voies que nous n’avons pas choisies. L’elfe resta muet. -Les épreuves qui vous attendent seront dures et éprouvantes… -Merci, ça fait plaisir à savoir… Dit Neldirage en se prenant la tête dans les mains. -Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de ne pas abandonner ! C’est quand l’espoir est réduit à son minimum que les miracles arrivent. Vous avez des alliés. Nous saurons nous souvenir de ce que vous avez fait pour nous. -On dirait les paroles qu’a dit Farak. -Ce nain est plus intelligent qu’il n’y parait… Répondit son ami avec un clin d’œil. Neldirage sourit. L’elfe continua. -J’ai fait amener une armure pour vous… J’ai pu noter que la vôtre était dans un sale état ! -Si vous saviez comment je l’ai acquise ! Répondit Neldirage en se souvenant de sa jeunesse. Ils restèrent muets. -Merci… Finit par dire notre général. -Aucun problème, c’est ce que font les amis, non ? Ils s’aident quand les temps sont durs… -Oui, confirma Neldirage, ému. Serez-vous des nôtres dans cette guerre à venir ? -J’aimerais pouvoir répondre à cette question ! Seul le futur nous le dira. L’elfe sortit et, quand il mit la main sur la poignée, dit : -Votre monture est superbe. Digne des plus beaux chevaux elfiques. Prenez-en soin… Je lui ai amené une armure aussi… Neldirage hocha la tête et regarda la porte de bois se refermer. Chapitre LVIII Ylith guidait Neldirage et Ylanay vers le campement où était stationnée l’armée. Neldirage avait voulu savoir si ces hommes étaient dignes de confiance. Le commandant elfe lui avait dit que tout comme lui, certains avaient reçu des menaces et ils étaient désormais heureux que l’ancien général ait été arrêté. Tant mieux, se dit Neldirage, il avait déjà une guerre sur les bras ce n’était pas pour avoir aussi de la mauvaise graine dans ses rangs… Les trois cavaliers étaient accompagnés d’une centaine de soldats. Rek avait tenu à ce qu’ils les accompagnent. La moitié de ces hommes était ceux qui avaient été envoyés à la capitale et qui voulaient venir venger l’honneur des deux soldats exécutés. Neldirage était fier de la présence de ces hommes… Cela lui serait utile de voir des têtes connues lorsque le combat commencerait. La troupe gravit une petite butte et le général ne put s’empêcher un sourcil étonné. De l’autre côté de ce petit talus, un camp gigantesque avait été dressé. Des centaines de tentes avaient été établies sur une plaine à l’herbe rase. Tous s’affairaient : Réparation, entretien, entraînement… Neldirage replaça sa nouvelle armure. D’après Ylith, elle lui conférait une protection contre les flammes. Le général ne voyait pas comment… Il décida, néanmoins, de lui faire confiance. D’une pression des genoux, le général mit sa monture en route. Ils traversèrent le camp sous les regards interrogateurs des autres soldats. -Je suis le général Neldirage ! Cria-t-il pour la foule. Apprenez à me connaître car nous allons passer un petit bout de temps ensemble ! Ylith lui montra une large tente qu’il déduisit être la sienne. Il mit les pieds à terre et ordonna à ses troupes de s’installer. Les cavaliers firent faire demi-tour à leurs montures laissant seuls Ylith et Neldirage. -Que tous les officiers supérieurs aux lieutenants se présentent dans ma tente ! Cria une fois de plus le général. Combien de temps, à ton avis, il faudra pour lever le camp ? Dit Neldirage en regardant Ylith. -De cette taille ? Une demi-journée ! Répondit l’elfe. -Jusque quand restes-tu, au fait ? -Jusqu’à votre départ… D’importantes affaires m’attendent. Neldirage hocha la tête et un pan de la tente s’ouvrit laissant passer un homme en armure noire et un homme à la barbe brune bien fournie. Arrivèrent ensuite quatre hommes supplémentaires que Neldirage n’eut pas le temps de décrire. Pour terminer, un autre soldat rentra dans la tente. D’après les galons qu’ils arboraient sur leurs tenues, il y avait deux capitaines et cinq lieutenants. Neldirage s’appuya sur une chaise derrière lui. -Bon je suppose que vous savez tous ce qui nous attend… Mais avant de parler de ça, présentez-vous que je sache à qui je m’adresse. -Capitaine Ron, commença l’homme tout à gauche, celui à l’armure noire. -Lieutenant Nalitr. -Capitaine Talaert, le plus vieux du lot et à la précédente barbe brune. -Lieutenant Franck. -Lieutenant Rudolph. -Lieutenant Antonï -Lieutenant Sebastian, dit le dernier. -Bien, dit Neldirage devant l’avalanche de noms. Je retiendrai pas tout, enfin pas tout de suite ! Vous me répéterez, hein ? Dit-il avec un clin d’œil. Un petit rire amusé parcourut l’assemblée. -Donc je suis le général Neldirage et voici le commandant elfe Ylith. Il ne reste que jusqu’à demain. L’elfe fit un signe de tête pour saluer l’assemblée. -Bon commençons rapidement car chaque minute compte. Qui a l’habitude de mener les éclaireurs ? -Moi, répondit Franck. -Il faudrait que tu ailles inspecter un fort nain dans lequel nous allons nous établir et rester pour la sécuriser. -Bien, général, répondit-il. -Messieurs, dit Neldirage en regardant tour à tour les deux capitaines, j’aurai besoin de vous après cette séance pour savoir l’effectif militaire de notre armée. Cela faisait bizarre de dire ‘notre’ armée… Pensa Neldirage. Il laissa tomber momentanément cette idée puis continua. -Nous lèverons le camp demain matin, le plus tôt possible. Nous ne savons pas quand les chaotiques vont arriver et j’aimerais être prêt le plus rapidement possible. Voila pour le principal, messieurs, transmettez le message aux sergents puis aux hommes pour que la base soit levée le plus rapidement possible. Tous acquiescèrent comprenant que la rapidité serait la clé de la victoire. Enfin pour le début de la guerre tout du moins. Les lieutenant sortirent de la tente laissant seuls les deux capitaines. L’homme à l’armure noire et celui qui paraissait plus vieux que Neldirage d’au moins dix ans. -Quelles sont vos spécialités ? Demanda le général à ses capitaines. -Je m’occupe des combattants de première ligne ! Dit le plus vieil homme, Talaert. -Je suis en charge des machines de guerre et de tout ce qui tire à distance, dit le jeune à l’armure noire, Ron. -Vos effectifs ? Demanda Neldirage. Ron commença à parler : -Vingt canons, dit-il fièrement, personne n’arrive à les approcher. Nous sommes une des armées impériales qui en dispose du plus. Nous avons huit mortiers et environ cinq cents arquebusiers ainsi qu’une troupe de chasseurs. Espérons que cela dure, pensa Neldirage en repensant à cette remarque sur les canons. Le capitaine Talaert prit ensuite la parole de sa voix grave. -Le reste des deux mille hommes se composent exclusivement d’hommes à pied. Très peu de cavaliers. Une centaine tout au plus… Et une centaine de plus à ce que j’ai vu quand vous êtes arrivé, général. -Ces hommes ne savent pas manier la lance de cavalerie, j’en ai peur. Si, dans le campement, des hommes savent s’en servir, mes hommes passeront à pied et donneront leurs chevaux. -Ils accepteront ? Demanda Ron. -Je vis avec ces hommes depuis une année, dit Neldirage, ils savent qu’ils peuvent me faire confiance… Il faudrait que vous l’assimiliez vous aussi. Le capitaine Ron se pinça les lèvres et son ami Talaert sourit devant sa gêne. -Il me semble que certains hommes savent monter à cheval et utiliser cette lance… Dit le vieux bonhomme. -Très bien, alors nous ferons ça. -Que savez-vous de la zone où nous allons nous battre ? Demanda Neldirage. -Pas grand-chose, admit Ron, seulement qu’il y a pas mal de falaises là-bas. Ca devrait nous donner un avantage. -Combien de temps nos canons peuvent-ils faire feu ? -Si on suppose des tirs constants, une bonne semaine. Après, si l’on est pas ravitaillé, ils seront inutilisables. -En parlant de ravitaillement, demanda Neldirage, que savez-vous là-dessus ? -Que les armées ne font que quitter la capitale, elles ne seront pas là avant plusieurs semaines. Des chariots de ravitaillements prennent heureusement les devants, et devront arriver tous les trois jours. Avec un peu de chances, il y aura des troupes avec ! -Souhaitons-le ! Dit Neldirage. Des mages ? Les hommes firent une moue. -A notre grand regret, oui… Deux. -Pourquoi à vos regrets ? S’enquit Neldirage. -Ils ne sont pas des plus faciles à vivre ! Dit Ron en rigolant. -Je vois, dit le général, je serai donc obligé de les mater. Neldirage sourit de toutes ses dents. L’ambiance dans le groupe était bonne. Ce ne serait qu’un plus lorsque le combat viendrait. Une solidarité peut venir à bout de tous les maux. -Messieurs les capitaines, il est temps de nous mettre au travail ! Faites donc moi visiter ce camp avant qu’il ne soit démonté ! Autant faire la connaissance des gens avec qui je vais me battre. Les hommes sourirent et invitèrent leur supérieur à les suivre. Neldirage serra beaucoup de mains et salua autant de gens. Impossible de savoir le compte exact. Au final, le général eut une crampe … Le capitaine Ron lui fit voir les canons. La dernière fois que Neldirage en avait vu, c’était lors de la bataille du barrage qui avait failli lui coûter la vie. Quoiqu’il en soit, ils devraient être utiles. Autour d’eux s’affairait le lieutenant Nalitre, l’homme à la barbe noire ainsi qu’une poignée d’ingénieurs. Ils passèrent ensuite à côté des chevaux. Une vraie myriade aux multiples couleurs… Mais pas vert, se dit-il en pensant à Van… Il soupira et tenta de retrouver le moral. Le lieutenant Franck préparait ses hommes pour la mission que Neldirage leur avait confiée. Ils passèrent ensuite à travers le camp où il retrouva Ylanay en pleine discussion avec un médecin du camp. Près du réfectoire, il y avait le lieutenant Rudolph, plutôt gringalet, et le lieutenant Sebastian, le cadet de l’état-major, en pleine discussion avec un groupe de sergents que Neldirage salua de loin. De souvenir, il ne manquait plus que le lieutenant Antonï que le général n’avait pas vu. Ils finirent néanmoins la visite du camp sans mettre la main dessus. Tant pis, se dit Neldirage. Ils rentèrent dans la tente où l’attendait Ylith et ses deux soldats elfes. Ils se saluèrent et le commandant elfe annonça au commandant humain qu’il devait partir immédiatement. Neldirage se résigna et dit adieu à son ami. L’elfe le corrigea en disant un au revoir. Le général sourit et regarda l’elfe sortir… Neldirage se remit à penser à ses amis. Il n’arrivait pas à enlever leurs visages de sa tête. Bientôt, ça sera la guerre, pensa le général, et j’espère que mon esprit sera assez tourmenté pour ne plus y penser. Il s’effondra quand même sur un lit de fourrure en pensant à leur amitié, leurs fous rires, à la vie qu’ils avaient eue ensemble… Chapitre LIX Voilà une semaine que les impériaux étaient installés dans ce fort nain. Neldirage et ses hommes avaient levé le camp dans un temps record et avaient fait route vers la fortification naine. Sur place, le général avait eu tout le loisir d’inspecter la place forte et les environs. La forteresse avait été bâtie juste au bord d’une falaise. Autour, il était soigneusement dissimulé dans une forêt aux feuillages denses et aux troncs resserrés. Après ces arbres, il y avait des collines qui enfermaient le fort dans une petite cuvette en haut des falaises. Seul une étroite vallée permettait l’accès à la forteresse. Seuls cinq cent mètres de végétaux séparaient le fort de celle-ci. Neldirage n’était pas étonné que personne n’ait jamais vu cette place forte. Elle était astucieusement dissimulée. Si l’on venait des collines, le chemin débouchait sur le vide abrupt de la falaise. L’autre chemin qui menait à la forteresse était camouflé derrière une paire de conifères. Si l’on venait de la mer, la végétation qui avait envahi l’antique bastion le cachait admirablement. En sortant de la forteresse, un chemin de virages descendait le long de la falaise jusqu’à une plage de galets et de sable fin. Au milieu de la descente, un autre fortin, bien que dix fois plus petit que son prédécesseur, empêchait que des envahisseurs prennent directement pieds sur la falaise. Ce dernier pouvait contenir environ cinq cents soldats. Le fort principal, quant à lui, était gigantesque. Il y aurait eu de la place pour deux ou trois armées de plus… Neldirage disposa trois cents arquebusiers ainsi que deux cents hommes à pieds dans le fortin du bas. Le capitaine Talaert fut désigné par le général pour gérer la position. Le général déplorait le fait qu’il ne pourrait pas utiliser sa cavalerie. La descente était bien trop dangereuse pour que Neldirage prenne le risque que ses cavaliers chutent. Les canons furent disposés dans une tranchée qui fut creusée à la va-vite. Ils avaient été placés à côté de la forteresse, soigneusement camouflés par les quatre piédestaux que le général avait trouvés après le combat contre les chaotiques… Il savait que cela allait lui resservir. Une fois que chacun eut reçu son affectation, ils décidèrent de mettre le temps restant à profit pour aménager la plage. Neldirage descendait justement avec son état-major jusqu’à la plage. -Où en sont les travaux ? Demanda le général. -Nous avons disposé les troncs comme vous l’aviez indiqué, général. Sur les cinq cents mètres de plage. Neldirage avait pensé à cette idée pour concentrer les chaotiques lors d’un futur débarquement. A marée basse, les éclaireurs avaient estimé que la plage mesurait près de sept cents mètres de long. Pour cela, Neldirage et ses capitaines avaient décidé de commencer à creuser des tranchées dans lesquelles les arquebusiers pourraient se cacher. Trois jours après, ils avaient créé une palissade de bois encadrée de deux tours de guet pour protéger le chemin qui montait au premier avant-poste. Tout était enfin prêt. Les éclaireurs étaient partis de l’avant, sous les ordres du lieutenant Franck. Ils devraient revenir dès que les navires ennemis seraient en vue. Alors que Neldirage commandait la forteresse depuis une semaine et demie, ils revinrent. -Les dernières nouvelles ? Demanda Neldirage. -Ils arrivent, général, ils seront là dans quelques heures à peine… -Faites-moi amener les capitaines Ron et Talaert, dit-il la panique à peine masquée. Neldirage regarda la mer pour l’instant si calme. Cela ne durerait pas… Les soldats fourmillaient et bientôt tous se demanderaient s’ils verraient le lendemain…Les deux capitaines vinrent au rapport immédiatement. -Capitaines, ils arrivent ! Que tout le monde se mette en position ! -Bien général, dirent-ils en s’éclipsant. La cloche naine se mit à vibrer, emplissant l’air de notes plus graves les unes que les autres. Les hommes regardèrent dans la direction du bruit, indécis et hésitants. Ils arrêtèrent leurs activités avant de courir chercher leurs équipements. Le lieutenant Antonï resta avec les canons tandis que les mortiers se déployaient sur le fortin. Les arquebusiers se précipitèrent dans la descente. Un demi-millier de soldats qui cavalaient, menaçant de tomber à chaque instant. Ron prit un fusil capable de tirer à très longue distance et guida les hommes qu’on lui avait confiés. Talaert et les quatre autres lieutenants prirent leurs escouades respectives et se glissèrent dans les tranchées, prêts à en émerger. Neldirage soupira pour essayer de se relaxer. La veille d’une bataille était excitante… Ca l’était beaucoup moins lorsqu’elle commençait. La plage s’était noircie sous les mille âmes qui s’étaient déployées en contrebas. Neldirage surveillait l’avancement des préparatifs du haut de sa falaise. Trois cents hommes stationnés dans le fortin central, sept cents dans le fort principal, les canons étaient parés. La bataille pouvait commencer. L’attente ne dura qu’une heure. Ils arrivèrent aux douze coups de midi. Leurs voiles noires étaient gonflées autant par le vent que par la haine. Les bateaux étaient longs et menaçants. Neldirage se demandait comment ils avaient fait pour assembler des planches de bois et que cela ait un aspect aussi agressif. Deux bateaux émergèrent du côté caché des falaises, bientôt suivis par une véritable armada. -Combien de navires ? Demanda le général à l’un de ses hommes. -A vu de nez, je dirais une centaine… Dix mille hommes, calcula rapidement Neldirage. Une force supérieure aux siennes mais rien n’était impossible. D’après Ylith et Faraz, les troupes d’élites ne passeraient pas par la mer. Rien n’était impossible, se répéta-t-il de nouveau. Il n’y aurait pas d’erreurs possibles. Sur les navires chaotiques, on pouvait apercevoir des multitudes de barques qui allaient servir pour le proche débarquement. Ils étaient bien trop éloignés pour que les canons ne fassent feu. Une attaque en plein jour ne leur ressemblait pas non plus. Peut-être cela était-il une sorte de test ? Où étaient ces fichus mages ? S’insurgea Neldirage. -Faites quérir les mages ! Dit Neldirage aux soldats. Ils mirent cinq minutes à arriver. -Où étiez-vous ? Demanda le général passablement énervé. -Dans la forteresse… Dit l’un des deux. -Vous n’êtes pas soldats mais vous êtes sous mes ordres ! Sur la plage ! Immédiatement. -Trop dangereux… Dit l’autre. On reste ici. Neldirage, l’influence de la lame qu’il tenait dans la main agissant, menaça les deux hommes. Il était temps de les remettre à leur place. L’un d’eux tenta un sort que Neldirage interdit. Ils ouvrirent des gros yeux et il répéta son ordre : -Sur… La… Plage ! Exécution ! Les deux hommes ne se firent pas prier et descendirent rejoindre leurs compagnons. Quelles têtes de mule ! Ils étaient courageux mais manquaient de discipline. Neldirage comptait énormément sur cette discipline pour maintenir l’ordre dans ses rangs. D’ailleurs, le général descendrait bientôt rejoindre ses troupes. Il attendrait le feu des canons. Les barques avaient été descendues à la mer et on pouvait voir des silhouettes monter à leurs bords. Neldirage s’étonna d’une attaque à ciel découvert. -Pourquoi une attaque maintenant ? Demanda le lieutenant Antonï. -Ils comptent sûrement sur l’effet de surprise. Ils pensaient qu’on aurait pas le temps de se mettre en position. Mais je ne pense pas que ça soit leurs meilleures troupes qui vont débarquer. Ils ont beau être corrompus, ils ne sont pas stupides. Le lieutenant hocha la tête. Une marée de barques se mit en route. Neldirage ne pouvait pas les compter… Les canons n’en feraient qu’une bouchée. Heureusement, les chaotiques ne pouvaient pas les repérer. Il faudrait retirer un piédestal pour éviter que toute l’énergie magique soit absorbée. Le général avait décidé qu’ils feraient ça la nuit. Plus les barques approchaient, plus Neldirage voyait les soldats à leurs bords. Des barbares, principalement, mais il y avait aussi des hommes gigantesques qui, de leur poids, donnaient l’impression que le bateau allait couler. Ce furent ces bateaux que Neldirage ordonna de viser tant bien que mal. Une fois qu’ils furent à portée, le général donna le signal et se mit en route dans la descente. Des détonations secouèrent les falaises et une fumée opaque s’éleva d’un endroit que ne pouvait voir Neldirage. Au moins, le champ de camouflage marchait bien et évitait que lesdites fumées ne trahissent la position de ces machines de fer. Les boulets sifflèrent dans le ciel bleu d’un été parfait. Ils profitèrent de la température ambiante un instant avant de piquer vers la mer comme pour s’y rafraîchir. Les rameurs chaotiques arrêtèrent un instant leurs mouvements pour regarder cette vingtaine de ronds durs comme l’acier s’élever dans les airs. On aurait dit un essaim d’abeilles… Mais ils grossirent bien vite pour apporter la mort. Vingt boulets arrivèrent jusqu’à leurs cibles… Autant de navires coulèrent. Les navires firent demi-tour sous les vivats de la foule humaine. Les boulets continuèrent de s’envoler pour abattre les barques trop serrées. Les barques qui avaient voulu continuer, imitèrent leurs congénères et fuirent. -Bien joué ! Dirent les capitaines en rejoignant Neldirage. -Ne criez pas victoire trop tôt… Les calma le général. Ils savent maintenant qu’un affrontement direct sera trop risqué… La prochaine attaque viendra donc cette nuit. Ordonnez aux hommes de se mettre au repos et de surveiller la mer… La journée sera longue… LA SUITE @+ -= Inxi, nain fatiguable =-
  23. Inxi-Huinzi

    Le comte Zaleth de Goten

    On dirait les soirs où je suis allé sur les chat Depuis qu'on lit les épinglés Toujours énorme sinon ! J'aime particulièrement la fin : Du moment où il a repeint le tank et qu'il raconte ce qu'il veut faire Toudou n'a qu'à bien se tenir, ils arrivent @+ -= Inxi =-
  24. Inxi-Huinzi

    Le Bourreau

    J'aurais lié la phrase par un 'même si' Terme un peu scientifique ^^ Pourquoi la première virgule ? On maintient trop longtemps la touce maj appuyée ? Bon voilà tout ce que j'ai noté sur la forme ! Sinon pour le fond, c'est toujours aussi... troublant ! C'est fou a quel point tu trouves les mots juste pour décrire le desespoir humain En tout cas bravo ! J'ai franchement rien de negatif a dire sur ce passage ! En plus, il est assez long, un régal @+ -= Inxi =-
  25. Inxi-Huinzi

    Numar: une nouvelle ère

    s'il réflexion ! leurs machines aperçut qu'est-ce essayez Vingt Plutôt par un manque de concentration orthographique Mais on peut pas être parfait tout le temps ! J'en suis plus que conscient !!! Sur le fond, un passage plus marrant que sérieux, notement quand ils parlent de la chance... Le passage du discours est sympa mais sans plus... C'est fou comme ce genre de scène n'éveille aucun sentiment en moi :/ Que ca soit bouquins ou films, je ressens jamais de haine Dommage Enfin c'est pas bien grave Bon un bon passage ! Comme tu l'as vu, il est court alors vivement le nouveau chapitre... Plus long @+ -= Inxi =-
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